La taxe carbonne par Jean Luc Moudenc

Publié le par A.P.ré. (Frédéric Guyonnet)

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Alors que le sommet international sur le climat et l’énergie de Copenhague est sous les feux de la rampe, la France se met à l’heure de la taxe carbone. Instaurer une taxe en pleine crise peut passer pour folie, et on a vu dans les sondages s’affirmer une nette majorité d’opposants. Malgré cela, je pronostique que, d’ici peu, tout cela va rentrer dans les mœurs. Et que le courage ne sera pas vain… 


L'autre jour, alors que j'étais au Sénat pour divers rendez-vous de travail, j'ai rencontré Fabienne Keller, sénateur du Bas-Rhin et auteur d'un formidable rapport sur la taxe carbone (que je vous invite à découvrir en cliquant ici), et j'ai beaucoup appris sur les enjeux de cette nouvelle taxation, proposée, je vous le rappelle, par le Pacte écologique de Nicolas Hulot… Il faut savoir que la taxe existe sans souci majeur, depuis les années 90, en Grande-Bretagne, pays qui n’est pas réputé pour aimer impôts et taxations. Je me souviens également d’une interview du premier ministre suédois, un libéral pourtant, disant tout le bien qu’il pensait de cette taxe et témoignant qu’elle n’avait pas fait obstacle à la croissance économique de son pays, qui l’a instaurée depuis plus de dix ans.


Gageons que le surcoût qu’elle va entraîner, léger en fait, va nous inciter à modifier nos comportements, et pour cela à nous interroger, comme nous ne l’avions jamais fait auparavant, sur nos habitudes de consommation, pour en mesurer l’impact sur l’environnement. Les spécialistes annoncent que, pour un ménage, le coût de cette taxe sera de 85 euros en moyenne par foyer. Ainsi, ceux qui consomment des énergies fossiles, à base de pétrole, vont devoir assumer les conséquences de leurs choix, ce qui les incitera à évoluer vers de bonnes pratiques.


Dès 2010, la tonne de CO2 sera imposée à hauteur de 17 euros, ce tarif étant appelé à croître progressivement jusqu'à une centaine d'euros à l'horizon 2030. L’objectif global est de couvrir 70% des émissions de gaz carbonique et autres gaz à effet de serre de l’Hexagone. Le produit de la taxe - on parle de 4 milliards la première année – sera affecté à un fonds spécial, dont l’utilisation doit être débattue, et qui pourrait bien être orientée vers la recherche en faveur de l’écologie en général, et peut-être le développement de la voiture électrique en particulier. De façon à neutraliser son coût pour les Français, alors que le pouvoir d’achat est en berne, il est prévu le remboursement intégral de la taxe dès février 2010. On aura donc, finalement, une taxe autant écologique que pédagogique. Il est temps, pour la préservation de la planète et l’avenir des générations qui nous suivrons, de passer du stade des bonnes intentions, où un fort vote écolo de temps en temps donne bonne conscience à beaucoup, à des actes concrets et individualisés. C’est à ce changement de chacun, pour changer collectivement, que nous sommes conviés. Allons-y, car le temps presse !


Jean-Luc MOUDENC

Maire de Toulouse de 2004 à 2008

 

http://moudenc.unblog.fr/

Publié dans Municipales 2014

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BHNS.Toulouse.Ouest.Free.Fr 22/02/2013 21:41


La limitation de nos émissions de CO2 passe aussi par le changement de nos habitudes de mobilité, et pour cela il faut offrir les transports en commun les plus performants possibles et ce le plus
rapidement possible, comme par exemple en ce qui concerne le BHNS Ouest! :


 


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