Christian Vanneste : La récidive a récidivé

Publié le par A.P.ré. (Frédéric Guyonnet)


Une fois encore, un agresseur libéré trop précocément a récidivé en violant et tuant une victime. Le bon sens ne peut que commenter en disant, comme le faisait Geroges Fenech hier dans C dans l’Air : “Si la peine décidée par les tribunaux au nom du peuple français n’avait pas été défaite par un juge, l’assassin qui avait encore plusieurs années à purger serait encore en prison et la jeune femme serait elle, en vie“. Récemment, à la mi-septembre, j’intervenais dans le cadre du débat sur la loi pénitentiaire, et je disais : “Les statistiques des libérations réussies ne valent rien auprès de la jeune femme violée et assassinée par un agresseur en semi-liberté.” Les faits qui viennent de se produire me donnent malheureusement raison et laissent mal augurer des conséquences de la loi qui vient d’être votée. En contradiction avec toutes celles que la majorité actuelle met en oeuvre pour lutter contre la montée des crimes et des délits et avec succès, puisque ceux-ci ont baissé de 14% entre 2002 et 2008, la loi pénitentiaire consacre sa plus grande partie à défendre les droits des personnes incarcérées, et son deuxième titre, à faciliter la gestion hôtelière de prisons trop pleines, parce qu’elles sont trop peu nombreuses, et que l’on n’a pas fait l’effort d’instaurer les Travaux d’Intérêt Général pour les délits les moins importants commis par des primo-délinquants.

 

Comme je l’ai dit lors du débat, la belle âme qui s’exprime dans la première partie du texte laisse la place dans la seconde partie à un gestionnaire obsédé par l’idée d’accélérer le flux des personnes condamnées à la prison en aménageant les peines afin de diminuer le “stock” des condamnés qui ne peuvent aller en prison faute de places et se trouvent donc impunis. L’article 32 de la loi, que j’ai fortement contesté, impose même une obligation pour les juges de trouver une autre solution que la prison, considérée comme un dernier recours, et ensuite, de réduire ou de remplacer les peines de prison. Certes, Michèle Alliot-Marie a tenu à ce que les récidivistes et les délinquants sexuels soient exclus de ce dispositif. Il n’en reste pas moins que les libérations anticipées et les peines de substitution pourront bénéficier à des condamnés jusqu’à deux ans. J’ai rappelé que Guy Georges ne l’avait été qu’à 18 mois lors de sa première condamnation… Si l’aménagement de la peine peut bénéficier à certains, il peut aussi être perçu par les pervers comme un encouragement fondé sur le sentiment de l’impunité. Il faut espérer que l’on reviendra rapidement sur ce texte pour le mettre en cohérence avec le monde dans lequel nous vivons, car le risque de voir des juges appliquer ce texte au maximum, en prétendant obéir à la loi pour mieux nuire à la politique actuelle, n’est pas à exclure. Ils en ont encore fait la démonstration après la malheureuse intervention d’Eric Besson sur la Jungle de Calais.

 

Par Christian Vanneste

Publié dans Actualités nationales

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