Des tribus indigenes menacées de disparition dans le monde

Publié le par A.P.ré. (Frédéric Guyonnet)

C'est aux occidentaux de réparer les erreurs du passé en prenant ce probléme à bras le corps.

LES AKUNTSU (Brésil)
La semaine dernière les Indiens akuntsu d’Amazonie brésilienne ont perdu leur doyenne, Ururú. La tribu ne compte désormais plus que cinq membres dont le plus âgé, son frère Konibú, est dans un état critique.

Ururú était la doyenne des survivants du génocide des Akuntsu.

Ururú a été témoin du génocide de son peuple et de la destruction de sa forêt après l’installation d’éleveurs de bétail et de leurs hommes de main sur son territoire dans l’Etat de Rondônia. Dans les années 1960 et 1970, le gouvernement avait ouvert cet Etat à la colonisation, notamment avec la construction scandaleuse de la route BR 364.

Ururú disparaît en emportant avec elle une grande part de la mémoire historique de son peuple. Bien que nous ne connaîtrons sans doute jamais dans toute son ampleur l’horreur qu’ont subie les Akuntsu durant ces cinquante dernières années, les survivants racontent que les membres de leurs familles ont été abattus par les fermiers qui détruisaient leurs maisons au bulldozer. Les deux hommes survivants, Konibú et Pupak, portent encore des traces de balles sur le corps.


L'HOMME DANS LE TROU
(Brésil)
Le dernier survivant d’un groupe inconnu d’Indiens amazoniens vit seul dans la forêt sur un petit terrain encerclé de ranchs d’élevages et de plantations de soja.

On pense qu’il est le dernier survivant de son groupe qui a probablement été exterminé ou a succombé aux maladies

transmises par les éleveurs, les exploitants forestiers et les colons qui ont envahi l’Etat de Rondônia, détruit la forêt, chassé et même tué les Indiens durant ces quatre dernières décennies.

Il a été baptisé ‘l’homme dans le trou’ car il creuse des pièges de plusieurs mètres de profondeur, y plaçant des piques pour capturer des animaux.


Il a également creusé un trou au centre de sa petite hutte, où il garde quelques effets personnels, pour se cacher à l’approche des étrangers.


LES GUARAMI KAIOWA
(Brésil)

Ils sont aujourd’hui environ 30 000 au Brésil, ce qui fait d’eux la plus nombreuse population indigène du pays. (De nombreuses autres communautés Guarani vivent sur les terres voisines du Paraguay, d’Argentine et de Bolivie).

Mais alors qu’ils occupaient autrefois un territoire de près de 350 000 km2 de forêts et de plaines, ils s’entassent aujourd’hui sur de petites parcelles de terres encerclées par les fermes d’élevage et les vastes plantations de soja et de canne à sucre.

Certains n’ont aucun territoire et vivent dans des campements de fortune le long des routes.


Profondément affectés par la perte de la presque totalité de leurs terres, les Guarani connaissent une vague de suicides sans équivalent en Amérique du Sud.

LES NUKAK MAKU
(Colombie)
Les Nukak ont été décimés par la malaria et la grippe à la suite de leurs premiers contacts avec le monde extérieur en 1988 ; aujourd’hui, leurs terres sont occupées par les cultivateurs de coca, la guérilla d’extrême gauche (les FARC), les paramilitaires d’extrême droite et l’armée colombienne.

Les deux groupes se disputent le contrôle de la lucrative production de coca et forcent les Indiens à travailler dans les plantations. Ces derniers se retrouvent pris contre leur gré entre les feux de cette ‘guerre civile’ et certains ont été contraints de quitter leur territoire.


LES KANOE
(Brésil)
Les Kanoê sont encerclés par des fermiers hostiles. Ils ont été traumatisés d’avoir assisté à l’extermination de leur peuple et subi d’extrêmes violences de la part des hommes de main des fermiers.

Aujourd’hui, ils ne sont plus que trois. A moins qu'ils n’acceptent de se marier avec des personnes issues d’une autre communauté indigène, cette petite tribu disparaîtra définitivement de la surface de la terre.

LES ARHUACO
(Colombie)

Les Arhuaco sont au premier plan du mouvement pour les droits des Indiens en Colombie. En 1982, ils ont expulsé les missionnaires capucins présents dans la Sierra depuis 1693.

 

Depuis les années 1980, les bas flancs de la Sierra sont occupés par des colons cultivant la marijuana et la coca destinées au trafic de drogue. De plus, la montagne est devenue le théâtre d’affrontements entre l’armée, les guérillas d’extrême gauche et les paramilitaires.

 

Malgré leur nature profondément pacifique, les Indiens se sont souvent retrouvés sous les tirs et bon nombre d’entre eux ont été tués dans le contexte de guerre civile larvée touchant la Colombie.

 

En février 2004, un village arsario a été bombardé pendant plusieurs jours par l’armée colombienne, forçant les habitants à fuir.


LES AWA
(Brésil)

Dans les années 1970, un gigantesque gisement de minerai de fer découvert dans la région a occasionné l’implantation d’un projet de développement géant, le Programme Carajás, financé par l’Union européenne et la Banque mondiale qui englobait, entre autres, la construction d’une mine et d’une voie de chemin de fer.

 

Les Awá et et leurs voisins connurent alors une invasion sans précédent de leurs terres.


Aujourd’hui, leurs territoires sont la cible des bûcherons qui percent des routes au bulldozer à travers leurs forêts et des colons qui chassent le gibier dont ils dépendent et les exposent aux maladies et à la violence.

 

Plusieurs fermes d‘élevage de bétail occupent de grandes étendues du territoire awá et ont déjà détruit une grande partie de leurs forêts. Un juge fédéral doit maintenant décider si ces fermiers doivent ou non être expulsés.


LES AYOREO
(Paraguay)

Les Ayoreo sont des chasseurs-cueilleurs nomades qui habitaient autrefois une grande région de forêt et de brousse épineuse. lls connurent leur premier contact durable avec les Blancs quand des fermiers mennonites établirent des colonies sur leur terre.

A la suite des Mennonites, des missionnaires tentèrent de les contacter et de les sédentariser. Bien qu’ayant résisté et massivement rejeté les missionnaires, les Ayoreo commencèrent à sortir de la forêt; il ne reste actuellement qu’un petit groupe de Totobiegosode y nomadisant.

 

La majorité du territoire ayoreo est maintenant aux mains de propriétaires fonciers qui louent des équipes de travaillleurs pour abattre les espèces d’arbres les plus rentables et introduisent le bétail sur la terre défrichée.


LES ENAWENE NAWE
(Brésil)
Les Enawene Nawe, contactés pour la première fois en 1974, vivent dans un relatif isolement. Ils représentent aujourd’hui une population d’environ 420 personnes vivant dans des malocas, de grandes maisons communautaires.

Depuis plusieurs décennies, les Enawene Nawe sont confrontés à l’invasion de leurs terres par les exploitants de caoutchouc, les chercheurs de diamants, les éleveurs et, plus récemment, les planteurs de soja.

 

En 1997, le plus grand producteur de soja au Brésil, la compagnie Maggi, a construit illégalement une route sur leur territoire. La route fut finalement fermée sur décision d’un procureur fédéral.


Leur territoire est le théatre de l’invasion des exploitants forestiers et des planteurs de soja qui détruisent la forêt à vive allure et polluent sols et rivières.

LES ENXET
(Paraguay)

La terre des Enxet a été presqu’entièrement accaparée par les éleveurs qui ont abattu d’énormes zones de leurs forêts, souvent délibérement pour rendre la terre impropre aux activités de chasse et de cueillette.

 

Beaucoup d’entre eux durent, dès lors, vivre entassés sur de très petites parcelles achetées pour eux par différents groupes religieux.

 

Ces dernières années, les Indiens ont été soumis à un harcèlement et à des violences extrêmes pour leur faire quitter la terre qu’ils occupent encore ou pour qu’ils y meurent de faim.

 

LES INDIENS DU BRESIL (Brésil)

Depuis l’arrivée des Européens, les Indiens du Brésil ont subi un génocide à très grande échelle et ont été spoliés de la plupart de leurs terres.

Aujourd’hui celles-ci sont toujours aux mains de propriétaires terriens, exploitées dans le cadre de projets industriels, ou bien envahies par des mineurs ou des colons.

 

Ils meurent toujours, soit des maladies transmises par les envahisseurs, soit de malnutration lorsqu’ils sont privés de leurs territoires de chasse, ou bien encore de la violence perpétrée par les hommes de main recrutés par les fermiers et les propriétaires terriens pour les chasser de leurs terres.

 

Un racisme profondément enraciné vis-à-vis des Indiens est à l’origine de cette situation – ils sont toujours légalement considérés comme des mineurs. L’exigence première des Indiens est de pouvoir exercer le contrôle de leurs terres – le Brésil est l’un des deux seuls pays d’Amérique du Sud qui ne reconnaît pas encore leurs droits à posséder la terre.


LES INNU
(Canada)

Durant les années 1950 et 1960, les Innu nomades subirent les pressions du gouvernement canadien et de l’Église catholique pour se fixer dans des villages.

 

La transition pour eux fut difficile et traumatisante. La vie sédentaire en communautés est marquée par un haut degré d’alcoolisme, de drogue (reniflement d’essence) chez les enfants, de violences et un taux record de suicides.

 

Beaucoup d’Innu luttent toujours pour retrouver leur mode de vie traditionnel mais c’est devenu très difficile, le gouvernement attribuant des concessions minières sur leurs terres, inondant le cœur de leur territoire pour la construction d’usines hydro-électriques et sillonnant le reste par des routes.


LES WICHI
(Argentine)
L’introduction du bétail a transformé leur territoire en un désert sablonneux et aride les rendant vulnérables à des périodes de disette et même de famine et plus dépendants, pour leur survie, d’emplois occasionnels chez des étrangers.

Ces cent derrnières années, leur territoire a été systématiquement envahi, les coupeurs de bois ont abattu la forêt, les colons ont introduit le bétail.

Les Indiens ont été privés de leurs terres et de leurs moyens d’existence. Depuis 1966, les autorités de la province de Salta leur promettent de reconnaître leur territoire, mais n’ont jamais tenu parole.

 

Bien au contraire, elles ont partie liée avec les propriétaires terriens pour continuer à refuser de reconnaître le droit des Wichí, distribuant la terre à des colons et autorisant la déforestation.

 

Le gouvernement local projette de construire une route principale pour connecter le Paraguay au réseau d’autoroutes nationales, ouvrant ainsi la voie à l’intensification du trafic commercial.


LES YANOMAMI
(Brésil)
Il n’est pas possible de dire avec certitude depuis combien de temps ils occupent cette terre mais il est probable qu’ils y sont depuis les débuts du peuplement de l’Amérique du Sud, vieux peut-être de cinquante mille ans.

Durant les années 1970 et 1980 les Yanomami ont considérablement souffert de l’invasion des chercheurs d’or sur leurs terres. Les orpailleurs les tuaient, détruisaient leurs villages et leur apportaient des maladies contre lesquelles ils n’ont pas d’immunité; en 20 ans 20% d’entre eux sont morts.


Le Brésil refuse toujours de leur reconnaître la propriété de leurs terres, malgré le droit international dont ce pays est signataire.


Dans la classe dirigeante brésilienne, nombreux sont ceux qui voudraient réduire le territoire yanomami et l’ouvrir aux chercheurs d’or et à la colonisation. L’armée veut aussi maintenir sa présence dans la région et projette de construire de nouvelles casernes.


LES BUSHMEN
(Botswana)
Les Bushmen représentent une population d’environ 100 000 personnes dispersées dans plusieurs Etats africains : le Botswana, la Namibie, l’Afrique du Sud et l’Angola où ils vivent depuis des dizaines de milliers d’années.

Au début des années 1980, on découvrit d’importants gisements de diamants dans la réserve. Peu de temps après, des représentants du gouvernement se rendirent dans la réserve et annoncèrent aux Bushmen qu’ils devaient partir en raison de la présence de ces gisements sur leur territoire.

Trois vagues d’expulsion eurent lieu en 1997, en 2002 et en 2005 au cours desquelles la plupart des Bushmen furent chassés de la réserve. Leurs huttes furent démantelées, leur école et leur poste de santé furent fermés, leurs sources d’eau détruites.

 

Ils vivent actuellement dans des camps de relocalisation situés en dehors de la réserve. Rarement autorisés à chasser, ils sont arrêtés et battus lorsqu’ils sont pris sur le fait et sont devenus dépendants des rations alimentaires distribuées par le gouvernement. 

 

S’ils ne retournent pas sur leurs terres ancestrales, leur culture et leur mode de vie uniques seront détruits et ils disparaîtront.


LES NUBA
(Soudan)

Pendant des siècles, les Nuba ont dû se défendre contre les recruteurs d’esclaves et autres ennemis. Ils sont généralement traités comme des citoyens de seconde zone et sont victimes de discrimination au sein de la société soudanaise.

 

A partir des années 1960 leurs plaines ont été accaparées par d’énormes fermes commerciales, possédées par des hommes d’affaires liés au gouvernement islamiste; ceux qui refusent d’abandonner leurs terres sont harcelés, emprisonnés ou assassinés.

 

Les Nuba sont aussi pris en tenailles dans la longue guerre civile qui met aux prises le gouvernement et les rebelles du sud; leurs villages sont bombardés, beaucoup sont assiégés, la population est déportée et internée dans de prétendus ‘camps de la paix’ qui sont en réalité des camps de concentration.

 

Le gouvernement n’autorise pas l’assistance étrangère dans la région. Une récente initiative américaine offre une chance à la paix et laisse espérer que l’aide atteindra la région.

 

LES OGIEK (Kenya)

Dès les débuts de l’ère coloniale, il y eut des tentatives pour chasser les Ogiek de leur forêt ancestrale, sous prétexte qu’ils la dégradaient.

Cependant, le départ des Ogiek ne protège pas leur forêt qui est livrée à l’exploitation forestière et aux plantations de thé, parfois propriétés de fonctionnaires du gouvernement.

 

Dans certaines régions de la forêt mau, des groupes d’Ogiek résistent à l’expulsion mais d’autres doivent faire face à l’afflux de colons sur leurs terres.

 

La plus grande menace qui pèse sur eux actuellement vient du projet gouvernemental de concéder environ un dixième des forêts du Kenya (dont la plus grande partie est située dans la forêt mau) à des exploitants extérieurs.

Ce qui ouvrira la voie à un afflux de colons, de coupeurs de bois et de planteurs de thé.

 

LES PYGMEES (Afrique centrale)

Les Pygmées voient leur forêt tropicale humide menacée par les coupes de bois, eux-mêmes sont chassés par les colons. En certains endroits ils ont été expulsés et leur terre a été déclarée parc national.

 

Ils sont continuellement privés de leurs droits par le gouvernement qui ne considère pas ces habitants de la forêt comme des citoyens égaux. Au Cameroun, la vie des Bagyeli est bouleversée par la construction, à travers leur territoire, d’un oléoduc financé par la Banque mondiale.

 

Les Batwa de l’est de la RDC, du Rwanda, du Burundi et de l’Ouganda ont vu presque toutes leurs forêts détruites et survivent difficilement comme ouvriers agricoles ou mendiants.


LES WANNIYALA AETTO
(Sri Lanka)

Dans les années 1950, le gouvernement du Sri Lanka a ouvert le territoire des Wannyala-Aetto aux colons cingalais. Les forêts furent rasées au bulldozer, les terrains de chasse inondés et des milliers de colons vinrent s’installer.

 

En 1983, le dernier refuge forestier des Wanniyala-Aetto devint le parc national de Maduru Oya et ses habitants furent déplacés dans des villages gouvernementaux, avec l’interdiction de retourner dans la forêt sans autorisation.

 

On leur a également interdit la chasse et la cueillette. La transition vers ce nouveau mode de vie n’est pas allée sans difficulté et de nombreuses familles parviennent tout juste à produire assez de nourriture sur les petits lopins octroyés par le gouvernement. Les enfants sont éduqués dans la langue et la religion de la population cingalaise dominante.

Alcoolisme et maladies mentales sont monnaie courante dans ces nouvelles communautés. A partir de 1998, quelques hommes ont obtenu des permis de chasse et de cueillette sur une petite portion de leur forêt, mais ceux qui ne disposent pas d’un permis continuent de risquer amendes et emprisonnement s’ils sont découverts.

 

Ces dernières années, trois Wanniyala-Aetto, tous détenteurs d’un permis, ont été abattus par des gardes du parc. De nombreux Wanniyala-Aetto désirent retourner sur leur terre de Maduru Oya.

 

LES ABORIGENES (Australie)

Moins d’un siècle après la première invasion de l’Australie, la population aborigène, qu’on estimait alors à près d’un million, était tombée à 60 000.

Puis pendant la majeure partie du XXe siècle, les massacres généralisés ont laissé place à une politique officielle consistant à retirer les enfants aborigènes à leurs parents et à les placer dans des familles blanches ou dans des institutions missionnaires dans le but d’effacer toute trace de la culture et de la langue aborigènes.

 

Aujourd’hui encore, les Aborigènes sont toujours confrontés au racisme et à la violence, et beaucoup d’entre eux vivent dans des conditions matérielles déplorables.

 

Conséquence directe de cette situation, leur taux de mortalité infantile et de suicide sont très supérieurs au reste de la population tandis que leur espérance de vie est beaucoup moins grande.

 

Ils constituent également une portion anormalement élevée de la population carcérale. Bien que le principe raciste de ‘terra nullius’ fut définitivement annulé par un jugement marquant en 1992, le gouvernement utilise tous les moyens pour faire obstruction aux revendications territoriales des Aborigènes.

 

LES JARAWA (Inde)

Depuis 1991, le gouvernement indien a mis en place un programme de sédentarisation dans des villages gouvernementaux, programme qui s’est accéléré lorsqu’en 1998, quelques Jawara ont commencé à sortir de leurs forêts pour visiter les villages et les campements environnants.

 

En 1999, un avocat local a engagé une procédure juridique pour tenter de forcer les indigènes à se sédentariser.

Dans le monde entier, de telles sédentarisations et assimilations forcées se sont révélées fatales à des peuples nouvellement contactés.

 

La sédentarisation en villages fixes favorise la propagation de maladies contre lesquelles ils n’ont pas d’immunité, le changement brutal de leur mode de vie détruit leur sens de l’identité et leurs liens sociaux, la dépendance forcée entraîne des dépressions et souvent de l’alcoolisme chez les survivants.

 

Les Jarawa ne sont plus que 270.

 

LES SENTINELES (Océan Indien)

Les tribus isolées des îles Andaman qui se sont fait connaître dans les médias pour avoir tiré des flèches sur un hélicoptère les survolant peu après le tsunami du 26 décembre 2004, sont aujourd'hui menacées d'être totalement anéanties par les colons qui envahissent leurs îles.

Ces tribus ont survécu au tsunami malgré le puissant impact de la vague sur leurs îles. Les membres de l'une de ces tribus ont expliqué que, voyant la mer se retirer, ils ont su qu'il leur fallait se réfugier dans les hauteurs.

 

Les Sentinele sont précisément ceux que l'on a montrés tirant des flèches sur l'hélicoptère, ils résistent à tout contact avec les étrangers qui approchent leur petite île.

 

C'est une tragique ironie de voir ces tribus uniques, dont les liens intimes avec leur environnement leur ont permis de survivre durant 60 000 ans dans les îles Andaman, être aujourd'hui menacées par d'autres êtres humains.

 

LES GRANDS ANDAMANAIS (Océan Indien)

Les Grands Andamanais, qui ne sont plus que 40, ont été évacués de Strait Island après le tsunami, mais ils y sont retournés depuis.

 

LES SHOMPEN (Océan Indien)

Les Shompen, qui sont relativement isolés vivent sur la Grande Ile Nicobar et leur population au dernier recensement s'élevait à 398. Ce sont des chasseurs-cueilleurs qui vivent principalement dans les forêts intérieures de l'île. Neuf Shompen ont été emportés par le tsunami.

 

LES JUMMA (Bangladesh)

Durant les 50 dernières années, les Jumma, qui étaient pratiquement les seuls habitants des Hill Tracts, sont devenus minoritaires, démographiquement surpassés par les colons.

 

Tout en ayant été chassés par ces derniers auxquels on attribue les meilleurs terres, les Jumma ont longtemps été confrontés à une violente répression de l’armée.

 

Depuis l’indépendance obtenue en 1971, les Jumma ont été assassinés, torturés, violés et ont vu leurs villages incendiés au cours d’une campagne génocidaire.

 

Un parti politique jumma, le Jana Samhati Samiti, qui comporte une branche militaire, fut formé en réponse à ces attaques.

 

En 1997, les Jumma signaient avec le gouvernement un accord de paix qui mit fin à certaines des pires atrocités commises à leur encontre.

 

Cependant, bien que la situation se soit quelque peu améliorée, les Jumma continuent de subir des violences et la spoliation de leur terre.

 

LES KHANTY (Russie)

Dans les années 1930, sous le régime soviétique, les Khanty furent persécutés : leurs enfants enlevés et placés dans des internats, leurs chamanes tués.

 

Aujourd’hui, ils sont menacés par les compagnies pétrolières. L’exploitation du pétrole sur leurs terres pollue leurs forêts et leurs lacs sacrés, tue les rennes et effraie le gibier.

 

Les compagnies se déplacent sans les consulter ou les trompent par de fausses promesses d’indemnités compensatrices. De nombreux Khanty ont été chassés de leurs terres et ont perdu tout leur troupeau.

 

Ils en sont réduits à vivre dans des ‘villages nationaux’ loin de leur territoire de chasse ancestral et sont devenus dépendants de l’administration et des compagnies pétrolières pour leur survie.

 

LES PENAN (Malaisie)

Traditionnellement nomades, la plupart des Penan, dont le nombre est de 10 à 12 000, sont aujourd’hui sédentarisés en communautés mais continuent de dépendre étroitement de la forêt pour leur subsistance.

 

Le gouvernement d’Etat de Sarawak ne reconnaît pas les droits territoriaux des Penan. Depuis les années 1970, tous les peuples indigènes du Sarawak ont été spoliés de leurs terres pour faire place à l'exploitation forestiére.

 

En 1987, plusieurs communautés penan ont protesté contre la déforestation de leurs terres en bloquant les routes pour empêcher les compagnies de pénétrer plus en avant sur leurs territoires. Plus d’une centaine de Penan ont été arrêtés.

 

Les Penan poursuivent leur mouvement de résistance et continuent d’ériger des barrages contre les compagnies. Certains sont parvenus à empêcher les compagnies de pénétrer sur leurs terres, mais d’autres n’ont pu s’opposer à la destruction de leurs forêts.

 

Dans les zones où tous les arbres à bois précieux ont déjà été abattus, les compagnies achèvent de défricher la forêt pour y planter des palmiers à huile.

 

Le gouvernement de Sarawak projette également de construire douze nouveaux barrages hydroélectriques, qui inonderont de nombreux villages penan.

 

LES PEUPLES DE SIBERIE (Russie)

Aujourd’hui les plus gros problèmes sont ceux posés par la dégradation de l’environnement causée par l’exploitation du pétrole, du gaz naturel, des industries du bois et par l’opacité qui entoure la question des droits sur la terre.

 

LES TRIBUS DE PAPOUASIE (Papouasie)

Mis à part le Brésil, l’île est l’endroit du monde où se trouve le plus grand nombre de populations non contactées.

Au total, les indigènes se répartissent en 312 ethnies environ.

 

Les Papous occidentaux ont grandement souffert de la violente occupation indonésienne depuis 1963.

 

L’armée indonésienne s’est rendue coupable de nombreuses violations des droits de l’homme, les militaires, racistes, considérant généralement les indigènes à peine plus que des animaux.

 

Les ressources naturelles du pays ont été exploitées pour le plus grand profit du gouvernement indonésien et des milieux d’affaires étrangers mais aux dépens des Papous et de leurs terres.

 

La présence de l’armée engendra immanquablement les violations des droits de l’homme tels que meurtres, arrestations arbitraires, viols et torture.

 

Les Papous qui s’opposent au gouvernement indonésien, aux militaires ou aux ‘projets vitaux’ sont encore plus exposés à ces violations.

 

LES UDEGE (Russie)

Au début des années 1990, la ‘division-bois’ de la compagnie sud-coréenne Hyundai avait projeté de défricher de vastes espaces de la forêt, ce qui aurait dévasté les terres et l’environnement des Udege et détruit leurs moyens d’existence.

 

Une compagnie russe, Terneiles, a formé les mêmes projets récemment. La plupart des Udege veulent que leur territoire soit déclaré ‘Territoire à usage de ressources naturelles traditionnelles’, ce qui le protégerait contre de telles menaces.

 

 

(La France) aussi doit protéger d'anciennes tribus. Six ethnies amérindiennes sont présentes sur le territoire français de Guyane. Leur survit n'a rien de comparable avec ceux dont on vient de parler cependant la France a un devoir de protection envers ses concitoyens.

Les wayanas,  Les galibis, les Wayampis, Les Emerillons, les Arawaks et les Palikours.










Certaines ethnies vivent sur les côtes et d'autres à l'intérieur du pays. 

Au début du XVIIème siècle, on comptait 17 tribus différentes, soit au total 30 000 personnes. Trois siècles plus tard, il ne restait que quelques centaines d'amérindiens, pour la plupart décimés par des maladies virales contractées auprès des européens. On assiste, depuis la seconde moitié du XXème siècle, à une augmentation démographique, liée principalement à une meilleure assistance sanitaire. Mais les premiers habitants de ce pays ne représentent plus que 3% de la population guyanaise.

Les principales implantations Amérindiennes sont :

  • 500 Wayampi sont installés sur le Haut-Oyapock
  • 1000 Wayana vivent au bord du Maroni
  • Quelques dizaines d'Émerillon vivent sur le Moyen-Oyapock, à Camopi
  • 350 Arawaks vivent près de St.-Laurent-du-Maroni, Mana et Cayenne
  • 500 Palikur sont installés sur le Bas-Oyapock
  • 2000 Galibis se répartissent sur St.-Laurent-du-Maroni, Mana, Iracoubo et Kourou. C'est cette ethnie qui vivant sur la bande côtière au contact des occidentaux, a le plus assimilé notre culture. Certain vivent même en ville.

 

Tous ces peuples sont en danger. La disparition de certains individus, préfigure la dernière étape d’un génocide du XXIe siècle. Contrairement aux horreurs de la Seconde Guerre mondiale ou aux meurtres de masse rwandais, le génocide des peuples indigènes se produit dans les régions les plus reculées du monde, à l’abri du regard et de la réprobation de l’opinion publique. Et même si ce génocide ne concerne que quelques individus, le résultat ultime est le même. C’est un peuple entier qui disparaît. Les peuples indigènes ne seront en sécurité que lorsque cette terrible injustice à leur égard sera élevée au même rang que l’esclavage ou l’apartheid’.

Pourquoi alors ne pas condamner de crime contre l'humanité toutes les personnes qui persecutent ces derniers individus et toutes les personnes qui protégent les persecuteurs ?


La France dans son rôle sur la scéne internationale a son mot à dire...


Fred Guyonnet

Source : http://www.survivalfrance.org

Publié dans Dossiers

Commenter cet article