Jean-Louis Borloo face au casse-tête de 2012 (l'hypothèse Borloo pour rallier les centristes)

Publié le par A.P.ré. (Frédéric Guyonnet)

parti-radical.jpg

Dans la majorité, une candidature au premier tour du ministre de l'Écologie est évoquée comme un moyen de faire gagner Nicolas Sarkozy au second.

En attendant de prendre sa décision, Jean-Louis Borloo aime rappeler qu'il peut parler à la fois aux « démocrates chrétiens, aux laïcards, aux sociaux-démocrates, aux écolos qui ne sont pas à gauche ». Crédits photo : Le Figaro
En attendant de prendre sa décision, Jean-Louis Borloo aime rappeler qu'il peut parler à la fois aux « démocrates chrétiens, aux laïcards, aux sociaux-démocrates, aux écolos qui ne sont pas à gauche ». Crédits photo : Le Figaro

Être ou ne pas être candidat à l'élection présidentielle de 2012 ? La question se pose à Jean-Louis Borloo. Avant les régionales, c'est son secrétaire d'État aux Transports, Dominique Bussereau, proche de Jean-Pierre Raffarin, qui a esquissé l'hypothèse en suggérant, au «Talk Orange-Le Figaro», la création d'un parti centriste et écologiste capable d'attirer dans la majorité des électeurs pas prêts à voter au premier tour pour un candidat UMP. Un parti animé évidemment par le ministre du Développement durable.

Nicolas Sarkozy redoute l'éparpillement de la majorité au premier tour de la présidentielle et ne veut pas entendre parler, par exemple, d'une candidature d'Hervé Morin, le président du Nouveau Centre. «Mais Borloo, c'est différent. Nicolas l'aime bien et sait qu'il peut l'aider à gagner», confie un proche du président. L'idée germe donc jusqu'à l'Élysée et à l'UMP : en 2012, Nicolas Sarkozy devra faire campagne à droite pour reconquérir les électeurs retournés au Front national. Et pour éviter une fuite des centristes vers les Verts ou François Bayrou, mieux vaut une candidature clairement située dans la majorité.

Officiellement, Jean-Louis Borloo se défend de vouloir se lancer dans une aventure en solitaire. «Je suis fait pour le bonheur et je compte les étés qu'il me reste à vivre», confie-t-il en soulignant la dureté d'une campagne. Le numéro deux du gouvernement mesure aussi ce que pourrait avoir de «traumatisant» pour l'électorat de la majorité une candidature parallèle à celle du chef de l'État sortant.

Mais, sur le fond, lui aussi évoque les «landes» politiques, en friches depuis l'échec de la stratégie de François Bayrou. Président du parti radical, il se plaît à rappeler qu'il peut parler à la fois aux «démocrates chrétiens, aux laïcards, aux sociaux-démocrates, aux écolos qui ne sont pas à gauche… »«Si on ne les a pas, la droite perdra en 2012», analyse-t-il en affirmant redouter avant tout une victoire d'un «tandem Aubry-Duflot» qui signerait à ses yeux une panne de l'économie et un «arrêt de toutes les infrastructures».

«Une vraie popularité»

En privé, l'ancien maire de Valenciennes, ministre depuis 2002, est bien plus tranché dans ses positions. Il fait savoir, ici et là, qu'il n'exclut pas de se jeter à l'eau. Mais souhaite, au préalable, prendre quelques précautions et poser ses conditions, à commencer par un rassemblement de toute l'ex-famille UDF derrière lui. Un de ses proches, également ministre, raconte l'échange qu'il a eu la semaine dernière avec l'intéressé : «Jean-Louis m'a dit : “Je ne peux faire ça sans l'aval du président. Si on pense que ma candidature est utile, je le ferai.”»

À l'Élysée justement, l'idée fait son chemin. «Il faut étudier cette possibilité», a répondu la semaine dernière Nicolas Sarkozy à un parlementaire qui lui soumettait l'hypothèse. «Mais elle n'a d'intérêt que si elle n'affaiblit pas l'UMP au premier tour», a ajouté le chef de l'État. L'ex-premier ministre Jean-Pierre Raffarin, qui critique depuis plusieurs mois la stratégie du rassemblement dès le premier tour, aurait récemment tenté de convaincre son ancien ministre. Il n'est pas le seul.

Candidat idéal sur le flanc gauche

Beaucoup pensent que son engagement sur les chantiers de la rénovation urbaine, de la cohésion sociale, et du Grenelle de l'environnement en font le candidat idéal sur le flanc gauche de Nicolas Sarkozy et la meilleure force d'appoint pour le second tour. Le secrétaire général adjoint de l'UMP et ministre de la Jeunesse, Marc-Philippe Daubresse, est de ceux-là : «Jean-Louis a une vraie popularité et un espace bien à lui», affirme le centriste du parti majoritaire. «Je l'ai vu en campagne : les gens l'aiment», renchérit son collègue Hubert Falco.

À l'inverse, d'autres jugent Borloo incapable d'aller jusqu'au bout. «Il fonctionne au courant alternatif : un coup, j'y vais ; un coup, j'y vais pas», regrette un de ses anciens collègues du gouvernement. «Il peut avoir la niaque sur un jour ou sur une semaine, pas dans la durée», raille un autre ministre. Jean-Louis Borloo, lui, brouille les pistes. En 2012, cela fera dix ans non-stop au gouvernement. «La fin d'un cycle», dit-il lui-même jurant ne rêver de Matignon ni avant ni après la présidentielle. À l'entendre, trois propositions d'envergure hors politique attendent sa réponse. La compétition pour l'Élysée ou le rebond dans le privé ? Borloo, Hamlet du gouvernement, a un an pour se décider.

Source : le Figaro du jeudi 15 avril 2010

Publié dans Presidentielles 2012

Commenter cet article

crasnier patrick 26/04/2010 19:59



Boorlo c'est bien la contraction de bordelique et écolo !!!!!!!!!!!!!!!!