MPF : Intervention de Véronique Besse à la tribune de l'Assemblée nationale

Publié le par A.P.ré. (Frédéric Guyonnet)

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Monsieur le Président,

Madame le Ministre,

Mes chers collègues,


L'examen de cette résolution est une occasion rare de rappeler ce qui fait la singularité de notre pays et l'identité du peuple français. 


Dans le cœur du peuple français, bat cet amour pour la France, nation millénaire dont la grandeur ne se mesure pas à l'étendue de ses frontières, mais à son génie culturel. 


Tout le génie de la nation française est de porter des valeurs universelles. 


Pendant des siècles, l’assimilation a permis à des milliers de femmes et d'hommes de rejoindre notre peuple. Mais, depuis quelques décennies, l’assimilation ne fonctionne plus et la France vit une crise identitaire sans précédent. 


Notre pays est devenu un damier où la fusion ne se fait plus. Mais, depuis quelques décennies, l’assimilation ne fonctionne plus et la France vit une crise identitaire sans précédent. 

 

Tandis que l'on décroche le drapeau français du fronton de nos mairies et que l'on siffle l'hymne national dans les stades, des quartiers entiers vivent en sécession dans la haine de la France et de ses valeurs.  


Alors, comment en est-on arrivé là ?  


Pendant des années, l'idéologie dominante a imposé de tout admettre, jusqu'aux comportements les plus contraires à notre culture. Sous couvert de tolérance, il a fallu accepter tous les renoncements. Dans le même temps, la France et son histoire étaient jetées aux oubliettes, sous le double sceau de la culpabilité et du relativisme. 


Promise à une mondialisation heureuse, la France était condamnée, comme disait un ancien Président de la République, à n'être que notre passé, tandis que l'Europe serait notre avenir. Pour se fondre dans la mondialisation, la France et les Français devraient abandonner leurs codes et leurs valeurs. 


C'est ce relativisme culturel qui a porté la nouvelle idéologie du différentialisme. En attaquant l'histoire et la culture française, on a favorisé sa contestation. En renonçant au modèle d’assimilation, nous avons troqué notre bien le plus précieux pour un poison dangereux que l'on appelle « intégration », mais qui porte en germe la désintégration de notre société. 


Depuis trop longtemps, la France n’assimile plus : elle intègre, elle sépare, elle isole. Par peur de « franciser », elle renonce à ses valeurs et fait le lit du communautarisme. 

Moins on affirme l’identité française, plus les Français se divisent. Le danger qui nous guette aujourd’hui, c’est de voir la France, qui a été un phare dans l’histoire pour des millions de femmes et d’hommes, se désagréger sous les coups de l'intégration. 


Cette intégration se présente comme un droit à la différence mais conduit tout droit à la dissidence, alors que l'assimilation offre un droit à la ressemblance. L'intégration, c'est un chemin de traverse qui conduit à toutes les amertumes. L'individu n'est plus tout à fait du pays d'où il vient, sans être tout à fait du pays où il est. Il est à  mi-chemin entre ses souvenirs et son destin. 

 

La France ne doit pas être cet agrégat d'individus étrangers les uns aux autres. Elle est et doit rester animée par sa culture spécifique qui place au premier rang de ses valeurs la volonté d'un destin commun. C'est pourquoi nous ne devons pas renoncer à l'assimilation à  la française. 


C'est pour cette raison que le port du voile intégral doit être interdit dans l'espace public. Son interdiction est un acte déterminant : 

D'abord pour notre nation tout entière comme cela a été dit plus haut, mais aussi pour celles qui le portent sous la contrainte et sans l'avoir choisi.


Enfin, pour celles qui, ne nous leurrons pas, le portent de manière volontaire, comme un défit, face une société de plus en plus permissive et qui a perdu ses repères.


Les personnes qui portent ou font porter le voile intégral, entendent marquer ainsi leur refus complet de toute assimilation. 

Le port du voile intégral est d'abord une réaction à une société qui ne protège plus, qui ne propose plus de valeurs commune et qui relativise sa propre identité. 


Face à cette volonté manifeste de tester le degré de résistance de notre société, face à la tentative de banalisation de cette forme d'asservissement de la femme, une loi d'interdiction claire et sans ambiguïté est donc absolument décisive. 


Ce défi, nous devrons y répondre avec force et conviction. Car si nous cédons devant cette revendication communautariste, nous en connaîtrons alors beaucoup d'autres.  


Réaffirmons plutôt que notre tradition nationale est celle de l'assimilation, que nous sommes heureux d'accueillir ceux qui aiment la France, mais que nous ne souhaitons pas que des populations vivent détachées sur notre sol, dans des ghettos intellectuels, moraux et religieux. 


Réaffirmons que la représentation nationale possède cette volonté de protéger la dignité de la personne humaine et de faire respecter les valeurs qui ont fait la France.

 

Veronique Besse

Publié dans Actualités nationales

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