Marine Le Pen et l’économie - Un coup d’épée dans l’eau

Publié le par A.P.ré. (Frédéric Guyonnet)

Toujours portée par la vague des cantonales, Marine Le Pen commence à s’illusionner et se voir au pouvoir.                                                                                               Elle est donc obligée de concocter un programme économique et là, ce n’est pas une partie de plaisir.                                                                                                                  Même les «économistes» qui lui rédigent son programme n’osent pas dire leur nom, la peur du regard des autres ? La honte de travailler pour le FN ? Qui sait ?

C’est donc à l’économie que Marine Le PEN s’attaque, et son leitmotiv est de supprimer l’Euro, de revenir au Franc. Cette mesure (qu’elle n’est pas la seule à proposer) paraît simpliste et attirante pour les Français qui souffrent, plus elle semble être la solution à tous le maux.

Il a été tellement dit et redit que c’est la faute à l’Euro si nous sommes pauvres, c’est la faute à l’Euro si nous sommes endettés, c’est la faute à l’Euro si plus rien ne va. Qu’un tel martèlement quasi quotidien pourrait faire penser que tôt ou tard, cela va payer comme disait mon barman préféré. Alors Prenons  Marine Le PEN au mot !

Pour ma part,  j’ai consacré une journée à vivre comme si nous étions revenus au franc et là, j’ai été d’étonnement en étonnement.

Le matin j’ai mis du carburant dans ma voiture la plein m’a couté 450 Francs étonnant  non ? Je me suis ensuite rendu à un rendez vous et avant d’entrer dans l’entreprise dans laquelle je me rendais, j’ai été prendre un café. Au moment de payer, là encore le retour aux Francs était étonnant, mon petit café noir me coutait 15 francs (au même endroit avant l’Euro je le payais 1 franc 50)

La matinée terminée j’ai déjeuner au restaurant, sans faire d’excès, les moyens et les notes de frais ne le permettent pas, j’ai seulement réservé le traditionnel  steak frites maison (appelé pompeusement pièce du boucher) qui m’a couté 120 francs, non vous ne rêvez pas. J’ai voulu prendre un petit dessert, une folie, il m’en a couté 50 francs, un demi pendant le repas qui m’a couté 25 francs et un café au prix de 15 francs. Mon repas très ordinaire, dans un petit restaurant de Montauban, sans fioritures m’a couté la bagatelle pratiquement 210 francs.

A ce moment de la journée (et elle n’était pas terminée) j’ai pris peur. Et si les tenants du retour au franc étaient dans le vrai, et si tous nos mots venaient de là ?  Sauf qu’il est illusoire de penser que revenir au Franc nous ferait revenir aux valeurs de l’époque. Plus ce serait mettre la France et les Français à genou sans aucun espoir de se relever. S’il est vraisemblable que d’être passé à l’Euro a été une catastrophe, revenir au Franc serait encore pire. Prenons le smic et arrondissons son montant net à 1000 Euros, du jour au lendemain les salariés se retrouveraient avec un salaire de 6500 francs, comparé aux prix pratiqués depuis l’Euro, tout le monde comprend qu’il est impossible de vivre au smic en France. Le moindre loyer coute entre 3500 et 5000 francs (puisque nous parlons en franc dorénavant) vous le voyez bien c’est impossible de revenir au Franc, les politiques ne pourraient plus nous faire croire que tout va bien, que la crise est seule responsable de tous nos maux. Tout se verrait bien trop, même les syndicats comprendraient qu’ils n’ont rien fait pour les salariés depuis longtemps, sauf de la politique.

J’ai terminé la journée comme je l’avais commencée, une baguette à 10 francs, quelques courses pour manger le soir au petit super marché de mon village, pour la somme de 350 francs.

Tout ceci m’a donné à réfléchir, je me suis livré alors à une petite recherche pour trouver ce qui n’allait pas. Mes découvertes en faisant ce retour sur le passé ont été encore plus déstabilisantes. En 2001, le smic était de 7388.68 francs, juste avant de passer à l’Euro, je ne voulais pas le croire. En cherchant un peu plus, j’ai constaté que les 35 heures n’étaient pas encore uniformisées et que ce smic était fait pour 39 heures de travail hebdomadaires (salaire brut, ce qui représentait alors un salaire net d’environ 6500 francs). J’ai donc continué mes recherches, pour constater une fois encore que le smic en 2002 était passé à 6.83 euros de l’heure, mais les salariés ne travaillaient plus que 35 heures, ce qui nous donnait un smic de 1038 euros brut, c'est-à-dire environ  5600 francs net (si nous parlons de nouveau en Francs. Ces calculs n’étaient pas croyables, enfin  pour terminer, aujourd’hui le smic est à 9 euros brut de l’heure, ce qui correspond pour un salarié à 35 heures environ 6500 francs mensuels. Il est donc facile de comprendre en résumé que depuis l’Euro les prix se sont multipliés par dix et que les salaires avec les 35 heures sont à peu près les mêmes. Les chiffres sont incontournables, tous le reste est de la, poudre aux yeux.

Comme vous le voyez personne n’a intérêt à parler d’économie et de salaires, le MEDEF espère toujours que ces salaires vont tirer encore plus vers le bas, les politiques de droite car ils nous mentent depuis maintenant dix ans et les socialistes qui sont les ouvriers de cette décadence. En effet c’est sous DSK, Jospin et martine Aubry que toutes ces choses se sont passées, télescopage des 35 heures (baisse des salaires du fait de la baisse du temps de travail) et avènement de l’Euro sans aucune précaution pour les salariés et les classes moyennes.

La seule chose que les socialistes ont faite c’est de paupériser la France entière, de faire qu’un ouvrier qui  a la chance d’avoir du travail à temps plein est à la limite du seuil de pauvreté. Et je ne parle pas ici de tous ces ouvriers pauvres qui travaillent à temps partiel ou bien sur des sans emplois.

Alors croyez moi, Marine Le PEN ne pourra rien y faire, elle aura beau crier que l’Euro est la cause de tout, même si c’est vrai il sera impossible de faire machine arrière. J’ai bien peur que dans cette campagne électorale qui s’annonce personne n’osera aborder ces vrais problèmes de Français. Il reste que les électeurs peuvent exiger d’en parler.

 

Patrick CRASNIER

Pour l’APRé

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

PHIL 18/05/2011 21:17



Au lieu de tirer sur la droite, essayez plutot de tirer à gauche. C'est plus intelligent