Comment les banques et les entreprises se préparent à la sortie de l'euro

Publié le par A.P.ré. (Jean Claude Bayau Daban)

Comment les banques et les entreprises se préparent à la sortie de l'euro

Même si tout se fait dans la plus grande discrétion, l’Autorité de contrôle prudentiel qui contrôle les établissements de crédit et assureurs français a demandé aux banques d'anticiper leur exposition à un défaut grec. Et les entreprises essaient elles aussi d'élaborer des plans d'urgence.

 
Les préparatifs se font dans un certain secret, dicté par les incertitudes : si la Grèce sortait de l’Euro, sous quelle forme cette sortie aurait-elle lieu ?

Les préparatifs se font dans un certain secret, dicté par les incertitudes : si la Grèce sortait de l’Euro, sous quelle forme cette sortie aurait-elle lieu ? Crédit Reuters

La panique fait rage sur les marchés financiers, les intervenants se demandent tout haut si la Grèce pourra rester dans l’Euro malgré ses problèmes actuels, ou si ses partenaires préféreront l’abandonner et la laisser retrouver la drachme. Crédible ou pas, ce scénario se doit d’être exploré par les analystes de risques des multinationales et en particulier par les banques : leur mission, penser à tout et être prêt à toute éventualité, en particulier pour les plus exposés.

En France, les banques auraient toutes mis sur pied des plans de crise sur la Grèce, afin de répondre à la demande de l’Autorité de contrôle prudentiel qui contrôle les établissements de crédit et assureurs français. En effet, l’enjeu est important : les pronostics de pertes, très variables selon les sources, se chiffrent en dizaines ou centaines milliards d’euros, les estimations variant selon le degré de défaut de la Grèce – partiel ou total – estimé par les intervenants. Pour les seules banques françaises, l’exposition serait de l’ordre de 50 milliards d’Euro.

Les scénarios les plus pessimistes parient également sur une contagion aux autres pays méditerranéens, dont les conséquences sont quasiment impossibles à quantifier. Dans cet environnement, il est primordial pour les banques d’annoncer publiquement qu’elles ont pris toutes les mesures nécessaires, pour rassurer le public et éviter d’être ainsi contaminées par la crise.

Discrétion

Néanmoins, les vrais préparatifs se font dans un certain secret, tout d’abord dicté par les incertitudes : si la Grèce – et peut être d’autres pays après elle – sortait de l’Euro, sous quelle forme cette sortie aurait-elle lieu ?

Ici, les hypothèses n’ont pas de limite : création d’une « zone mark » autour de l’Allemagne, partage entre euro du Nord et euro du Sud, désintégration orchestrée ou désordonnée de la zone euro, défection d’un ou de quelques pays.

Ensuite, la discrétion est un atout dans certaines situations. Par exemple, s’il s’agit, par précaution, de se défaire d’une masse importante de titres grecs, espagnols ou italiens, il convient de le faire sans alerter le marché, pour limiter les pertes. Notons au passage que, quelles que soient les précautions prises, ce comportement, qui est généralisé, aura pour effet de changer en prophétie autoréalisatrice les doutes exprimés quant à la solvabilité des pays concernés.

Détails techniques

Ensuite se posent les questions informatiques et juridiques : comment faire face à l’ajout d’une nouvelle monnaie – l’occasion pour les consultants en informatique de vendre une mise à jour à quelques millions d’euros – et quels seraient les impacts juridiques d’un retour à une monnaie nationale ?

La question est cruciale, s’agissant de contrats de prêts ou d’émission de titres, en particulier pour les obligations : sera-t-on remboursé en euros ou dans une monnaie locale dévaluée ? Et dans ce cas, sera-t-il possible d’obtenir des dédommagements du débiteur obligataire ?

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