Hervé Morin ironise sur la stratégie de François Bayrou

Publié le par A.P.ré. (Frédéric Guyonnet)

«Le centre porte des valeurs qui l'inscrivent dans la grande famille libérale et sociale.»
«Le centre porte des valeurs qui l'inscrivent dans la grande famille libérale et sociale.» Crédits photo : Le Figaro

INTERVIEW - Pour le ministre de la Défense, une candidature centriste à la présidentielle «a tout son sens».

LE FIGARO. Le Nouveau Centre a-t-il encore une spécificité dans la majorité ?

Hervé MORIN. Nous avons construit le Nouveau Centre à partir d'une idée simple : faire renaître l'UDF et ses valeurs abandonnées par François Bayrou entre les deux tours de l'élection présidentielle de 2007. Aujourd'hui, le passage à gauche du MoDem valide notre démarche. Forts de nos 11 000 adhérents, de nos 2000 élus locaux, de notre groupe parlementaire à l'Assemblée, de nos sénateurs et de nos députés européens, nous sommes le troisième parti de France.

Un changement de nom et de logo est-il toujours d'actualité ?

Au-delà de la question du nom, pour moi, une chose est claire : le Nouveau Centre, c'est l'UDF d'aujourd'hui. J'entends bien faire en sorte qu'il incarne, au sein de la majorité, les valeurs de notre famille du centre et du centre droit qui a toujours existé depuis le XIXe siècle. Je défie quiconque de revendiquer l'usage du nom UDF et son héritage !

Que vous inspirent les tractations entre la gauche et le MoDem ?

Entendre, l'année du vingtième anniversaire de la chute du mur de Berlin, Marielle de Sarnez, l'ancienne collaboratrice de Valéry Giscard d'Estaing, annoncer au côté de Robert Hue qu'ils ont plus de choses en commun que de choses qui les opposent est tout simplement sidérant. Quel tandem ! Les électeurs centristes qui ont voté MoDem apprécieront d'apprendre qu'ils ont tellement de choses en commun avec le Parti communiste. Imaginez-vous Valéry Giscard d'Estaing et Georges Marchais travaillant ensemble sur un programme commun ? Personne ne se pose la question de la cohérence de la politique qu'ils mettraient en œuvre ensemble ! Le centre porte des valeurs qui l'inscrivent dans la grande famille libérale et sociale. Tout autre positionnement est voué à l'échec. Je l'avais expliqué en 2007 à François Bayrou, quand il a dit non à Nicolas Sarkozy sans dire oui à Ségolène Royal. Deux ans plus tard, les faits me donnent raison.

Quel bilan tirez-vous des européennes ?

Au regard du score de la majorité, bien au-delà de nos espérances, on pourrait considérer aujourd'hui que l'on méritait davantage d'élus centristes. Mais quand nous avons construit les listes à partir d'estimations qui donnaient entre 15 et 18 députés à la majorité, la répartition nous paraissait équitable. Je suis très fier que le plus jeune député européen, Damien Abad, soit issu du Nouveau Centre.

Le départ du gouvernement d'André Santini, élu du Nouveau Centre, n'a pas été compensé…

La force du Nouveau Centre ne se mesure pas uniquement au nombre de portefeuilles ministériels, même si c'est important pour un parti de gouvernement. Il est tout aussi important de développer le nombre de nos élus locaux et de nos militants pour faire vivre nos valeurs au plus près des Français.

Et donc de présenter vos propres listes aux régionales ?

Notre priorité est de battre la gauche et de placer en situation de responsabilités les femmes et les hommes qui incarneront le Nouveau Centre dans les combats futurs. Nous avons déjà désigné nos chefs de file. Dans le même temps, nous discutons avec nos partenaires de la majorité. Nous prendrons notre décision avant la fin de l'année.

Que pensez-vous de l'entrée de Philippe de Villiers au comité de liaison de la majorité ?

Il a toujours existé au sein de la droite française un courant traditionaliste qu'incarne Philippe de Villiers. Au lendemain de l'échec de Libertas aux élections européennes, c'est Philippe de Villiers qui nous rejoint et non l'inverse.

Faut-il organiser une primaire à droite pour la présidentielle de 2012 ?

Sous la Ve République, les primaires, c'est le premier tour. La présidentielle est la pierre angulaire de la vie politique et sera donc une étape décisive pour le Nouveau Centre. À mes yeux, l'hypothèse d'un candidat incarnant les valeurs du centre, c'est-à-dire un humanisme moderne, une société réconciliée et la défense des libertés, a tout son sens.

 

source : Figaro.fr

Publié dans Actualités nationales

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Gold31 29/08/2009 20:11

Si vous voulez mon avis JD Delaire, Bayrou ( alias " QuasimoDem" ) a sans doute un avenir...mais au sommet du clocher de notre Dame de Paris, ce qui n'est déjà pas si mal, Quasimodo ( le vrai ) étant déjà quant-à lui, une référence...en tant que légende. 

Delaire 29/08/2009 18:12

Bayrou, vous croyez encore en lui, a t'il un avenir ?