Autan le dire (Rubrique de Patrick Crasnier)

Publié le par A.P.ré. (Frédéric Guyonnet)

AUTAN LE DIRE

Enfin ! Quand vous lirez ces lignes nous serons à quelques heures du premier tour des élections présidentielles. Aujourd’hui, après une campagne électorale longue, pas toujours facile à suivre, en particulier du fait du manque de lisibilité des candidats. J’aimerais poser un peu ma plume et, avec vous, tirer quelques enseignements de cette campagne peu ordinaire.

En premier, même si beaucoup affirment qu’elle à été creuse et plate, je ne suis pas du tout d’accord. Jamais depuis que les élections au suffrage universel existent, hormis peut être la première campagne en 1965, les électeurs n’avaient autant participés. Cette première constatation est à mes yeux très importante, il y a très longtemps que les Français ne s’étaient pas autant intéressés à la politique. A ce titre cette campagne électorale est particulièrement intéressante.

Beaucoup disent que les grands sujets n’ont pas été abordés, que les projets de fond n’ont pas été débattus. Je ne suis pas d’accord non plus avec ces affirmations, faites souvent pas les journalistes. En effet, je crois plutôt que la qualité des meetings, des débats est cette année particulièrement intéressante. Bien sur pas de grands débats télévisés pour ce premier tour, pas de manifestations hurlantes des candidats que les journalistes auraient aimés. Mais par contre de nombreuses réunions, petites, moyennes ou grandes, pour lesquelles les médias ne se sont pas déplacés, mais qui étaient passionnantes par les débats qui s’y déroulaient.  Si les sujets importants n’ont pas été développés dans les médias, c’est peut – être que les journalistes ne posaient pas les bonnes questions. Il a été rare de sortir des petites polémiques, des petites phrases, et j’ai constaté pour ma part que le jeu des questions aux candidats n’était que rarement à la hauteur de l’enjeu. Par contre nous avons eu droit à toutes les délations en tout genre,  les questions sur la vie personnelle, et même dernièrement un papier sur la personne du candidat Sarkozy alors que c’est sont projet qui devrait intéresser les lecteurs et pas la personne. Cette campagne à donc  été très intéressante à suivre sauf dans de nombreux médias qui sont restés au niveau du people, des paparazzis et du sensationnel.

Une troisième chose m’a aussi beaucoup intéressé dans cette campagne, c’est le mouvement politique qui s’est crée depuis maintenant six mois. Depuis plus de 30 ans maintenant (depuis Giscard D’Estaing) il n’y avait plus vraiment de parti de droite. Dès qu’un candidat se disait de droite il était blâmé, il s’excusait presque d’être de droite. Les candidats se réclamant des partis de droite tout en s’excusant proposaient une politique du centre ou de gauche. Le dernier en date fut Jacques CHIRAC qui à dirigé la France sans problème avec Lionel Jospin et qui aurait pu militer pour des candidats comme Strauss Kahn. Les électeurs de cette droite républicaine ne savaient plus où se situer, les extrême récupéraient injustement beaucoup de ces électeurs et la gauche n’avait rien à faire que d’attendre. Attendre tout en fustigeant la droite qui pour eux était l’extrême droite.

Rien de tout cela cette année, la droite républicaine ne s’excuse plus, Nicolas Sarkozy à rendu aux électeurs de droite leur fierté et leur désir de voir un président de droite au pouvoir. Cette affaire n’arrange pas bien sur le parti socialiste qui ne sait plus comment argumenter pour se démarquer et démarquer sa politique (qui était aussi la même pendant longtemps que celle des élus de droite complexée.) Critiquer Le Pen en faisait croire que la droite c’est cela ne prend plus, faire peur avec la politique de droite ne prend plus non plus car les Français ont expérimenté le reste depuis plus de trente ans et en ont assez. Développer un programme véritablement socialiste au sens propre des idéologies ne leur permet pas de récupérer des électeurs sauf un peu sur leur gauche. Tout ceci concoure donc à faire de cette campagne une campagne riche et intéressante. Bien sur dans l’affaire c’est François BAYROU qui remporte l’intérêt. Il se situe exactement là où les électeurs qui sont juste un peu de droite mais pas trop, ou bien les électeurs qui sont juste un peu de gauche mais pas trop, se situent. Il est en place pour remporter les suffrages de tous ceux qui voudraient que cela dure encore longtemps. Je crois qu’il faut le dire, si nous voulons que la politique change, ce serait une catastrophe de le voir arriver au pouvoir.

Pour terminer, juste un mot de ce que l’on appelle les petits candidats. D’abord ils ne sont plus que huit alors qu’ils étaient douze  en 2002, c’est déjà un plus. Dans ce décompte ils sont plus de la moitié à se battre pour les voix trotskistes qui représentent des idéologies du passé. Ce qui est intéressant c’est qu’à  huit, dans les sondages, ils ne dépassent pas dix à douze pour cent des intentions de vote. Ce qui permet de constater que 90% des électeurs se situent sur l’échiquier des grands candidats, c’est une maturité évidente des électeurs cette année. De plus, et c’est là une excellent nouvelle, lorsque j’étais étudiant en 1968, le parti communiste était à plus de 20% du fait certainement des arrangements d’après guerre, la bonne nouvelle c’est qu’aujourd’hui il ne dépassent pas deux pour cent et là, pour une bonne nouvelle, c’est une bonne nouvelle !

Publié dans Dossiers

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Delaire Jacques-Daniel 21/04/2007 12:57

Tout à fait d\\\'accord avec notre ami Patrick, sauf que dans le débat, l\\\'Europe est un peu passée à la trappe, comme si c\\\'était un sujet qui gêne les grandes formations ! Nicolas Sarkosy a abordé le sujet sans grandes avancées, notament pendant le meeting de Toulouse et nous avons bien compris que les 55/100 de votants pour le NON (gauche+droite) ne l\\\'interssait toujours pas...
Ceci dit, il a peut-être raison, car il faudra bien relancer cette affaire !
Pour le reste, il n\\\'y a en fait que 2 solutions politiques : celle de Gauche qui est dans le toujours plus et le vote de bon sens irréaliste pourvu que l\\\'on vote  Royal et le vote de bon sens pour remettre la France sur les rails de la compétitivité internationale, sans oublier les français actifs et donner leur chance aux exclus !
Dimanche sans hésiter, je vote pour la France qui gagne, je vote Sarkosy, et je crois que l\\\'on sera très nombreux !