Domanick Murugan : Et l'on voudrait voir la Turquie en Europe ?

Publié le par A.P.ré. (Frédéric Guyonnet)

L'A.P.Ré. soutient Domanick Murugan.

Turquie - Un souvenir à 20 euros : dix ans de prison

Le Mauricien, qui vit avec sa famille dans le Pas-de-Calais, a été arrêté par les douanes turques le 2 mai dernier. Les autorités locales estiment qu’en achetant le fossile souvenir il s’est rendu coupable de trafic d’antiquités.

Domanick Murugan est parti en Turquie, dans la région d’Antalya, pour les vacances de Pâques avec sa femme et ses quatre enfants. Quelques jours avant de rentrer chez lui, dans le Pas-de-Calais, le quadragénaire achète dans la rue à un marchand ambulant un caillou fossile pour la somme de 20 euros.

Juste un petit souvenir, doit-il penser alors. C’était compter sans l’acharnement des douanes turques qui, quelques jours plus tard, juste avant l’embarquement de la famille pour le vol retour en France, trouvent l’objet souvenir et décident alors de placer Domanick en détention immédiate.

Motif : les autorités estiment que le père de famille a acquis une pièce historique, probablement pour en tirer profit dans l’Hexagone. Il se serait ainsi rendu coupable de « trafic d’antiquités ».

Depuis, ce Chocquois d’adoption – Chocques est une localité proche de Béthune – vit des heures plus que difficiles dans les geôles turques. Il se fait voler ses affaires, explique sa femme, rentrée depuis en France, et doit tout acheter avec l’argent qu’elle lui envoie, jusqu’au papier toilettes, afin de pouvoir survivre.

En résumé, Domanick vit toute l’horreur d’une incarcération arbitraire. Domanick Murugan comptait sur une mise en liberté conditionnelle, mais sa demande a été rejetée. Il devra attendre en principe jusqu’au 27 août avant d’être fixé sur son sort.

Malgré tous les efforts de sa femme, Martine, pour alerter l’opinion publique de cette injustice, le problème reste entier. Certes son mari vit en France, mais il n’est pas français, donc son cas ne mobilise pas les politiques. L’île Maurice, que l’homme a quittée à l’âge de 3 ans, ne montre pas plus d’intérêt pour l’affaire.

Aux dernières nouvelles, les autorités turques procédaient à une expertise de la pierre souvenir. La famille attend les résultats avec impatience. En Turquie, la peine prévue pour le trafic d’antiquités varie de cinq à dix ans de prison. Le petit souvenir risque de coûter beaucoup plus cher que 20 euros.

Edition France Soir du jeudi 13 août 2009 page 9

Publié dans Dossiers

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Delaire 27/08/2009 11:05

ASSOCIATED PRESS
De ses vacances en Turquie, Domanick Murugan avait voulu rapporter un souvenir, «un caillou», acheté 20 euros. Incarcéré depuis trois mois, il doit être jugé jeudi pour «trafic d'antiquités».

Martine Murugan patientera dans le pavillon familial de Chocques, près de Béthune, et n'assistera pas au procès de son mari pour trafic d'antiquités, qui se tient jeudi matin en Turquie. «L'ambassade m'a déconseillé de faire le voyage, explique-t-elle. Il y avait un risque que je sois arrêtée sur le territoire turc car nous avons acheté ensemble le caillou», explique-t-elle. Incarcéré depuis plus de trois mois à la prison d'Antalya, une station balnéaire dans le sud du pays, Domanick Murugan risque une peine de cinq à dix ans de prison. L'objet du délit est une pierre achetée 20 € à un vendeur dans une rue de la vieille ville. «Nous voulions juste garder un souvenir de nos vacances, comme les étrangers qui rapportent une tour Eiffel en plastique de Paris, rien de plus», soupire son épouse. Mais les vacances des Murugan et de leurs quatre enfants ont tourné au cauchemar.
Le 2 mai dernier, la famille s'apprête à rentrer en France. Elle vient de passer une semaine dans un hôtel sur la côte, le premier séjour qu'elle s'offrait à l'étranger. À l'aéroport, les bagages passent au scanner de contrôle. «Les douaniers nous ont demandé d'ouvrir la valise où se trouvait la pierre, raconte-t-elle. Puis, ils nous ont mis à l'écart dans un bureau, nous ne comprenions rien, mais ils étaient déjà en train d'écrire des rapports.» Martine Murugan embarque avec ses enfants, mais sans son mari.
Ce mécanicien de 40 ans, de nationalité mauricienne, est la dernière victime d'une législation très stricte de protection du patrimoine turc. Pour lutter contre le pillage des sites, les autorités turques ont interdit l'exportation de tout objet présentant «une valeur géologique, anthropologique, préhistorique, archéologique et historique». Sur son site Internet, l'ambassade de France en Turquie met en garde les voyageurs et précise que «la notion d'antiquité est interprétée de façon très large par la loi turque».
 
Dix autres cas depuis 2000
 
Ainsi, en 2003, Marc Landez, un graphiste parisien, avait passé six semaines en prison : il avait acheté pour 2 € un oursin fossile dans une échoppe de souvenirs en Cappadoce. Le Quai d'Orsay a répertorié dix cas de touristes français emprisonnés depuis 2000. «Il y a trois ans encore, des ressortissants étrangers étaient arrêtés toutes les semaines, explique Bilal Kalayici, l'avocat de M. Murugan, son 17e client pour une affaire de ce genre. Nous avions fait installer des panneaux d'information à l'aéroport et ça s'était calmé, mais ils ont été enlevés.»
Quand le Béthunois malchanceux est arrivé en cellule, un Espagnol s'y trouvait déjà, également accusé de trafic d'objets d'art. Il a été libéré, sans avoir été condamné, au bout de sept semaines. Pour Domanick Murugan, la détention se prolonge. Une première audience s'est tenue le 3 juillet. Les juges ont demandé une nouvelle expertise de la pierre - il y en aura trois en tout - et une recherche Interpol. Le jugement a été reporté au 27 août. Il y a deux semaines, Bernard Kouchner, le ministre des Affaires étrangères, a téléphoné à Ahmet Davutoglu, son homologue turc, pour plaider la cause du vacancier. Jeudi, son avocat s'attend «à 99 % à une libération, le dossier est complet».

crasnier patrick 18/08/2009 18:00

Que je sois d'accord avec jacques daniel n'étonnera personne, mais je voudrais seulement ajouter que nombre de touriste se font avoir par ces marchand de souvenir qui font le beurre dans les épinard des douaniers turcs. Certain se font mettre en prison (ce cas n'est pas le seul) mais nombre payent pour être tranquille. ce chantage qui me rappelle le chantage des policiers en Afrique quand ils arrêtaient un blanc, n'est pas acceptable dans un pays qui veut entrer dans l'Europe. De plus s'il y rentre par malheur ce sont les liis Européennes qui s'appliqueront et là que feront-il.A ce que je sache on ne met pas en prison préventive en Europe un touriste qui a acheté un caillou dans la rue, ou alors si c'est le cas il va falloir mettre en préventive pour longtemps tous ceux qui volent soit un paquet de cigarette, soit une mobilette, soit un auto radio etc.Cette affaire est à ce titre exemplaire et si la France ne fait rien (même si cette personne n'est pas d'origine Française) on peut tout craindre sur les promesses de ne pas accepter le Turquie dans l'Europe, céder devant une telle affaire c'est accepter n'importe quoi.

Delaire 17/08/2009 17:32

Une antiquité à 20 Euros, de qui se fiche t'on Nina d'Istanboul ?!Un vulgaire souvenir bidon payé trop cher, mais une vraie connerie des douaniers pour emmerder un touriste français, c'est cela la vérité et rien d'autres !Connaissant la Turquie, si le "contrevenant" avait su très discrètement donner le billet que le douanier espérait, cela se serait arrangé comme par magie !Nous n'avons décidemment pas la même culture ni la même manière de vivre, donc l'Europe, ce n'est pas tout le tour de la Méditerranée SVP...!

Sergio CASARETTO 15/08/2009 13:42

 
Je me permets exprimer mon désaccord,
Il existe à tord une diabolisation de la Turquie alors que la France n'est pas plus différent.
Lorsqu'il se passe quelque chose en Turquie, la presse s'empare. Faisant un drame.
Lorsque cela se passe en France personne ne prête attention. Violation des droits de l'hommes. Conditions de détentions inhumaines etc. Que dire de l'affaire Yvan Colonna?
La Turquie est un état souverain qui a un droit et des lois. C'est avant tout une République.
Nul n'est censé ignorer la loi. Sauf autorisation, vous ne pouvez pas sortir des antiquité du pays.
Idem en France.
Domanick Murugan semble ne pas avoir respecté la loi.
Il appartient à la justice Turque seulement de trancher. Domanick Murugan sera jugé.
M Sarkozy et lesautorités Françaises n'ont aucun pouvoir et n'ont pas à s'ingérer des affaires turques.
Sergio CASARETTO
 

Nina d'İstanbul 14/08/2009 20:47

Je ne cherche pas à polémiquer mais cependant je ne peux m'empêcher de dire quesi ce Monsieur est innocent  ce qui lui arrive est une erreur judiciaire, cependant le trafic d'antiquité n'est pas légal en Europe. Je trouve le titre de votre billet paradoxal. Je suggère de contacter l'équipe d'archéologues française qui travaille sur le site de Patara proche d'Antalya.bonsoir d'istanbul