LA LOI DE LA JUNGLE par Philippe David

Publié le par A.P.ré. (Frédéric Guyonnet)

LA LOI DE LA JUNGLE

La "jungle" de Calais a été démantelée hier. La "jungle" que certains journalistes bobos à souhait et snobs à foison qualifiaient de "djeune-gueule" , jungle prononcée à l'anglaise, comme si celle-ci était située de l'autre côté de la Manche, pardon du Channel. La "jungle" fait donc désormais partie du passé. Comme Sangatte. Avant qu'une nouvelle "jungle" remplace la jungle démantelée hier faute de reconduites massives des clandestins arrêtés hier.

Bien sur le problème est complexe. Bien sur il y avait dans cette "jungle" des hommes et des femmes qui vivaient dans des conditions déplorables. Mais doit-on  pour autant accueillir "toute la misère du monde" comme disait Michel Rocard ? Bien évidemment non. 
Eric Besson et le gouvernement ont donc eu raison, il fallait bel et bien démanteler la "jungle" ainsi que toutes les autres jungles à moins de souhaiter que la France devienne le trop plein de l'explosion démographique du tiers monde et de la misère généralisée dans certains points de la planète.

La gauche a bien entendu réagi. Pour Martine Auby, il s'agit d'un "acte totalement inhumain" et pour Noël Mamère "d'une politique honteuse pour notre pays". Quant au NPA, il n'hésite pas à parler de "rafle". De l'émotion à bon compte, de l'humanisme à deux balles mais côté propositions...rien! Ou presque...

Le PCF a demandé "la régularisation de ces personnes" tandis que le NPA, toujours lui, a demandé "qu'on accorde le droit d'asile à ces réfugiés".

Bref, comme d'habitude en termes d'immigration, la politique de la gauche se résume à régulariser toute personne entrée, même clandestinement, sur le territoire national, ce qui est un peu court et qui a pour conséquence, après toute vague de régularisation, de créer un appel d'air pour d'autres clandestins pour qui cette même gauche réclamera, comme toujours, la régularisation immédiate. Quant aux sanctions contre les passeurs, qui sont des trafiquants de chair humaine, pas un mot dans les communiqués larmoyants.

Mais enfin, comment peut on régulariser des milliers de personnes qui ne parlent pas français comme l'ont montré les images de télévision hier? Comment peut-on travailler en France sans parler notre langue? Et d'ailleurs comment travailler puisqu'il n'y pas de travail pour les français ni pour les étrangers en situation régulière? En régularisant massivement, ce sera l'assistanat et rien d'autre pour ces malheureux qui sont, du fait de la situation économique et de leur absence de maîtrise du français, inemployables. Et on resterait alors dans la triste réalité décrite par Yvon Gattaz, le dernier président du MEDEF a avoir crée une entreprise, qui déclarait il y a quelques années: "La France exporte des BAC+6 et importe des BAC-6".

Cependant, la bonne question à se poser est pourquoi toute cette misère arrive à Calais dans le but d'aller au Royaume-Uni? Tout simplement du fait de l'aberration des accords de Schengen qui, dès lors qu'un pays a des frontières "passoire", permet à tout un chacun de circuler librement dans l'ensemble de ce même espace Schengen. Si nous avions maintenu un minimum de contrôles aux frontières le problème serait bien moindre, nul ne peut le nier, surtout avec des pays dont les contrôles aux frontières sont inexistants comme la Grèce par où sont entrés l'immense majorité des afghans présents dans la "jungle".

Eric Besson a justifié le démantèlement de la "jungle" en évoquant l'explosion de l'insécurité dans le calaisis et, pour être allé à Calais plusieurs fois ces dernières années, je puis vous affirmer qu'il ne s'agit pas d'un fantasme quand on voit le nombre de personnes errant dans les rues de la ville et aux alentours et qui n'ont rien pour subsister si ce n'est, évidemment, que la délinquance.
Comme le montre le flot humain intarissable qui arrive chaque jour en Europe on ne pourra pas, sauf à vouloir des lendemains qui déchantent, faire l'économie d'un grand débat sur l'immigration car un pays qui ne contrôle pas son immigration se condamne à subir sur son propre sol la loi de la jungle.

Philippe DAVID

Publié dans Dossiers

Commenter cet article