Interview de Jean-Louis Chavoillon accorde au Journal Toulousain d'Andre Gallego
Le Journal Toulousain a décidé de dédier une bonne partie de ses colonnes à François Bayrou et au MoDem, dont les assises «Fondatrices» se sont tenues dans les Landes.
D’interroger des personnalités marquantes sur la manière dont ils imaginent, pour les rendez-vous électoraux de Mars 2008, Municipales et Cantonales, l’évolution de l’échiquier politique français sur le plan national et surtout régional…
Avec plusieurs interrogations qui pourraient les interpeller pour eux, le MoDem de François Bayrou est-il incontournable pour gagner demain ? De se poser la question de savoir si son avenir doit se conjuguer à droite avec l’UMP ou à Gauche avec le Parti Socialiste ? Ou plus logiquement le MoDem ne doit-il pas, au risque de peser moins ses prochains mois, faire le choix de se donner du temps pour se construire ? De se donner l’ambition de ne plus être une formation d’appoint mais de recours pour repenser la vie politique française autrement, lui donner un nouveau souffle…
Jean-Louis CHAVOILLON, pouvez-vous en quelques lignes vous présenter à nos lecteurs ?
J’ai 43 ans, marié, deux enfants.
Je suis chef d’entreprise, président du club l’A.P.Ré, « L’Atelier des Professionnels Réformistes » et représentant sur la Haute Garonne des Réformateurs de l’UMP, la sensibilité libérale présidée par le ministre Hervé NOVELLI.
J’appartiens à une nouvelle génération qui se veut ferme sur ses valeurs tout en refusant le débat des personnes et en pratiquant le dialogue à l‘image de Nicolas SARKOZY.
Notre objectif est d’être le lien entre la rupture voulue par une majorité de français et la société civile.
Le travail est au cœur des valeurs qui nous rassemblent.
Notre action quotidienne est d’être à l’écoute de nos concitoyens.
Tout d’abord est-ce que le MoDem cela vous parle, remporte ou pourrait remporter votre adhésion personnelle?
Bien sûr que le MODEM me parle comme d’ailleurs le nouveau centre emmené par Hervé MORIN ; Le MODEM a représenté un choix parmi d’autres lors des dernières législatives ; je respecte ceux qui ont fait ce choix derrière François BAYROU mais ce n’était pas le mien.
De part ma profession, j’appartiens à une génération qui attend une rupture franche avec le passé ; au-delà du discours politicien, nous sommes à la croisée des chemins et seule une volonté politique hors pair peut nous sortir de l’impasse.
A circonstances exceptionnelles, homme exceptionnel.
Nicolas SARKOZY incarne à mes yeux cette volonté.
J’appartiens à l’UMP et l’ouverture pratiquée par le président a démontré que, tout en gardant ses idées, l’on pouvait sans adhérer, se retrouver sur des questions essentielles où l’on doit trouver un consensus pour réformer.
Je fais mienne cette démarche.
Pour vous, son avenir, celui de son leader passe t-il obligatoirement par une alliance avec les grands partis de droite ou de gauche ?
La logique de nos institutions, même si l’on parle de réforme des institutions, nous place sur une logique de deux blocs : droite-gauche.
A mes yeux, on ne peut pratiquer l’ouverture qu’à partir d’une majorité issue de ces deux blocs.
L’idée d’une troisième voie est certes séduisante mais n’est pas nouvelle et le centre en tant que tel sous la V ème république n’a jamais représenté une force dominante.
Combien d’élus locaux, nationaux, européens ?
Pour gouverner, il faut compter ; c’est le propre de toute démocratie.
Ou bien, pensez-vous qu’il serait plus judicieux, plus ambitieux que ses instances se donnent du temps pour devenir demain une force politique de recours capable de réunir une vraie majorité de Français?
Je ne me hasarderai pas à donner des conseils au MODEM ; je pense qu’il y a en son sein des gens beaucoup plus compétents que moi sur ce sujet.
En revanche, ce que je sais c’est que Nicolas SARKOZY a, à l’égard du MODEM, pratiqué toujours la politique de la main tendue.
François BAYROU l’a refusé et les électeurs ont tranché.
Il existe au sein de notre famille politique le « Nouveau Centre » qui partagent les mêmes idéaux que le MODEM mais qui ont fait le choix de contribuer au redressement de la France.
Le MODEM doit clarifier sa position en indiquant avec qui est il prêt à gouverner pour les prochaines municipales et les autres échéances futures.
Nos concitoyens ont besoin de clarté et j’en veux pour preuve que Nicolas SARKOZY a osé la clarté durant la campagne et cette clarté a payé.
A titre personnel quels sont pour vous les 2 ou 3 thèmes majeurs que vous avez aimé voir aborder et défendu par le MoDem ?
Je souhaite surtout qu’il dise clairement sur quels thèmes est il en accord et en désaccord avec ma famille politique, l’UMP, afin de voir où penche la balance.
Nous verrons ensuite les thèmes communs que nous pourrons défendre, pourquoi pas ensemble.
A contrario les thèmes ou décisions que vous n’avez pas cautionné
Je n’ai pas compris l’isolement voulu et entretenu par François BAYROU.
Je peux admettre, à un moment donné, sa stratégie mais la fuite en avant ne sert à rien et surtout n’est pas une réponse à l’attente des français.
François BAYROU a de idées et des qualités incontestables ; il est dommage de privé notre pays et notre majorité de son expérience ; j’espère qu’il changera d’avis d’autant que lors des dernières législatives, je tiens à rappeler que le candidat UMP s’était désister en sa faveur .
Vous êtes Toulousain, êtes-vous tenté de rejoindre ce jeune mouvement ?
Je vous ai clairement affirmé mon appartenance à l’UMP via « les Réformateurs ».
C’est un engagement profond que rien ne fera changé ; cela ne veut pas dire pour autant que nous ne devons pas écouté et tendre la main vers les autres.
Je souhaite, notamment à Toulouse et pour Toulouse, au-delà des étiquettes et clivages partisans, que nous nous rassemblions, hommes et femmes, autour de valeurs communes, d’un projet commun pour continuer à faire gagner Toulouse.
Notre « ville rose » doit s’inscrire dans la dynamique positive voulue par notre président et dans la clarté des idées.
La gauche locale, en l’état, ne peut prétendre à cela.
Seriez-vous prêt, pour le représenter en mars 2008, si d’aventure on vous le proposait ?
Je vous ai dit clairement mon appartenance ; au-delà de certaines incertitudes qui pèsent encore sur le débat local, une chose est claire : notre maire sortant, Jean-Luc MOUDENC appartient au « Nouveau Centre » qui est une sensibilité centriste comme le MODEM ; à la différence prêt qu’il est dans l’UMP .
Sauf bouleversement local, l’A.P.Ré - les Réformateurs de l’UMP soutiendra le candidat investi par nos instances mais nous nous battrons également pour un renouvellement de l’équipe et un changement de génération.
Le changement incarné au niveau national doit également se concrétiser au niveau local.
Nous verrons ensuite la suite des évènements.