Hymne à la croissance

Publié le par A.P.ré. (Jean Claude Bayau Daban)

Hymne à la croissance

Pendant la campagne électorale présidentielle un débat s’était instauré et se prolonge aujourd’hui lors du G8 avec la grande question qui focalise notre microcosme médiatique : Doit on mettre en place une politique de relance ou faire de l’austérité ? La belle affaire !
C’est comme si vous demandiez à votre enfant s’il préfère les frites ou les endives ou plus sérieusement si vous étiez devant un choix encore plus cornélien : Souhaitez vous gagner plus d’argent en travaillant plus ou bien réduire vos dépenses en produisant moins ? 
A question stupide… Réponse du même calibre. C’est malgré tout ce type de réponse qu’a formulé François Hollande. En réaffirmant qu’il refuserait de ratifier le traité européen instaurant la vertueuse « règle d’or » puisque  celui-ci ne prévoyait pas des mesures de croissance. Quel bel acte politique !

 

Aujourd’hui, François Hollande a beau déployer son plus bel humour auprès de Barak Obama , passer pour un fan du "Big Mac" et du "sundae fraise", ce n’est pas pour autant qu’il va se convertir aux principes de l’économie américaine. 
La croissance ne se décrète pas ; elle se crée par la mise en place de conditions propices à cela en tenant compte d’un environnement européen et international.
Sur le mur des « lamentations » socialistes, attardons nous sur les directives que souhaite mettre en place le nouveau pouvoir en France s’il gagne les législatives.
• 60 000 postes de fonctionnaires dans l’éducation nationale recrutés pour l’essentiel parmi ceux qui auront raté le Capes et autres concours. Ces personnes percevant une rémunération pourront ainsi contribuer à augmenter la demande, nous indique t’on.
• Le blocage du prix de l’essence et le prix des loyers en cas de première location. Cela contribuera à l’amélioration du pouvoir d’achat et stimulera la demande, nous affirme t’on. Sur 3 mois pour l’essence, durant l’été, Mr Hollande ne prend pas trop de risque si ce n’est de creuser le déficit encore plus puis rendez-vous en septembre. Quant au blocage des loyers, on a déjà vu par le passé le résultat entrainant l’appel de l’abbé Pierre.
• La retraite à 60 ans pour ceux ayant commencé la vie active à 18 ans, l’arrêt de la réduction du nombre de fonctionnaires, la multiplicité de dépenses diverses dont la symbolique revalorisation de l’allocation scolaire, tout ceci étant censé mettre de l’huile dans les rouages économiques. Ou est le financement ?
• Le relèvement du SMIC indexé sur la fameuse croissance. Cette mesure doit normalement offrir une meilleure rémunération à ceux qui sont au bas de l’échelle et qui sont censés consommer plus. Ceci est vertueux à un détail près : une telle mesure renchérira le coût du travail et pénalisera inévitablement sur la compétitivité des entreprises entrainant une nouvelle vague de chômeurs. Les premières conséquences de ce fiasco seront supportées par les plus faibles et moins qualifiés et les secondes verront une compression des salaires. 

Comment financer ces belles mesures ? Par l’impôt bien sûr !
 
A la sortie, une activité économique comateuse pénalisée par un pouvoir d’achat amoindrie allant à l’encontre de cette croissance tant espérée ; une méfiance des marchés financiers qui anticipera sur une paupérisation de la Société française dans son ensemble. On prélève sur les uns pour redonner aux autres sans pour autant augmenter le gâteau à partager.
Alors, la croissance serait t’elle une illusion, une chimère ?
Pour l’obtenir, dans le passé, certains avaient trouvé la solution par la stimulation de l’offre basée sur l’innovation et la création de richesses. On peut citer Ronald Reagan aux Etats-Unis dans les années 80, Margareth Thatcher en Angleterre avec à la clé un chômage tombant à moins de 5%. L’Espagne s’était engagée dans cette voie avant les années Zapatero.  Avec la loi TEPA, Nicolas Sarkozy souhaitait lui aussi emprunter cette voie en souhaitant apporter souplesse et réactivité dans les rapports régissant le monde économique. La crise de 2008 a arrêté le processus.
François Hollande qui se réclame de la social démocratie va-t-il avoir le courage de poser les bonnes questions et de prendre les bonnes mesures à l’image de ce qu’avait osé faire Gerhard Schröder ? Réformes de structure introduisant souplesse dans notre vieille économie, refonte du droit du travail, baisse des prélèvements, non taxation des producteurs, des créateurs,  innover, s’adapter au cas spécifiques…

Où sont les nouveaux Bill Gates de Microsoft, les Mark Zuckerberg de Facebook, les Sergey Brin et Larry Page de Google ? Pourquoi le monde avance sans la France ? 
Parce ce que notre pays est un vieux pays,  enchevêtré dans un millefeuille accompagné d’une crème lourde et  amère. Une recette composée d’une forte dose d’impôts et taxes, d’une bonne poignée de règles tuant l’initiative et la création, saupoudrée d’un zeste de positions dominantes tuant dans l’œuf l’émergence des nouveaux capitaines d’industries.
 Mr Hollande, il est grand temps de changer la recette mais avez-vous des talents culinaires autres que ceux d’un politicien normal ?

JL CHAVOILLON
Président de l'A.P.Ré
www.apre.eu

Publié dans Actualités nationales

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