Européennes 2009 : Interview d'Hervé Morin dans la Provence - 05 mars 2009

Publié le par A.P.ré. (Frédéric Guyonnet)


Interview d'Hervé Morin dans la Provence - 05 mars 2009



 "L'Europe est une force"

En déplacement à Marseille, Hervé Morin a accordé une interview au journal La Provence. Il est revenu sur la réforme de la défense et a détaillé les ambitions du Nouveau Centre. Il a notamment affirmé : "Nous avons fait le choix de l’action, de la responsabilité, de la volonté de réformer le pays, au sein de la majorité présidentielle, dans un esprit de loyauté tout en étant indépendant. Le Nouveau Centre fait entendre la voix du centre et du centre droit dans la majorité : les valeurs de l’Europe, de l’humanisme, de la responsabilité."


Quel est le sens de cette visite que vous effectuez à Marseille ?
Une des grandes transformations en cours du ministère repose sur la création de 90 bases de défense en France. L'idée, c'est que dans un rayon de 30 km, toutes les unités de l'armée française soient servies par un seul pôle qui assure le soutien et l'administration générale. Transports, reconversion, logement, ressources humaines, finances, seront assumées par un pôle compétent pour les trois armées. C'est la grande révolution copernicienne pour le ministère. Au lieu d'être dans un système où chacun a son propre service, chacun va désormais bénéficier des services d'une nouvelle structure commune. Aujourd’hui 60% de nos effectifs sont affectés à l'administration générale et au soutien et 40% à l'opérationnel, alors que l'armée britannique fait exactement l'inverse. Le but de la réforme consiste à inverser ce ratio pour consacrer l'essentiel de nos moyens à l'opérationnel. Cette évolution est expérimentée sur 11 sites en France. Marseille sera ma première visite sur d’une base de défense en France.


Vous venez à Marseille également pour votre parti du Nouveau Centre ?
Nous voulons porter ici le message que l'Europe a une double mission : l'Europe est une force, notre meilleur atout pour affronter la crise économique et financière. En même temps l'Europe doit progressivement devenir une puissance capable de proposer son modèle, face aux Etats-Unis, à la Chine, et aussi à l’Inde et au Brésil. Notre modèle européen, c’est celui de la plus belle synthèse entre d’un côté l’efficacité de l’économie de marché et de l’autre un humanisme fondé sur des solidarités indispensables. Nous avons engagé des négociations avec l’UMP, et nous déciderons selon leur issue de notre stratégie électorale


Qu'est-ce qui vous différencie de l'UMP finalement ?
Nous avons fait le choix de l’action, de la responsabilité, de la volonté de réformer le pays, au sein de la majorité présidentielle, dans un esprit de loyauté tout en étant indépendant. Le Nouveau Centre fait entendre la voix du centre et du centre droit dans la majorité : les valeurs de l’Europe, de l’humanisme, de la responsabilité. Nous sommes le parti des libertés, de toutes les libertés ce qui m’a conduit il y a quelques mois à émettre des réserves sur le fichier Edvige. En 18 mois d’existence le Nouveau Centre a reconstitué un réseau d’élus et de militants bientôt comparable avec ce qu’était l’UDF. Nous comptons près de 10000 adhérents et certaines fédérations dont celle des Bouches-du-Rhône sont aussi fortes voire plus puissantes qu’elles ne l’étaient en 2007 du temps de l’UDF.


Votre déplacement à Washington, ces jours derniers, a été commenté comme une "esquisse" du retour de la France dans l'Otan ?
Non, je suis venu échanger avec les Américains sur un certain nombre de sujets. La nécessité de partager cette conviction que les Européens doivent assurer par eux-mêmes une partie de leur sécurité. D'où cette idée de construction d'une Europe de la Défense. C'est parce que les Européens prendront une part de plus en plus importante de responsabilité dans l'exercice de leur sécurité qu'ils seront en mesure de peser plus au sein de l'alliance atlantique. Nous avons également évoqué le programme nucléaire iranien, les relations avec la Russie avec nos homologues.


Vous avez été à l'origine d'un projet pour l'indemnisation des victimes des essais nucléaires. Où est-on sur ce dossier ?
Nous sommes en train de finir le texte. Ma position est extrêmement simple sur ce point : je veux une solution juste et rigoureuse. Cela ne considère pas que toute personne qui a participé à des essais nucléaires a droit à des indemnisations. On s'inspire de recherches médicales et l'idée de « sur-risques ». C'est à dire d'expositions qui amènent à considérer que l'on a fait courir un risque supplémentaire à la personne. Avec son dossier médical, on analysera le fait que ce risque supplémentaire ait pu être la cause de cette maladie. Un travail considérable d'épidémiologie est en cours. Il porte sur l'étude de 30 000 personnes. On fait une étude extrêmement précise en ouvrant tous les placards du ministère de la défense nationale sur chaque essai. Pour qu'on ait une idée précise des niveaux d'exposition éventuels. On a, sur les essais, un vrai travail de fond qui veut associer justice et rigueur.


Ce projet sera présenté d'ici combien de temps ?
Dans quelques jours. Sans doute d'ici à la fin du mois de mars.


D'autres questions se posent autour de la santé des vétérans de la Guerre du Golfe...
Si un jour, il y a des éléments qui permettent de penser qu'il y aurait un lien de cause à effet, j'aurai la même démarche que celle que j'ai entamée pour les essais nucléaires.


Propos recueillis par Philippe Fanner

Publié dans Européennes 2009

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