réunion du 7 décembre 2006 avec Jean Diebold

Publié le par A.P.ré. (Frédéric Guyonnet)

L’Aéronautique n’est pas en crise, elle traverse seulement une période de difficultés passagères habituelles dans ce type d’activité !

C’est dans ces termes que Monsieur Jean DIEBOLD, député Toulousain, vice président de l’UMP, président de la commission « Aéronautique » au parlement s’est exprimé lors de la réunion mensuelle de l’A.P.Ré (Atelier des professionnels réformistes)

En répondant favorablement à l’invitation de son président Jean Louis CHAVOILLON, Monsieur DIEBOLD a conforté le groupe de travail de l’A.P.Ré sur l’importance qu’il y avait à réunir des professionnels, des membres de la société civile avec des personnalités politiques pour débattre d’un sujet revêtant une grande importance pour la région ou pour la France.

Cette réunion de l’A.P.Ré, s’est déroulée jeudi 08 décembre à 20 heures, le sujet en était « L’Aéronautique a-t-elle encore un avenir à Toulouse ? » 

Ce titre sous forme de question a permis à Jean DIEBOLD, particulièrement au courant de par ses fonctions des remous actuels au sein d’Airbus et d’EADS, de rassurer les participants sur la réalité de l’avenir de l’Aéronautique dans notre région.

Il a tout d’abord développé les raisons qu’il y avait à ne pas confondre une crise médiatisée depuis quelques semaines et une difficulté passagère, liée à des problèmes d’industrialisation entre la France et l’Allemagne. Il a affirmé en « connaisseur » ayant travaillé sur le projet Concorde, que l’Airbus A380 était aujourd’hui le meilleur avion du monde. Sans développer longuement cette difficulté industrielle, Monsieur DIEBOLD a minimisé la responsabilité des Français dans ces retards, ils sont dus pour lui à des retards industriels Allemands, ce qui était déjà officialisé dans la presse depuis quelques semaines. Par contre la certification en vol est imminente et les nombreux tests se sont déroulés sans aucun problème, ce qui confirme bien la valeur technique de cet avion gros porteur.

Monsieur DIEBOLD nous a ensuite confirmé le lancement du projet A 350 annoncé officiellement par le groupe Airbus depuis deux jours, il a aussi réaffirmé les actions du gouvernement en faveur du maintien de Toulouse comme « POLE MONDIAL AERONAUTIQUE » et les décisions prises par le premier ministre en faveur des sous traitants inquiets par les annonces faites depuis quelques mois.

Enfin il nous a aussi rassuré sur l’évolution de l’avion militaire A400M qui se fait attendre mais qui est véritablement un projet militaire Européen de premier ordre. Il en a profité pour nous rappeler que la recherche militaire est une aide précieuse pour le civil en disant « voyez la NASA avec BOEING ». Il a aussi rappelé que si nous ne parlons actuellement que des projets d’avenir de l’aéronautique, l’année 2006 était une année où Airbus avait livré plus de 400 avions ce qui ne s’était jamais produit par le passé et que 2007 serait aussi une année record pour les A 320 et A 340. La presse à-t-il dit aime bien ne parler que des trains qui arrivent en retard, jamais de ceux beaucoup plus nombreux qui arrivent à l’heure.

Suite à cette intervention plusieurs questions ont été posées, en particulier par Monsieur ROBARDEY, vice président du conseil économique et social, vice président de la chambre de commerce et sous traitant lui-même avec son entreprise SOGECLAIR. Sa question était avant tout une longue explication pour sensibiliser les politiques à l’urgence qu’il y avait à mettre en place une véritable réorganisation de la filière sous traitante de l’aéronautique. Expliquant que les sous traitants de premier ordre souffraient d’autant plus qu’ils travaillaient sur des projets non encore vendus, les investissements étant dans ce cas d’une importance qui était aussi vitale pour le donneur d’ordre qu’est Airbus. Il a ensuite rappelé que, comme dans l’automobile il y a maintenant plus de quinze ans, il était vital que les sous traitants se regroupent pour avoir des surfaces d’activité plus importantes ( le projet de passer de 3000 à 500 sociétés sous traitants étant de plus en plus d’actualité. )

Bien sur leur échange assez long mais passionnant a largement souligné la dimension sociale de ces réorganisations, Monsieur ROBARDEY affirmant que cette dimension sociale était présente en priorité dans toutes les études.

La faiblesse du dollar face à l’euro a aussi été soulignée comme un véritable handicap empêchant les entreprises d’évoluer dans des projets tout en gardant une véritable rentabilité. Sachant que le marché des avions est mondial et que cette dimension mondiale impose d’être compétitif autant qu’innovant.

Quelques mots ont été dits aussi sur le désir de certains donneurs d’ordre de faire travailler des pays de la zone dollar à faible coût de main d’œuvre, en un mot de délocaliser certaines fabrications. Monsieur DIEBOLD comme Monsieur ROBARDEY ont affirmé que même si cette dimension était réelle et à prendre en compte, elle ne porterait que sur des fabrications à faible valeur ajouté que le développement dans notre région des activités à forte valeur ajoutée étaient créatrices d’emplois beaucoup plus que ceux que nous serions en passe de perdre. Sur ce point l’ensemble des auditeurs n’étaient pas tout à fait d’accord et surtout espéraient que cet optimisme ne relevait pas de la méthode coué.

Enfin pour terminer cette conférence particulièrement bien documentée et intéressante, Monsieur ROBARDEY a annoncé à Monsieur DIEBOLD qu’une commission était crée par la chambre de commerce sur ces sujets, qu’un rapport devait être remis par cette commission avant le 15 mars 2007 et que tous les acteurs intervenants sur ce sujet, politiques y compris seraient impliqués dans cette étude et recherche de solutions pour la sous traitance de l’aéronautique.

C’est donc un rendez vous que la chambre de commerce nous fixe pour réunir notre groupe une nouvelle fois sur ce sujet, nous serons bien sur au rendez vous.

Cette conférence s’est terminée sur une note très optimiste de Monsieur DIEBOLD qui a souligné une nouvelle fois que si Toulouse diversifiait son activité industrielle, en particulier avec la canceropole, il ne faudrait jamais perdre de vue que notre culture industrielle était avant tout aéronautique. L’histoire de Toulouse est liée fortement à cette activité et que c’était dans les problèmes que les compétences de tous devenaient fondamentales. Le mot d’ordre étant : c’est dans la tempête que l’on voit la qualité de l’équipage.

Jean-Louis CHAVOILLON a souhaité sur cette note optimiste de bonnes fêtes, au nom du club de l’A.P.Ré, et a donné rendez vous en janvier prochain.

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