A la Poste, il faut être timbré pour s’opposer au changement de statut !

Publié le par A.P.ré. (Frédéric Guyonnet)

La Poste est une belle institution française qui a été l’une des meilleures du monde, et qui a perdu de son aura, comme souvent en France, parce qu’elle était incapable de s’adapter aux exigences de notre temps.

 

Les postes allemande et néerlandaise ont assuré leur changement de statut dans les années 90 et ont totalement distancé la poste française à l’international, et même sur notre territoire puisque la TNT Post est aujourd’hui le numéro un en France pour le transport des colis et des documents. La Deutsche Post pour laquelle le courrier représente moins du tiers du CA (en France, la Poste : 60%) a acheté des compagnies comme DHL ou Exel. Son activité se situe à 58% à l’international (en France, la Poste : 15%).

 

La Poste française subit donc un retard de 15 ans et doit affronter pour cette raison la concurrence dans des conditions qui lui sont défavorables, et qui à terme menacent l’emploi.

 

C’est donc avec retard que la Poste doit changer de statut et passer de celui d’établissement public à celui de société anonyme afin de réaliser une augmentation de capital et bénéficier de financements complémentaires. Le Président de la République a affirmé l’exigence de garanties fortes qui permettront toutefois à la Poste de demeurer un service public : le capital de la Poste sera 100% public. seul l’État et la Caisse des Dépots et Consignation (CDC) participeront à l’augmentation de capital pour un montant total de 2,7 milliards d’euros, les 4 missions de service public seront maintenus et confortés, le statut des agents de la Poste demeurent inchangés. Par ailleurs, Christian Estrosi, Ministre de l’Industrie, s’est clairement engagé à maintenir la présence de la Poste sur l’ensemble du territoire que ce soit en zone rurale, en zone urbaine sensible ou sur les territoires les plus éloignés. Il s’agit donc d’une opération à la fois juridique et financière nécessaire à la survie et au développement d’une belle entreprise publique dont l’existence était clairement menacée. La situation de la Poste est en effet devenue telle qu’elle ne courait plus le moins du monde un risque de privatisation. Les capitaux privés n’ont pas vocation à s’investir dans des entreprises aussi peu profitables. La Poste affiche une dette de 6 milliards pour un chiffre d’affaire de 18 milliards d’euros. Un simulacre de démocratie est organisé en ce moment pour convaincre les français de l’inutilité d’une mesure absolument nécessaire mais malheureusement trop tardive. Il est assez triste que des responsables politiques soient aussi peu soucieux de l’intérêt général, et à ce point englués dans les manœuvres polémiques qu’ils n’hésitent pas à désinformer le public et à tenter de freiner une évolution positive pour le développement du service public de la Poste et le maintien de ses emplois.


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