Qu'est ce que le centre ?

Publié le par A.P.ré. (Frédéric Guyonnet)

 

On serait tenté de répondre : « C’est un point dans un cercle d’où chaque partie de la circonférence est équidistante. » Mais au regard de ce qui se passe en ce moment en politique, cette définition perd de son sens, le cercle devient une ellipse et le point se retrouve beaucoup plus à gauche qu’à droite.

 

Jean Louis BORLOO a quitté l’UMP, ce non évènement aurait pu paraître une volonté de réunir tous les tenants du centre droit et de refaire en quelque sorte l’UDF. Ceci permettant aux militants centristes de retrouver une liberté perdue dans le creuset de l’UMP tout en restant quand même dans la majorité présidentielle.

Avec ce qui vient de se passer il n’en est rien, Jean Louis BORLOO présent à la grande réunion du PRG, critiquant vertement la majorité règle ses comptes en s’appuyant sur les radicaux de gauche. Depuis 1972 pareille chose ne s’était pas produite, la scission entre les radicaux valoisiens et les radicaux de gauche avait été alors consommée. Cette séparation montrait  que le centre ne pouvait exister sans être de droite ou être de gauche

Depuis  le PRG de Jean Michel BAYLET a toujours été un soutien sans équivoque au parti socialiste et les valoisiens, un soutien à la droite RPR/UDF puis ensuite UMP. Ces lignes n’avaient alors plus bougées sauf dans quelques départements, comme le Tarn et Garonne par exemple.

 

Dans le Tarn et Garonne les alliances avec le PRG étaient déjà en place !

Ce n’est un secret pour personne que les radicaux valoisiens dans le Tarn et Garonne avaient les yeux de Chimène pour le PRG leader départemental du conseil général. Peut être que cette position dominante du PRG attirait les convoitises et qu’il était plus facile pour certains d’être dans le camp des dominants pour avoir une place au soleil. L’ancien secrétaire départemental des valoisiens, Patrick CHARLES, interrogé par téléphone répond même qu’aujourd’hui il n’y a plus de section des radicaux valoisiens en Tarn et Garonne. Comme si le PRG les avait déjà absorbés !

Dans cet entretien téléphonique, Patrick CHARLES affirme que les rapprochements avec le leader PRG sont anciens, que ce qui se passe aujourd’hui au niveau national n’est qu’une volonté de redonner à la famille radicale son unité. Toujours en affirmant, au mépris des accords permanents du PRG avec le PS que les radicaux sont centristes et qu’ils en sont ni de droite ni de gauche. Une chanson déjà écrite par François BAYROU il y a maintenant quatre ans.

D’ailleurs l’ancien secrétaire des valoisiens de Tarn et Garonne montre toute la logique de ce centre un peu nomade en se  présentant aux élections cantonales à MOISSAC sous l’étiquette CDI. Pourquoi ? La réponse est assez claire, les centristes valoisiens ici refusent de se reconnaitre de la majorité présidentielle, ils n’ont aucune affinité pour aider et soutenir l’UMP local et sa chef de file Brigitte Barèges. Le résultat de ces petites manœuvres a été le FN au second tour dans ce canton.

 

L’année qui vient devra bien clarifier les choses.

Cette année électorale qui commence devra clarifier les positions de chacun. Il est facile de comprendre que se battre pour les places, non pas de président de la république, mais pour les marocains ensuite, est la base de tout argumentation. Jean Louis BORLOO sera-t-il candidat ? Pour qui ? Contre qui ? Ce sont les questions qu’il se pose aujourd’hui, et avec lui les militants centristes. La réponse est difficile car les habitudes centristes de se tourner du côté du gagnant nécessite une grande anticipation.

Se présenter dans un combat républicain centristes, avec le PRG, c’est possible mais au deuxième tour qui soutenir ?

Se présenter seul avec les centristes de droite, mais ensuite soutenir Nicolas Sarkozy, cela paraît difficile après ce qui vient de se passer.

Enfin la dernière question qui est certainement la plus présente dans la tête des radicaux valoisiens, comment battre François BAYROU sur son propre terrain.

Toutes ces questions devront rapidement trouver une réponse car la politique à horreur du vide, les candidats pour boucher les trous sont pléthore et les places sont chères. Il est quand même plus reposant d’être à l’UMP, là au moins les militants savent sur quel pied ils sont posés.

 

Patrick CRASNIER

 

 

Commenter cet article

Gold31 11/05/2011 21:05



Et si c’était Fillon-DSK ? (par Gold31)


voir article complet sur le site : royalmensonge



Gold31 21/04/2011 07:24



Entièrement d'accord avec cette analyse de mon grand ami Crasnier.


D'une façon plus générale, et à mes yeux, le centre a hélas mérité plus souvent le qualitif de "mou".


Or je ne vois pas "un centre mou" réussir quoi que ce soit en ces temps de turbulence, où il s'agit je crois de prendre des orientations courageuses, sans pour autant faire le jeu de Marine Le
Pen, laquelle montre déjà ses limites.


Gold31