Le retour du traitement social du chômage

Publié le par A.P.ré. (Frédéric Guyonnet)

« Le travail est au cœur des valeurs qui nous rassemble »

 

La Lettre de l’A.P.Ré

 

Les Réformateurs Toulousains

Par Jean-Louis CHAVOILLON   

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Le retour du traitement social du chômage


Déjà 16 ans plus tôt, sous la houlette de Jacques CHIRAC, les Préfets avaient ordre de réduire le taux de chômage. Sans résultat. Aujourd’hui, c’est au tour des sous-préfets de partir en croisade sur ordre du ministre de l’emploi après la grande messe qui a eu lieu à l’Ecole  militaire de Paris. Ainsi, en relation avec le Pôle Emploi, la distribution d’emplois aidés annoncera le retour du traitement social du chômage.

Dans une fourchette de 2,7 à 4 millions de demandeurs d’emplois ajustable en fonction des catégories sociales,  le chômage en France reste sur une moyenne de 10% de la population active. En panne de stratégie de fond, les pouvoirs publics relance l’idée de création d’emploi via le traitement social du chômage.

Cela passe par plus d’aides pour l’emploi

Avec une aide étatique allant jusqu’à 105% du salaire, l’aide à l’emploi balaye tant les emplois financés à 100% au niveau salaire par l’Etat que ceux exonérés d’un allègement partiel de charges sociales. A cela, s’ajoute-la Prime Pour l’Emploi (PPE) et le RSA.

360.000 personnes en 2010 ont bénéficié d’un emploi aidé dans le secteur non marchand et 50.000 dans le secteur marchand. Cette différence s’explique par le fait que les entreprises n’embauchent,  que si elles ont une activité économique réelle et sont capables de fournir un vrai métier au salarié. Mais cette différence s’explique aussi parce que les salariés, recrutés par le secteur non marchand (collectivités locales, Etat, associations), seront non adaptables au secteur marchand. Ce phénomène est également amplifié par le fait que le secteur non marchand, avec ses besoins mal évalués et infiniment extensibles, ne peut se passer de cette main-d’œuvre à bas prix.

Pour 2011, dès février, une rallonge de 500 millions d’euros a dû être décidée avec une partie destinée aux emplois aidés, une autre à l’aide aux chômeurs..


Sont-ils des vrais emplois ?

Socialement indispensables et politiquement incontournable, les désagréments sont connus : qualification des bénéficiaires souvent les moins éloignés de l’emploi, non intégration de ces salariés dans les équipes de travail, tentation de cantonner le salarié à un emploi sous qualifié. Quand la France va-t-elle se mettre à traiter ses problèmes de fond et à créer un environnement favorable à la création de véritables emplois marchands ?

Nous ne savons pas mais ce qui certain c’est que si le Courage Politique n’ose pas casser ce cycle infernal, ce ne sera plus le traitement social du chômage qu’il faudra traiter mais le désespoir des gens qui ne croiront plus en l’avenir de notre pays.

L’Histoire a déjà montré par le passé où ce désespoir menait.

 

Pour MEMO

La litanie des 12 catégories d’emplois aidés

Les TUC (Travaux d’Utilité Collective) réservés au secteur non marchand commencent la liste en se faisant financés allègrement par l’Etat. Ils ont été successivement modifiés par chaque gouvernement avec les emplois jeunes et les CES (contrats emplois solidarités), puis le CI-RMA (Contrat Insertion Revenu Minimum d’Activité), le CAE (Contrat d’Accompagnement dans l’Emploi), le CIE (Contrat Initiative Emploi), le CJE (Contrat Jeune en Entreprise), le CEC (Contrat Emploi Consolidé). Le dernier en date est le Contrat Unique d’Insertion (CUI) avec le CUI-CAE pour le secteur non marchand et le CUI-CIE pour le secteur marchand. La Convention de Reclassement Personnalisé (CRP) et le Contrat de Transition Professionnelle (CTP) pour compléter.

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