Rencontre avec un de nos adhérents : Monsieur Marceau Hego

Publié le par A.P.ré. (Frédéric Guyonnet)

O CENT POINTS 

 

 

Costumes pour messieurs et tailleurs pour dames, toutes ces 

parures élégantes naissent avec grâce sous les doigts habiles de Monsieur

Marceau Hego.  

 

 

Votre atelier  O CENT POINTS  fait parti des commerces de caractères de Toulouse, quelle charte définie l’appartenance à ce groupe ?  

 

Nous sommes  actuellement 94 commerces dits de caractères à être référencés dans l’ouvrage : Toulouse Boutiques,  collection dirigée par Daniel Pawloski. 

 

Sont mis en valeur :  les artisans qui ont un savoir faire rare et précieux à la compétence reconnue, des enseignes réputées depuis plusieurs générations, des créateurs inventifs, des spécialistes du commerce désireux de faire partager le meilleur de leur trouvailles. 

 

 

Le domaine de la mode est l’un des plus divertissants et des plus gratifiants qui soit, l’important est de garder un sens de l’observation et une ouverture d’esprit, vos collections correspondent-elles plus aux goûts de vos clients qu’aux votres ?  

 

Les vêtements que je confectionne reflètent le goût du client, je me permets de suggérer des idées, d’apporter un zeste de fantaisie, dans le choix du tissu, dans la couleur, mais la réalisation d’un modèle est fait en respectant l’idée de base du client. 

 

 

La création d’un vêtement n’a rien de mystérieux, il suffit de regarder autour de soi pour y dénicher une foule de suggestions prometteuses, la mode de la rue est-elle une référence à vos yeux de créateur ?  

 

Non, les supports de mes créations sont les catalogues de mode. Il arrive aussi qu’un client me porte une photographie et souhaite la même reproduction.  

 

La mode de la rue ne m’intéresse pas, les gens sont mal habillés, sans aucun goût, en général plus les hommes que les femmes , ces dernières apportent souvent un brin de fantaisie à leurs vêtements.  

 

L’homme est beaucoup plus classique, on le voit très souvent avec un costume noir, pourquoi ne pas l’agrémenter  d’une belle cravate de couleur, avec pochette assortie, plus un très beau chapeau !  

 

Paris reste la capitale de la mode, on s’y habille avec beaucoup plus de chic, Les Parisiens osent …. , les Toulousains ont un manque de goût incontestable. 

 

 

La couleur et le tissu comptent parmi les facteurs déterminants du vêtement, ils mobilisent de manière radicale l’allure d’un modèle même lorsque la coupe ne change pas, quel est votre avis ,  

 

J’essaye de faire évoluer le goût de mes clients, de les diriger parfois vers une couleur, vers un tissu plus adapté à leur demande, je suis un créateur, je ne fait pas de prêt à porter donc je prends le temps de discuter avec mon client, je propose et lui décide.  

 

J’achète mes tissus à l’étranger : pour les dames les tissus proviennent d’Italie et d’Espagne, pour les messieurs je fais venir mes tissus d‘Italie et d’Ecosse. 

 

 

Avez-vous souvent à répondre à des demandes très précises pour la création de vêtements, robes du soir….  

 

J’ai des clientes qui arrivent avec leur propre esquisse, nous terminons ensemble leur projet, ou bien,  elles veulent la reproduction  d’un vêtement qui leur a plu, qu’elles ont vu dans un magazine de mode.  

 

A l’heure actuelle les robes de mariés se font de toutes les couleurs et bien souvent avec du tissus fantaisie. 

 

 

Les dessins doivent décrire le projet avec clarté et précision, à quel moment de la journée créez-vous ?  

 

Je n’ai pas de moment précis pour dessiner, faire quelques ébauches d’un futur vêtements, la seule chose c’est qu’il me faut c’est le calme, la tranquillité. 

 

Je travaille du lundi au samedi non stop, le dimanche matin je suis aussi dans mon atelier,  et je ne prends qu’une semaine de vacances par an. 

 

 

Quel est votre couturier préféré ?  

 

Sans hésiter Karl Lagerfeld , j’aime son style, son originalité, et je dirai aussi  Jean-Paul Gauthier pour les hommes, pour sa fantaisie. 

 

 

Pouvez-vous me commenter la phrase de l’écrivain Oscar Wilde :  « La mode est une forme de laideur si intolérable que nous devons la modifier tous les six mois.  

 

Une ligne de vêtements, un tissu, des couleurs, peuvent être « à la mode »,  mais tout le monde ne peut pas porter le même style de vêtements, la même forme, ce n’est pas parce que l’on voit dans des magazines un modèle qui ressort pour une saison que cela va à tout le monde.  

 

Il y a beaucoup de chose « moche » dans la mode, essayons simplement de s’habiller avec goût…. 

 

 

Vous arrive t-il le matin de vous dire que vous n’avez rien à vous mettre ?  

 

Rarement, mais cela m’est déjà arrivé. J’ai le choix dans ma garde-robe, une quinzaine de costumes, 150 chemises, 50 pantalons, et un grand nombre de cravates et de pochettes. Il est évident que je recherche toujours une petite note de gaîté, un plus qui mettra en valeur ce que je porte. 

 

 

A quelle époque auriez-vous aimé vivre ?  

 

Les fastes de la cour de Versailles, l’époque du Roi Soleil, je pense que cette période d’histoire de France m’aurait convenu. Il y avait de la couleur dans les costumes, les tissus étaient magnifiques. 

 

 

Avez-vous d’autres passions que l’exercice de votre métier ?  

 

Je fais partie du Lion’s club, j’aime la mentalité de ces membres, l’ambiance, et le coté « social » de ce club ; une fois par mois je participe au réunion du Club de Whisky, nous dégustons mais avec modération… 

 

 

Propos recueillis par Françoise Pellegrino  

 

Vice-présidente de l’Apré                        

Publié dans Dossiers

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