Après le FAMAS, la fin du fusil français ?

Publié le par A.P.ré. (Frédéric Guyonnet)

 

Lebel

Plusieurs siècles d'histoire risquent de s'achever en France, à l'occasion du remplacement de l'actuel fusil d'assaut FAMAS. La perspective est encore lointaine, mais la conception de l'arme date des années 70, avec des premières commandes en 1979, il y a trente ans. Pas étonnant que l'on pense à son successeur. Or, au vu des réflexions actuelles, l'hypothèse d'acheter une arme à un constructeur étranger n'est pas du tout exclue. Ce serait une première dans la lognue histoire de l'infanterie française.  Sans remonter aux mousquets, la première arme reglementaire de l'armée française fut le fusil d'infanterie de 1717, auquel succèda le fusil de 1777 de Gribeauval. Après des modèles intermédiaires (1822, 1853), le Chassepot apparaît en 1866, puis le Gras - qui en est dérivé - en 1874. Arrive ensuite, en 1886, le célèbre Lebel dû au général Boulanger, puis le MAS 36 (en 1936) et le MAS 49/54 à partir de 1949, qui sera remplacé par le Famas. Point final ?

 

Photo : un fusil Lebel, l'arme de la Grande Guerre.

 

L'armée rencontre de sérieuses difficultés avec les munitions du fusil Famas

 

Famas

L'armée de terre rencontre de sérieuses difficultés avec les munitions de 5,56 mm destinées au fusil d'assaut Famas (photo David Monniaux). Plusieurs militaires ont été blessés au cours d'exercice, dont certains au visage. Au sein de l'armée de terre, on reconnait "qu'il y a eu des blessés, mais rien d'extremement grave". Une source évoque le chiffre de 32 cas. Suffisamment en tout cas pour que l'état-major prenne, au début de l'année et de manière assez discrète, la décision d'interdire l'emploi de cette munition, connue sous le nom de F3.

 

Dans sa dernière édition, la lettre d'information TTU avance le chiffre d' "une cinquantaine d'incidents de tirs depuis 2006", un chiffre que ne conteste pas vraiment l'armée de terre. Un militaire, ineterrogé par ce blog, parle d'"une moyenne de deux incidents pour un million de cartouches tirées". Cela semble peu, sauf lorsqu'on sait qu'en 2007, l'armée de terre a tiré un total de 35 millions de cartouches de Famas - ce qui ferait 70 incidents dans l'année.

Une enquête technique est actuellement en cours, mais ses résultats ne sont pas encore connus. Selon un officier, le problème viendrait de la composition métallique de l'étui de la munition, dans un alliage (laiton) a priori moins résistant que l'acier des modèles précédents. Les munitions de 5,56 mm sont un standard international (Otan) et peuvent être employées par les armes du même calibre. Or, le fusil d'assaut français FAMAS a ce que les spécialistes appelle une "culasse non calée", ce qui entraine plus de pression sur l'étui de la munition au moment du tir. Trop de pression, parfois, d'où les incidents.

L'utilisation de la munition F3 est donc pour l'instant interdite et les militaires doivent utiliser les stocks de leur ancienne munition F1 de fabrication française. Le problème est que la France a complètement renoncé à fabriquer ses propres munitions, après la fermeture de l'établissement du Giat au Mans, il y a une dizaine d'années. Il faut donc les acheter à l'étranger, au Royaume-Uni, en Allemagne, en Israel ainsi qu'aux Emirats arabes unis. Selon de premières informations, non recoupées, ce seraient les munitions en provenance de ce dernier pays (société ADCOM)  qui posseraient le plus de problème. Non pas qu'elles soient mal conçues, mais elles ne sont pas réellement adaptées au fusil français. Tout cela ne va pas sans difficulté lorsque l'on évoque le sujet : les Emirats sont des alliés de la France et surtout un futur client pour le Rafale...


Une version avec l'adaptation US du tube lance grenade de 40 (pour le combat rapproché) utilisé par le COS et certaines forces spéciales, qui manque en dotation pour les patrouilles, dans les unités en Afghanistan en autres...!

 

 

 

  JDD

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Publié dans Actualités nationales

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