François Fillon annonce un recentrage des opérations militaires françaises à l’étranger

François Fillon s’est exprimé en préambule du débat parlementaire sur le maintien des troupes françaises à l’étranger. L’Assemblée et le Sénat, conformément à la réforme constitutionnelle de l’été dernier, sont appelés à se prononcer sur la prolongation de cinq opérations extérieures (Kosovo, Liban, Côte-d’Ivoire, Tchad et Centrafrique).
Désormais, la France n’engagera de nouvelles opérations extérieures que lorsqu’elles seront "strictement nécessaires", dans "les conditions les plus sécurisées possibles" et "là où les enjeux humanitaires et stratégiques sont décisifs" a annoncé François Fillon en ouverture de son intervention.
Retrait de troupes en Afrique
Les retraits de troupes concernent 1 100 des 2 000 soldats français stationnés en Côte-d’Ivoire. "En Côte d’Ivoire, les enjeux sécuritaires ont perdu de leur intensité et l’attente d’échéances électorales toujours incertaines ne justifie plus le maintien de notre dispositif militaire en l’état", a souligné le Premier ministre.
D’ici à l’été, "au moins" 1 000 des 1 650 soldats de la force de l’Union européenne, Eufor Tchad/RCA, chargée de protéger les réfugiés du Darfour et les "déplacés" au Tchad, quitteront ce pays, a indiqué le chef du Gouvernement. Les contingents français seront remplacés par des casques bleus de l’ONU."Pendant quelques mois encore", la France continuera néanmoins "de fournir à l’ONU l’aide technique utile à son installation, en particulier un certain nombre de capacités logistiques" qui "lui permettront d’assurer progressivement son autonomie", a précisé François Fillon.
A propos du Liban, le Premier ministre a promis le "maintien" des 1 850 soldats du contingent français de la Finul mais le retrait prochain des deux navires de guerre français qui participent à la "Finul maritime" au large des côtes libanaises. Le "rôle stabilisateur" de la Finul au Liban "ne se dément pas et il mérite le maintien des soldats français au sein de la Finul renforcée", a souligné le chef du gouvernement.
Pour le Kosovo, François Fillon a "souhaité la transformation progressive de la KFOR en force de présence dissuasive".