Lettre de soutien de Christian Vanneste à Brice HORTEFEUX, Ministre de l’Intérieur

Publié le par A.P.ré. (Frédéric Guyonnet)

Monsieur le Ministre,

 

Il est très réjouissant pour un parlementaire membre de la majorité de pouvoir féliciter un Ministre du Gouvernement pour la rapidité et la lucidité d’une réaction au cœur du mois d’août. C’est ainsi que vous avez immédiatement réagi aux évènements de Royan et en allant sur le terrain. Cela vous a également permis de mettre un terme à une annonce que je considérais absurde et à propos de laquelle j’avais d’ailleurs décidé de vous écrire. C’est la raison pour laquelle je vous envoie ce courrier de soutien que pour ma part j’estime préférable à une lettre que je présumais critique.

 

En effet, alors que d’une part les chiffres de la délinquance ne se sont pas améliorés ces temps derniers et que dans de nombreux secteurs les effectifs de policiers appelés à faire face à cette situation sont en diminution, alors que d’autre part, la situation économique fait peser plus lourdement encore qu’auparavant ses conséquences sur l’emploi des jeunes, l’annonce de la suspension du dispositif des Cadets de la République et donc de l’engagement à ce titre de jeunes demandeurs d’emploi, volontaires pour être candidats au recrutement de la police nationale, paraissait à la limite du contre-sens et de la provocation. Encore une fois bravo d’avoir mis un terme à cette maladresse.

 

Par ailleurs il me semble plus que jamais nécessaire de rappeler l’ardente obligation d’assurer la sécurité des citoyens. Il est consternant de voir et d’entendre un commerçant portant sur son visage des traces de la violence qu’il a subie affirmer qu’il a dû assurer par lui-même cette sécurité à laquelle il a droit et qui ne lui était manifestement pas garantie.

 

On comprend aisément la retenue voire l’inhibition de la police lorsqu’à propos de deux affaires, le décès d’un motard à Bagnolet, et l’incendie de Sevran, les premiers « témoins » interrogés par les médias accusent à tort la police d’être responsable soit de l’accident, soit de la fermeture des trappes d’accès à la toiture du bâtiment. Il me semble que lorsqu’une personne se permet de décrire publiquement un accident qui n’a pas eu lieu, mais qui lui permet de mettre en cause d’une manière fallacieuse la police, elle se livre à une accusation diffamatoire, dont les conséquences sont très graves. Il ne s’agit pas là d’un précédent mais d’une longue pratique que l’on retrouve en permanence lors des émeutes des banlieues, telles qu’elles sont rappelées par exemple dans le livre sur la violence en France de Michel WIEVIORKA. Je souhaiterais savoir quelles suites judiciaires vous comptez donner à ces comportements dont les auteurs méconnaissent à la fois le danger et le caractère délictuel.

 

En vous renouvelant une fois encore mes félicitations, et dans l’attente de votre réponse,

 

Je vous prie de bien vouloir agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de ma haute considération.

Publié dans Actualités nationales

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