Halte au feu sur HORTEFEUX

Publié le par A.P.ré. (Frédéric Guyonnet)

Que les propos du Ministre de l’Intérieur aient pu choquer car ils reposent de fait sur une discrimination est parfaitement compréhensible. Le véritable problème que pose cette affaire, c’est celui de la dérive d’une démocratie, fondée sur une première valeur qui est celle de la liberté et qui sombre aujourd’hui dans l’inquisition du politiquement correct.

 

Est-il normal que des réflexions de l’ordre du café du commerce, tenues par un ministre dans une conversation privée, soient manifestement moins libres que les injures proférées par un quelconque rappeur, à l’encontre de la police par exemple?

 

Si nous étions dans une véritable démocratie, soucieuse de défendre la liberté d’expression, nous devrions simplement demander au Ministre d’expliquer clairement sa position sur la question évoquée, c’est-à-dire celle de la diversité ethnique et de sa représentation. Il pourrait tout à loisir, s’excuser, se justifier, ou éventuellement revendiquer. Au moins, nous serions dans un régime de transparence, d’honnêteté intellectuelle et de véritable liberté. Malheureusement, c’est aujourd’hui le bal des hypocrites. Ceux qui manient le trio infernal de la pensée unique, du politiquement correct et du terrorisme intellectuel, sont évidemment bien contents d’avoir pris le ministre en flagrant délit, mais en se livrant à ce jeu, ils révèlent le côté négatif d’internet, qui est de passer de la possibilité du débat participatif, à la chasse aux petites phrases, sans réelle portée politique. La vie politique, et je suis bien placé pour le dire, tend de plus en plus à devenir un parcours de pièges et de chausse- trappes, où « d’aimables journalistes », dénués de la moindre responsabilité, s’efforcent d’enfermer ceux que le peuple a désignés pour exercer un pouvoir légitime. La démocratie ne doit pas être une chasse à courre, les ministres ou les élus du gibier, et d’autres les chasseurs.

 

Internet offre un outil fantastique à la démocratie moderne, permet des débats extrêmement ouverts, avec un degré d’information exceptionnel. Ne dévaluons pas ce vecteur de la liberté pour en faire une prison de la pensée. C’est la dérive évidente à laquelle on assiste aujourd’hui, puisqu’une menace pèse en permanence sur la moindre conversation, sur le plus petit accès de colère, sur la boutade suscitée par l’ambiance. Faisons au contraire en sorte que chacun puisse communiquer le plus clairement sa pensée, quand précisément, son intention est réellement de la communiquer.

 

Christian Vanneste

Publié dans Dossiers

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