LE PANAMA VIRE À DROITE

Publié le par A.P.ré. (Frédéric Guyonnet)


PANAMA, lundi 4 mai 2009 (LatinReporters)
- La victoire du milliardaire Ricardo Martinelli, candidat de l'Alliance pour le changement (droite) à l'élection présidentielle du 3 mai au Panama, lui a été communiquée officiellement dimanche soir par le Tribunal électoral.

Après cinq ans de présidence du social-démocrate Martin Torrijos, le Panama ne devrait donc plus être considéré comme relevant du camp de la gauche modérée latino-américaine.

C'est par un appel téléphonique, retransmis par la télévision à l'ensemble du pays qu'un magistrat du Tribunal électoral, Erasmo Pinilla, a annoncé son triomphe à Ricardo Martinelli. "En fonction des données dont il dispose, le Tribunal électoral vous considère comme le vainqueur des élections" a dit le magistrat.

"Je remercie le peuple panaméen et je l'assure que je formerai un gouvernement d'unité nationale" a déclaré Ricardo Martinelli lors de la brève conversation téléphonique.

Lundi à 01h15 GMT, après dépouillement de 79,60% des bulletins de vote, Ricardo Martinelli était crédité de 60,59% des suffrages, contre 36,99% à sa principale rivale, la sociale-démocrate Balbina Herrera, présidente du Parti révolutionnaire démocratique (PRD) du président sortant Martin Torrijos. Un 3e candidat, l'ex-président conservateur Guillermo Endara, n'obtenait que 2,42% des voix. La participation au scrutin était de 73,65%.

Au vu de ces résultats, des analystes n'écartent pas l'hypothèse d'un premier signe d'essoufflement de la gauche modérée en Amérique latine. Au Chili, autre tenant de la social-démocratie, des sondages pour l'élection présidentielle du 11 décembre pronostiquent une autre victoire de la droite conduite par un autre milliardaire, Sebastian Piñera. La gauche radicale, elle, ne fléchit pas. Les présidents Evo Morales (Bolivie), Hugo Chavez (Venezuela) et Rafael Correa (Equateur) ont en effet largement dominé en ce début 2009 leurs derniers rendez-vous avec les urnes.

Au cours de sa campagne électorale, Ricardo Martinelli avait promis de baisser le prix des aliments de base, une retraite de 100 dollars mensuels pour les plus de 70 ans qui n'ont pas d'assurance privée et la construction d'un métro qui mettrait fin aux problèmes de circulation dans la capitale. Il assurait aussi qu'il contrôlerait les dépenses publiques et jetterait en prison les corrompus.

"Je ne suis ni de gauche ni de droite", mais plutôt partisan de "politiques concrètes" pour en finir avec la pauvreté et la corruption avait-il déclaré lors d'une réunion avec la presse étrangère. Néanmoins, Ricardo Martinelli avait alors manifesté son dédain pour le président Hugo Chavez du Venezuela, chef de file de la gauche radicale en Amérique latine, et son admiration pour Alvaro Uribe, président conservateur de la Colombie.

Publié dans Dossiers

Commenter cet article