Loi de rétention de sureté, l'éditorial d'Etienne Mougeotte

Publié le par A.P.ré. (Xavier Spanghero)


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Editorial d'Etienne Mougeotte sur la loi de rétention de sureté paru dans Le Figaro du 25 février 2008 :

Il y a, à n'en pas douter, matière à controverses sur certaines initiatives récentes du chef de l'État sur la Shoah, la laïcité ou les sectes. Mais on reste confondu devant le procès en sorcellerie intenté à Nicolas Sarkozy pour avoir demandé à la Cour de cassation, dans un souci de protection des victimes, de lui faire des propositions pour permettre une application immédiate de la loi sur la rétention de sûreté.

Les députés et les sénateurs ont voté un texte qui autorise le placement, dans des centres médico-socio-judiciaires, de criminels dangereux condamnés à plus de quinze ans de prison à l'issue de leur peine et pour une durée indéfiniment renouvelable.

Le Conseil constitutionnel a validé la mesure, mais, en appliquant, sans le dire, le principe de non-rétroactivité des lois, il empêche l'application effective du texte à ceux qui ont été condamnés jusqu'à aujourd'hui.

Cette décision du Conseil a pour effet pratique de reporter au plus tôt dans quinze ans la rétention de sûreté, lorsque les criminels les plus dangereux aujourd'hui pourront être libérés à l'issue de l'exécution de leur peine. Et les autres ! Ceux qui, dans les mois ou les années qui viennent, vont sortir, alors qu'ils sont des récidivistes en puissance et ne s'en cachent pas.

Le président de la République, gardien de la Constitution, mais également en charge de la protection de nos concitoyens, a légitimement appliqué le principe de réalité et saisi la Cour de cassation pour trouver les moyens de protéger la société contre quelques dizaines d'individus prêts à violer, torturer et souvent tuer à leur sortie de prison.

Il a fallu quelques heures à la cohorte des déontologues pour déclencher un tir de barrage : contournement d'une décision du Conseil constitutionnel, mise en cause de la séparation des pouvoirs, atteinte à l'État de droit ! Voici ce qui est reproché à Nicolas Sarkozy, alors qu'il a tout simplement, comme il en a le devoir, recherché les moyens de protéger les Français contre ceux qui sont atteints de graves dérèglements de la personnalité et qui peuvent à tout instant passer à l'acte.

Robert Badinter, mieux inspiré lorsqu'il présidait avec une grande hauteur de vue le Conseil constitutionnel, dénonce une période sombre pour la justice. On a envie de lui répondre que c'est plutôt une période de dérèglement de l'esprit public quand on cherche à opposer les grands principes du droit à la sécurité légitime des Français.

Une démocratie repose sur l'État de droit, mais le premier des droits du citoyen ordinaire est d'être protégé des psychopathes et des déviants. L'État de droit s'impose à tous ; que messieurs les assassins commencent.
 
A consulter également :

Principe de précaution par Philippe David

Que messieurs les assassins commencent par Gold 31


Publié dans Actualités nationales

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Delaire Jacques-Daniel 29/02/2008 11:16

Affirmatif ! En face à part l'agitation médiatique, rien ! Faut vraiment être borné pour voter à gauche !

Xav. 29/02/2008 01:08

Il met en place les réformes qu'il avait annoncées pendant la campagne.

S'il s'en tenait plus strictement à ce rôle, ça serait parfait ...

fred K 29/02/2008 00:19

On se pince surtout que le président ait demandé un avis au président de la cour de cass...

Vraiment, c'est de la démagogie au plus haut degrès. Argumenter sur les monstres qui menacent les enfants, urgence impérieuse alors que la menace est surtout fantasme (les violeurs sont surtout dans les familles..), et que cette loi serait nécessaire immédiatement, alors que l'ump est au pouvoir depuis 8 ans...

Déplorable.

Sans parler du fond, extrêmement génant.

Enfin, juridiquement, c'est une utilisation de l'opinion contre l'institution. Il savait que le Pt de la C Cass allait refuser.

Il y a pourtant un moyen plus simple, changer la constitution...

Quelle honte pour la république, dans tout ses aspects...

Delaire Jacques-Daniel 28/02/2008 21:27

Proald, vous ne regardez pas les médias, Etienne Mougeote anime pas mal de débats politiques à la télé et à la radio !
Pour reprendre le fil, je soutiens cette loi, et je regrette la réponse du Conseil Constitutionnel, je ne suis pas du camp des délinquants, mais du côté des victimes !
De plus, même si parfois le Président de la République me surprend, j'ai voté pour lui et je le soutien !

philippe david 28/02/2008 20:49

Cette loi relève tout simplement du "principe de précaution". bizarre de l'appliquer pour le maïs OGM et pas pour les assassins....