La Lettre de l’A.P.Ré par Jean-Louis Chavoillon

Publié le par A.P.ré. (Jean Claude Bayau Daban)

Le travail est au cœur des valeurs qui nous rassemblent

 

Au-delà du courage de notre Président Nicolas SARKOZY, face à la gravité de la situation après le dernier sommet européen et à la veille du prochain G20, la multiplication des sommets laisse songeur sur la gravité de la situation et sur l’urgence à trouver des solutions pérennes.

 

Et lorsque l'urgence est le facteur ordinaire du politique, les décisions prises sont loin de l'optimisation et de la rigueur attendue auprès de gouvernants.

 

La situation de crise économique de notre pays est la résultante d’une erreur de diagnostic constaté il y a 4 ans : celle qui consistait à pratiquer une relance de la consommation de type keynésien tout en laissant creuser les déficits. Résultat: nous sortons anéantis avec une liberté budgétaire devenue quasi-nulle. Pour s’en sortir, seule une rigueur des plus orthodoxes sur plusieurs années peu nous éviter une catastrophe fatale.

 

Retour en arrière

 

Durant les années 2000, la croissance a été alimentée massivement à crédit par une politique monétaire de taux d'intérêt bas. Aujourd’hui l’heure du désendettement global a sonné et au même moment pour tous. Ceci a pour conséquence une contraction du crédit, une diminution de nos capacités de production, une récession à plus ou moins court terme. Mais nous n’avons pas encore touché le fond : A l’image d’un bilan d’une société, on ne restructure pas la dette de l’Entreprise France en un an et il faudra encore une certaine dose de pédagogie et un courage certains à nos gouvernants pour expliquer que le temps des cigales était terminé.

 

Le premier ministre François FILLON  l’avait esquissé en son temps en déclarant le 20 septembre 2007 : « Je suis à la tête d’un Etat en situation de faillite » avant d’être rappelé à l’utilisation d’un vocabulaire politique plus aseptisé. Aujourd’hui, la gravité de l’intervention de Nicolas SARKOZY à la télévision, rappelle étrangement ce portait dépeint par le premier Ministre.

 

Des mesures à la hauteur de la gravité ?

 

Le plan de rigueur FILLON  qui représente une enveloppe  de l'ordre de 10 milliards d'euros, dont 9 milliards d'impôts supplémentaires et 1 milliard de dépenses difficilement cernables, est t’il à la hauteur de l’évènement historique ?  Cela serait impensable si l’on était au sein du conseil d’administration d’une entreprise qui  malgré le fait d’enregistrer des pertes vertigineuses, déciderait d'augmenter les prix massivement avec en parallèle une réduction des dépenses dont la superficialité laisse songeur sur son efficacité.

 

Et  que dire des solutions du vainqueur à la primaire socialiste ? Le fait de nier les sacrifices cruciaux que nous devons faire, ne laisse rien présager de bon si par hasard, ce « nouvel ancien », remis au goût du jour par la grâce médiatique, n’arrivait au pouvoir ?

 

Si seul l’effet d’augmenter les impôts pouvait sauver le soldat France, cela se saurait depuis longtemps ! Avec un niveau de prélèvements record, l'attractivité économique de notre pays serait durablement écornée sans une remise en ordre de nos finances publiques.

 

Quelle recette pour se donner un Avenir ?

 

Dans l’absolu, l'effort devrait porter en totalité sur la baisse des dépenses publiques. Dans la réalité, il conviendrait de baisser de deux tiers les dépenses pour un tiers de prélèvements en sus.

Certains ont suivi avec succès cette voie  comme le Canada, le Danemark ou la Suède et que dire de notre voisin, la Grande-Bretagne ? David Cameron, devant la menace d’une dégradation de celle-ci, avait annoncé après son élection «  du sang de la sueur et des larmes » avec 70 % de baisse des dépenses et 30 % de prélèvements.

 

Pour conclure, les heures graves que nous vivons nous impose des choix drastiques. Si nos gouvernants ne sont pas au rendez-vous de l’Histoire, ce sera le gendarme financier international, le FMI, qui nous imposera ses propres choix drastiques.

 

Si nous rejetons l’idée d’une quelconque abdication de notre souveraineté, si nous appelons la France à rester une puissance diplomatique, nous devons rester une puissance économique et cette puissance ne peut s’accommoder d’un déclin mortel.

 

Charles de Gaulle déclarait dans « Paris-Match » en 1967 : «  les hommes peuvent avoir des amis, pas les hommes d’Etat ». Ne doutons pas que Nicolas SARKOZY saura s’inspirer de cette citation lors du sommet du G 20 ?

 

 

Jean-Louis CHAVOILLON

Président de l’A.P.Ré

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