TVA à 5,5% dans la restauration, pour qui ?

Publié le par A.P.ré. (Frédéric Guyonnet)

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Il y a quelques années, je me souviens avoir discuté avec André Daguin, en marge du congrès national de l’Union des Métiers de l’Industrie Hôtelière et de la Restauration, que j’accueillais à Toulouse. Il me parlait déjà du combat mené depuis belle lurette par ces professionnels, authentiques ambassadeurs au quotidien d’un certain art de vivre à la française, pour que la TVA appliquée à leurs activités voit son taux ramené de 19, 6% à 5,5%. Jacques Chirac en avait fait une de ses promesses de campagne pour l’élection présidentielle de 2002 (!), mais cela dépendait d’un accord européen que notre Président ne parvint pas à arracher de nos partenaires, ce qui renvoyait sans cesse la promesse aux calendes grecques, au grand dépit de notre tonitruant Gascon. Ce que Chirac a promis, c’est Sarkozy qui l’a fait !

L’Europe - et en particulier les Allemands longtemps hostiles - a donné son feu vert, et nous y sommes : la TVA à 5,5% va entrer en vigueur le 1er juillet, et déjà, des établissements répercutent une baisse de 10% sur le prix du menu. Car la question est sur toutes les lèvres : qui va profiter de cette baisse ? En cette période de crise, elle sera la bienvenue chez les consommateurs, d’autant que plusieurs restaurateurs de notre ville me disent observer une baisse de 30% de leur chiffre d’affaires depuis le début de 2009. J’ai aussi en mémoire l’argumentation des professionnels quand ils réclamaient cette mesure : il s’agissait d’en faire d’abord profiter les employés, dont les salaires sont notoirement petits. Ce serait là, je crois, la voie de la sagesse, même si une ventilation est souhaitable et probable entre augmentation de la marge, baisse du tarif client et revalorisation salariale.

Que, de ces 3 parts, celle du salarié soit la plus importante stimulerait l’emploi et l’attractivité de ces métiers. Savez-vous que 100 000 offres d’emplois restent sans réponse dans ce secteur d’activités, dont le caractère de service, voire la pénibilité, masque la convivialité qu’il recèle ?


Jean-Luc MOUDENC

Maire de Toulouse de 2004 à 2008

Publié dans Actualités nationales

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