Toulouse à l’heure de la politisation à outrance

Publié le par A.P.ré. (Frédéric Guyonnet)


Posté dans 17 août, 2009 dans Démocratie locale - Politique.


J’ai toujours bien aimé, comme élu, les inaugurations, aboutissements d’idées, de projets, de vifs débats parfois, voire même de combats, toujours, en tous cas, résultats d’un travail fait dans l’intérêt général, pour « la Cité ». Pour autant, ni mes prédécesseurs dans la fonction de Maire, auprès de qui je travaillais comme conseiller municipal ou adjoint, ni moi-même,  ne les concevions comme des manifestations politiques : c’étaient pour nous des moments de convivialité populaire, la fête à la population en quelque sorte, à qui était remis un équipement neuf pour qu’elle se l’approprie et en profite. Le mois de juin, propice à ces manifestations, m’a permis de voir que cette conception n’était certainement pas celle de la municipalité actuelle…

 

Jugez plutôt :

. Livraison du premier wagon du tramway de la ligne E qui reliera dans 18 mois Toulouse-Les Arènes à Blagnac-Beauzelle : discours hostile au métro et attaquant violement notre politique des transports et soulignant que ce wagon symbolise le retour du tram à Toulouse tel que le veut la nouvelle équipe ; quand on sait que c’est moi qui ai fait décider ce projet en juin 2004, ai choisi le design « airbusien » des wagons avec Bernard Keller (Maire radical de gauche de Blagnac) et ai lancé le chantier en juillet 2007…

 

. Pose de la première pierre du bâtiment «  Job » aux Sept-Deniers : exaltation des luttes politiques et syndicales autour du bâtiment, depuis les combats des années 90 pour que la production papetière y perdure jusqu’aux actions du comité de quartier faisant pression sur l’ancienne municipalité ces dernières années à propos de l’aménagement du site. On « oublie » de mentionner notre action pour sauver le bâtiment, ma décision de le faire acquérir par la Ville, nos arbitrages rendus en faveur d’un projet ambitieux pour la culture et le sport dans le quartier, etc…

 

. Dévoilement de la plaque « Quai de l’exil républicain espagnol » au port Viguerie, dont nous avons initié l’aménagement pour en faire un agréable lieu de promenade de plus en bord de Garonne. Discours d’un représentant du Parti communiste espagnol affirmant que « La droite politique, économique et religieuse espagnole d’aujourd’hui est l’héritière directe du franquisme », phrase qui provoqua mon départ d’une cérémonie à laquelle j’avais tenu à assister pour marquer mon attachement aux Républicains espagnols de notre ville, avec qui j’ai tissé des liens d’amitié, au-delà de nos fortes différences politiques.

 

A cette liste d’inaugurations transformées en meetings politiques, j’ajouterais les propos de Bernard Lavilliers, à qui la municipalité actuelle avait demandé d’animer le grand concert du 14 Juillet, condamnant au micro Nicolas Sarkozy et exprimant sa joie d’être dans une ville enfin administrée par la Gauche après 37 ans de Droite. Toutes ces prises de paroles ont deux points en commun : elles se font au frais du contribuable local et un seul camp politique s’exprime en monopolisant la parole. Et c’est cela, plus que le fond des opinions émises, qui me choque profondément, car c’est comme si on niait l’existence d’un citoyen sur deux !

 

On est loin de notre esprit de « Toulouse pour Tous », où l’action et la parole municipales se concevaient et  se pratiquaient au service de tous les Toulousains, et non pour une partie d’entre eux seulement. J’avais annoncé, dès l’an dernier, une Mairie sectaire et hyper politisée : nous y sommes, et  les Toulousains commencent à se rendre compte du poids qu’ont désormais au Capitole les considérations partisanes et idéologiques ; même si elles fatiguent beaucoup de nos concitoyens et frisent la mesquinerie.

 

Jean-Luc MOUDENC

Maire de Toulouse de 2004 à 2008

http://moudenc.unblog.fr/

Publié dans Municipales 2014

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