Edito de Patrick Crasnier

Publié le par A.P.ré. (Frédéric Guyonnet)



AUTAN LE DIRE


En entreprise, quand le président décide d’une réorganisation parce que les résultats sont absents, il est rare qu’il fasse appel aux anciens cadres qui ont été mis en retraite, qui ont échoué, ou  qui ont été licenciés. Au parti socialiste ce n’est pas un problème, le renouveau se fera avec ceux qui ne veulent pas décrocher.

 

Ségolène ROYAL a cédé, elle a fait appel aux plus anciens du parti, y compris Lionel JOSPIN qui était soi disant en retraite « définitive » à l’île de Ré. Bien entendu cela était prévisible, jamais je n’ai cru un moment qu’ils la laisseraient faire cavalier seul. Plus encore, jamais ils accepteraient de ne plus posséder le pouvoir. Cette réorganisation sent un peu le réchauffé, elle à un peu le goût de la réunion du soviet suprême, des temps passés ou le parti communiste voyait ses cadres céder leur place uniquement avec la mort.

 

J’avais cru avec un slogan comme « désir d’avenir » qu’il y aurait un renouveau de ce parti. J’avais cru que le désir serait au rendez vous. Je crains, à entendre les jeunes militants que ce ne soit pas encore arrivé. J’avais aussi cru que Ségolène ROYAL parlerait d’avenir, je n’y crois plus, elle aura droit uniquement au passé.

 

Le retour aux affaires des anciens, qui tous ont eu leur heure de gloire à n’en pas douter, qui aujourd’hui ne représentent plus rien pour l’avenir, le renouveau ou la rupture est une véritable erreur.

 

N’oublions pas que Ségolène ROYAL a été choisie par les militants parce qu’elle représentait autre chose. Elle était l’incarnation d’un désir de changement, d’une ferveur qui pouvait laisser penser qu’elle serait en mesure de rassembler plus loin que le parti socialiste. J’avais écris dans ces lignes qu’elle serait inévitablement « récupérée » par les instance du parti, c’est fait !

 

Fallait-il que la peur soit au rendez vous des dirigeants du parti socialiste pour que ce changement si brutal arrive. C’est un véritable virage à 180 degrés, je me demande bien ce qu’en pensent les militants. Surtout les jeunes qui se sont inscrits au parti depuis moins d’un an, avec cet espoir de voir la France véritablement changer de politique.

 

Bien sur Ségolène ROYAL était en baisse dans les sondages, mais quand on sait ce que valent les sondages aujourd’hui, on peut penser que la peur de perdre n’était qu’un prétexte à cette reprise en mains des « Eléphants »

 

Etonnante séquence que celle de cette semaine, où Ségolène Royal abdique ce qui faisait, pensait-elle et tentait-elle de le faire croire, son originalité, sa nouveauté, la distance prise avec les éléphants. Et cette séquence révèle quoi, sinon que

« l’équipe de campagne a intégré le véritable handicap de Ségolène Royal : le doute persistant sur sa compétence »

Comme nous pouvons le constater, ce doute sur la compétence lui a valu ce remaniement. Il est évident que nous voyons là le nouveau gouvernement de Ségolène ROYAL si elle est élue. Ce gouvernement qui représente le passé, les erreurs, les mauvaises manières de faire de la politique et les échecs en tout genre. Sans bien sur oublier qu’un gouvernement est issu des élection législatives et pas des élections présidentielles.

 

Nous avons tout de suite eu les apports de cette équipe. Lundi Ségolène ROYAL était à Clichy sous bois et mettait une gerbe de fleurs en souvenir des deux jeunes morts dans un transformateur. Il n’a pas fallut attendre longtemps pour voir revenir ces affreux moyens de manipulation. Ces méthodes éculées pour faire d’une chose dramatique de la mauvaise politique et surtout chercher à mettre de l’huile sur le feu pour que le désordre puisse leur valoir quelques voix.

 

Les banlieues sont fragiles, faciles à mettre en route vers de nouvelles exactions, José BOVE ne s’en est pas privé en rappelant des termes qui ont été attribués à tord à Nicolas SARKOZY au moment de la crise grave dont tout le monde se rappelle. Cette malhonnêteté intellectuelle, cette manipulation permanente des médias et des personnes fragiles pour servir de basses manœuvres électorales. Tout cela les Français en ont assez, espérons que tout cela ne leur apporte que l’échec.

 

Mais je crains beaucoup, Jospin n’a pas encore intégré ces faits pour comprendre comment il a amené Le PEN au deuxième tour en 2002. Il ne s’est jamais remis en question, selon la bonne habitude de ce parti « c’est toujours la faute des autres » Partant de là il utilisera à coup sur comme les autres les mêmes méthodes que par le passé.

 

Il faut véritablement souhaiter que ceux qui veulent la rupture avec ce passé politique, qui veulent mettre en place de nouvelles façons d’y arriver. Ceux qui cherchent avant tout l’avenir de la France devant l’avenir personnel des membres dirigeants de leur parti. Osons le dire, il serait souhaitable que ceux là gagnent haut la main pour que la France s’en sorte et en termine une fois pour toutes avec cette politique archaïque et néfaste.

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