Européennes 2009 : entretien avec Dominique Baudis (tête de liste pour le Sud Ouest)

Publié le par A.P.ré. (Frédéric Guyonnet)


Jean-Louis Chavoillon : M Baudis tout d’abord « bonjour » et merci de nous accorder cet interview.


Dominique Baudis : Merci de votre accueil.


JLC : On vous connaît. Votre nom rayonne depuis plusieurs années sur le territoire Midi Pyrénées mais également au niveau national. Je rappelle votre parcours. Vous êtes entré en politique depuis quelques années maintenant. Vous avez été maire de Toulouse que vous avez marqué de votre empreinte. Vous avez été député européen. Vous avez été conseiller général de Haute Garonne, président de la région Midi Pyrénées, député de Haute-Garonne. En 2001, vous avez été nommé président du C.S.A. (Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel qui régule l’autorité au niveau des médias). En 2007, vous avez été président de l’Institut du Monde Arabe. En 2009, vous revenez en politique puisque vous serez candidat aux élections européennes en tant que tête de liste dans le grand Sud Ouest. Première question, qu’est ce qui vous motive ? C’est une question essentielle pour nous tous.


DB : Ce qui me motive c’est simple. Vous avez rappelé que j’ai été maire de Toulouse durant 18 ans (3 mandats). Ce que j’ai fais pour Toulouse durant ces 18 ans. Je souhaite le faire pour l’ensemble du Sud Ouest en Europe. De façon à faire que l’Europe contribue au développement de notre région du Sud Ouest autant que cette région le mérite. C’est une région essentielle en Europe pour beaucoup de raisons : industrielle, universitaire, agricole, environnementale. Comme j’ai défendu Toulouse durant 18 ans, je souhaite défendre le Sud Ouest en Europe.


JLC : Ces élections vont avoir lieu très bientôt. En Juin 2009.





DB : Le dimanche 7 Juin exactement, le jour de la fête des mères.


JLC : Nous en parlions tout à l’heure en aparté. Cette campagne n’a pas encore démarré, on le voit bien. Le sujet européen est assez absent dans les médias. Qu’en pensez-vous ? Estimez-vous que la pédagogie de la majorité présidentielle sur ce sujet est suffisante ? Ne devrions nous pas passer la surmultiplié pour sensibiliser les gens sur ce sujet pour ce grand enjeu européen puisque l’Europe influence pas mal de choses dans notre quotidien.


DB : Vous avez entièrement raison. L’élection du parlement européen, c’est le grand rendez-vous de la démocratie en Europe. On assiste à quelque chose d’assez paradoxal. Bien souvent, les citoyens regrettent, à juste titre, que l’Europe ne les entend pas suffisamment mais en même temps, au moment de l’élection européenne plus de la moitié des électeurs ne vont pas voter. L’Europe ne peut rien entendre si on ne lui dit rien. Le moment de la participation le 7 juin, c’est le moment de la démocratie en Europe. Il faut que les citoyens, les électeurs, les élus reprennent le pouvoir en Europe. Si les citoyens ne prennent pas le pouvoir en Europe se sont les règlements bureaucratiques qui prennent l’Europe en otage. Donc, le rendez-vous du 7 juin il est très important. Ce qu’il faut expliquer d’ici là et c’est ce que je vais faire. C’est que l’Europe est essentielle pour nous dans de nombreux domaines. Face aux grands défis du XXIe siècle, on les connaît : la crise financière d’une violence extrême avec une crise économique et sociale. Il faut amortir autant que possible l’effet de cette crise. Il faut limiter les dégâts. Il y en a déjà dans le monde entier. Il faut faire en sorte qu’en Europe nous puissions placer des amortisseurs. Puis dans l’avenir, il faut veiller à ce qu’une telle crise, une telle catastrophe ne se reproduise pas. Pour cela il faut fixer des règles. Il y a des règles dans beaucoup de domaines. Il n’y a pas de règles dans le monde de la finance vis à vis de pays, des institutions financières qui pratiquent la loi de la jungle, c’est à dire la loi du plus fort, la loi du plus tricheur. C’est ce qu’on a vu avec le scandale Madoff qui a atteint des pays du monde entier. Il faut poser des règles pour éviter qu’une catastrophe comme celle là ne se reproduise. Il y a des règles dans le domaine du commerce par exemple. L’Organisation Mondiale du Commerce a posé des règles. On peut les critiquer, on peut les contester mais elles ont le mérite d’exister et qui organisent le commerce à travers le monde. Il faut faire la même chose pour ce qui relève de la banque, de la finance, de l’assurance, de façon à éviter des cataclysmes et des conséquences sociales épouvantables.

Le deuxième défi du XXIe siècle, on le connaît. C’est le dérèglement climatique. Regardez la tempête qui a ravagé toute la région du sud ouest. Nous avions assisté à une tempête identique en 1999, rappelez-vous. A l’époque on nous avait dit, une tempête comme ça, ça arrive tous les 100 ans. C’est la tempête du siècle. 10 ans après ça se reproduit. Dans quelques années ça sera peut être tous les ans. Il importe maintenant de prendre des décisions importantes sur la question des gaz à effet de serre.


JLC : A l’échelon européen ?


DB : A l’échelon européen  mais également à l’échelon mondial. Si les autres continents continuent à polluer l’atmosphère, les efforts des européens seront inutiles. Sur ce sujet, l’Europe a pris une position le mois de décembre dernier sous présidence française. Présidence qui, tout le monde l’a reconnu, a été particulièrement efficace et volontaire. La France a réussi à la tête de l’Union Européenne, à boucler un accord général des 27 pays sur un plan très ambitieux dans le domaine de la lutte contre le dérèglement climatique en vu de la conférence mondiale qui aura lieu à Copenhague à la fin de l’année, au mois de décembre. Les objectifs que l’Europe se fixe sont très ambitieux : 20 % d’énergie renouvelable dans le bilan énergétique global,  et 20 % de diminution des rejets de gaz à effet de serre. L’Europe est en mesure de faire prendre en compte des objectifs comme cela par l’ensemble de la communauté internationale. La France toute seule ne le pourrait pas. La France l’a pu à travers l’Europe. Et l’Europe pourra le faire à la fin de l’année.

Le troisième défi : la guerre, la paix, le terrorisme en particulier au Proche Orient. L’Europe peut jouer un rôle. La présidence française en juillet dernier a pris l’initiative de créer l’union pour la méditerranée. Pour la première fois, on avait autour d’une même table tous les belligérants. Vous aviez le président palestinien, le Premier ministre israélien, le président syrien, le président égyptien, et tous les pays européens avec eux. On voyait bien que dans ce cadre là on peut nouer des liens de dialogue. Dans la crise du proche orient qui dure depuis 60 ans tout le monde connaît la solution. On ne pourra en sortir qu’avec un état d’Israël garanti et un état palestinien également garanti. La solution tout le monde la connaît et tout le monde reconnaît que c’est la seule solution concevable, les israéliens comme les palestiniens. Simplement, le conflit a duré si longtemps. Il a fait tant de victimes. Il a généré tant de ressentiments vis à vis des uns et des autres que le dialogue n’est plus possible. Les belligérants ne se parlent plus. L’Europe peut prendre l’initiative dans le cadre de l’union pour la méditerranée de les amener autour d’une même table pour chercher à renouer les liens du dialogue pour parvenir à une solution. La France toute seule ne le peut pas. Donc voilà, sur ces sujets là, je suis très ambitieux pour l’Europe. Je crois que l’on a beaucoup à attendre de l’Europe.


JLC : D’accord. Je vous ai entendu exposer cette manche hyper importante mais je dirais que si on pouvait faire un reproche à l’Europe, c’est que pendant des années elle a manqué de visibilité en terme de volonté politique. Vous avez souligné tout à l’heure la présidence française. Nous pensons qu’elle a été une réussite sous l’impulsion de Nicolas Sarkozy. Il a redonné du peps à cette volonté européenne. On connaît les échecs qu’il y a eu, notamment avec la fameuse constitution européenne. Est-ce que vous pensez que par rapport à cette nouvelle législature qui va s’engager après les élections… Est ce que vous pensez qu’il est primordial que les règles soient à nouveau posées pour qu’une constitution européenne voit le jour ?


DB : Vous dites, et je partage votre avis, que l’Europe manque de visibilité. Les tords sont partagés. Il est vrai que l’Europe développe parfois un discours abstrait et bureaucratique. Il est vrai aussi que les médias ne font pas beaucoup de pédagogie et ne donnent pas beaucoup d’informations sur l’Europe. On préfère les petites querelles politiciennes franco-françaises. L’Europe et les grands enjeux, on en parle que très rarement. Il y a une responsabilité aussi des … j’en prends ma part puisque j’ai été maire pendant longtemps et président de région, des élus. L’Europe est très présente dans la vie de nos régions. Ce que l’on appelle les contrats de plan : Etat-Région qui servent à aménager le territoire et recouper des actions sur une région. Près du tiers des financements sont des financements européens. Et on ne le sait pas. Le jour d’une inauguration d’un tronçon de route, d’un aménagement ferroviaire, de d’un centre professionnel, vous avez les élus, le maire, le président de région, le président de conseil général, chacun a apporté une subvention et présente un discours mais l’Europe n’est pas là. Elle a pourtant financé mais personne ne le dit. Il y a donc un travail civique à faire d’informations. C’est une réalité que l’on ne doit pas passer sous silence. Voilà pour la question de la visibilité. L’Europe doit avoir un langage plus clair, plus compréhensible. Les médias doivent informer d’avantage sur l’Europe et les élus quand l’Europe a réalisé quelque chose sur le territoire dont ils ont la charge, doivent le dire aux citoyens.

Dans votre question, il y avait un deuxième volet : les institutions. Il y a eu il y a quelques années un projet de constitution européenne. Il a été rejeté en France, il a été rejeté aux Pays Bas… bref il a été rejeté. Il fallait bien passer à autre chose puisque les citoyens n’en ont pas voulu. Ils n’en ont pas voulu tout en disant que l’Europe fonctionnait mal. Ils ont écarté la constitution tout en disant "il faut trouver quelque chose car l’Europe fonctionne mal". Effectivement, l’Europe manque de leadership. On a vu au moment de la présidence française que quand on a une présidence très déterminée, très ambitieuse, très volontaire, très réactive, face à la crise financière, face à la crise du Caucase, on a une Europe qui avance et qui s’affirme. Le problème c’est qu’il n’y a pas de continuité. Vous avez tous les 6 mois un changement de présidence. On sait très bien qu’on n'obtient rien en 6 mois. On peut réagir face à une crise. On peut faire aboutir un dossier. Mais on ne peut pas en l’espace de 6 mois réaliser des changements importants que les citoyens attendent. Il faut donc une présidence à plein temps avec une durée de 2 ans et demi au moins. En 2 ans et demi un responsable peut développer une véritable politique. Les citoyens ont alors les moyens de juger. Si ils sont contents, ils le renouvellent. Si ils n’en sont pas content, ils le changent. Alors qu’à l’heure actuelle avec cette présidence tournante tous les 6 mois, et qui est exercé par des personnes qui ont également en charge leur pays… Nicolas Sarkozy était président de l’Union Européenne mais également Président de la république Française. Aujourd’hui, ceux de la Tchéquie qui dirigent l’Europe, dirigent également leur pays. Il faut qu’il y ait un président à plein temps qui ne fasse que ça. C’est un des points essentiels du traité de Lisbonne qui a été maintenant adopté par la quasi totalité des pays européens. Il reste deux pays la Tchéquie et l’Irlande qui l’avait rejeté de peu et qui très bientôt va revoter sur ce projet de traité. Les irlandais ont reçu les garanties qu’ils attendaient. Je pense que cette fois ci le résultat devrait être positif en tout cas c’est souhaitable pour que l’Europe reparte de l’avant.


JLC : L’Europe juridiquement parlant n’est pas un état pourtant elle occupe des fonctions régaliennes importantes : l’euro notamment, la justice avec l’harmonisation de nos lois au niveau national et la défense européenne. C’est un symbole. Un bataillon allemand vient de s’implanter dans l’Est de la France. Que pensez-vous de ce sujet ? Pensez-vous que l’on doit aller beaucoup plus loin dans cette démarche ?


DB : Dans ces 3 domaines ?


JLC : Oui.


DB : En ce qui concerne la monnaie, la justice, la défense, l’Europe doit aller plus loin. L’Euro qui a posé beaucoup de problèmes, qui a compliqué la vie de beaucoup de gens, qui a parfois contribué à l’augmentation des prix. L’Euro a tout de même était un bouclier durant cette période de crise financière. Regardez ce qui s’est passé en Islande. Le pays a littéralement explosé en l’espace de quelques semaines. Il y a des pays qui ne sont pas membres de l’Euro qui n’en voulaient pas et qui maintenant frappe à la porte pour y entrer. L’Euro est une protection à l’occasion de cette crise. Il faut renforcer la coopération en matière de politique économique dans la zone euro.

La justice : dès lors que l’on a un espace commode, liberté de circulation, des hommes, des idées, des produis. Il faut aussi que l’on ait un rapprochement des politiques judiciaires. Chaque pays doit conserver sa souveraineté mais tout de même… Vous aviez des délais de plusieurs mois, plusieurs années pour qu’une personne qui était réclamé par la justice d’un pays au pays voisin où cette personne se trouvait. Des mois voir des années pour que la personne soit transférée. Pour une meilleure efficacité de la justice au bénéfice des citoyens il fallait procéder à des rapprochements. C’est ce qui est en train de se faire. C’est un travail complexe. Les structures judiciaires sont différentes d’un pays à l’autre. Il ne s’agit pas de les fondre, de les uniformiser. L’Europe, c’est la diversité. Il faut simplement les faire converger et faire en sorte qu’il n’y ait pas des retards ou des attentes ou des distorsions qui soient finalement néfastes à une bonne administration de la justice.

Et puis sur la défense, il faut également progresser. Il y a, vous le dites, cette unité d’armée allemande qui va être basée en France. Symboliquement c’est une évolution considérable. On voit bien comment l’Europe a permis après plusieurs guerres mondiales qui ont dressé les pays européens les uns derrière les autres et entraîné le monde entier dans des conflits effroyables. On voit bien maintenant comment ce stade a été dépassé. Et ça c’est largement grâce à l’Europe. Sur la politique de la défense, des progrès sont accomplis en ce moment grâce à une coopération notamment avec la Grande Bretagne. Il y a depuis longtemps entre la France et la Grande Bretagne, une volonté d’aller de l’avant dans ces domaines. Donc sur ces grands sujets il faut tout en conservant la souveraineté de chaque pays il faut procéder à des mises en commun, à des harmonisations pour gagner en efficacité.


JLC : J’ai rappelé en introduction que vous avez été président de région. La France même si elle a bien évolué, était un pays rural avec une présence forte au niveau agricole. Les agriculteurs en France ont bénéficié de pas mal d’aides européennes. Vous avez évoqué également l’enjeu du développement durable avec les critères de protection de l’environnement. Au vu de ces enjeux, pensez-vous que l’Europe doit continuer à soutenir nos agriculteurs et les aider à s’adapter ?


DB : Vous le savez l’agriculture en France a beaucoup bénéficié de l’Europe. L’Europe a beaucoup fait pour l’agriculture notamment dans notre pays. Notre pays est un grand pays agricole. La Politique Agricole Commune et les crédits qui lui sont attribués ont été maintenu pour plusieurs années. Alors il y aura sans doute un travail de réforme, de réflexion à faire.  Mais il y a une visibilité, une garantie des crédits européens pour la Politique Agricole Commune. Dans notre région du Sud Ouest l’agriculture est un élément important avec beaucoup d’emplois, beaucoup d’activités. Vitalisation du territoire rural. Il faut évidemment que l’Europe prenne pleinement ses responsabilités.


JLC : D’accord. On a évoqué la notion d’eurosceptiques. Si vous aviez un message à leur délivrer que leur diriez vous ?


DB : Ecoutez. Pendant une trentaine d’années au moment de la construction de l’Europe, il y avait un enthousiasme parce qu’elle nous protégeait. Elle nous protégeait d’abord contre nous même les européens. La construction de l’Europe a évité une nouvelle guerre en Europe. Elle nous protégeait aussi face à l’empire soviétique surarmé avec le rideau de fer qui passait au milieu du continent européen. Après la chute du mur de Berlin, dans les années 90, l’Europe a semblé perdre de son utilité. On s’est dit que le risque d’une guerre entre la France et l’Allemagne n’existait plus. C’est sans doute vrai. Puis on se disait qu’il n’y avait plus de menaces soviétiques. Donc cette Europe qui apparaissait comme protectrice face à cette menace ne se justifiait plus. On ne voyait plus que les règlements, les contraintes, les dispositions tatillonnent voir incompréhensible prisent à Bruxelles. Aujourd’hui, avec la crise financière et ses conséquences, avec le réchauffement climatique dont on parlait tout à l’heure, avec la crise du Proche-Orient qui n’en finit pas. On mesure bien qu’à nouveau on a besoin d’une Europe qui nous protége. Ceux qui pensent que l’Europe est inutile et pesante doivent prendre en considération que nous vivons dans un monde dangereux comme au XXe siècle avec des périls d’une nature différente. L’Europe est une protection. L’Europe doit être une protection. C’est le sens de la campagne que je vais mener.


JLC : Notre peuple. Notre peuple français est plein de paradoxes. Nous sommes convaincus que l’on doit aller dans ce sens là car c’est l’intérêt même de notre pays. Les gens sont attachés à leur région. Le film de Danyboon : Bienvenue chez les ch’tis, les bretons, les basques… On voit bien que l’on essaye de retrouver certaines nos origines. Ne pensez-vous pas qu’une des meilleures réponses face aux eurosceptiques serait plus de proximité par rapport à l’élu européen ? Du moins sur le terrain même si ce n’est pas évident car il faut partager son temps entre ici et Strasbourg, et il y a les contraintes. On a du mal à parler de visibilité et en plus de ça on va voir plus facilement son député national que son député européen. C’est un peu dommage par rapport à l’enjeu qu’est l’Europe.


DB : Deux aspects dans votre question. D’abord le fait régional. Vous avez raison de dire que de plus en plus en France on redécouvre cette notion d’appartenance à un terroir, à une région. Le jacobinisme, la centralisation autour de Paris avait érodé ce sentiment qu’on retrouve aujourd’hui. Vous citez des exemples que l’on retrouve au cinéma mais également dans d’autres domaines. Ca c’est parfaitement compatible avec la construction européenne. L’Europe est un regroupement de diversités. Les pays sont différents. A l’intérieur de ces pays, les régions sont différentes. L’Europe a toujours était respectueuse du fait régional. Elle a d’ailleurs beaucoup encouragé cela. Elle a contribué au regain de l’idée régionale dans notre pays qui était très marqué par la centralisation jacobine.

Alors après la question de la relation avec élus. Il est vrai qu’il participe aux réunions, aux séances plénières, aux commissions, aux réunions de groupes. Il y a un travail à faire au parlement. Les élus sont fait pour ça. Mais ils sont fait aussi pour écouter leurs électeurs, leurs concitoyens. Il faut expliquer ce que fait l’Europe et entendre ce que les gens attendent de l’Europe. Il faut dialoguer avec eux. Si je suis élu, je consacrerais toute une part de mon temps à cela, à un travail de proximité, de pédagogie, d’explications et d’écoute. Quand j’étais élu à la mairie de Toulouse pendant 18 ans, pour prendre des décisions, pour rendre des arbitrages je travaillais dans mon bureau avec des collaborateurs, avec des adjoints, avec des techniciens. Je gardais aussi une part de mon temps pour sortir du capitole, sortir de mon bureau pour rencontrer les toulousaines et les toulousains dans les quartiers, sur le lieu de travail, sur le lieu de loisir le samedi et le dimanche. Quand les bureaux de la mairie étaient fermés, je passais l’essentiel de mon temps à aller en ville, rencontrer les gens dans différents quartiers, écouter leurs soucis, leurs préoccupations. C’est grâce à cette écoute avec les toulousains que je pouvais le lundi matin prendre des décisions en connaissances de cause. Je savais quelle était l’opinion. Ca ne veut pas dire qu’il faut toujours écouter ce que l’on vous dit. Parfois c’est impossible, parfois ça ne serait pas la bonne décision. En tout cas, il faut discuter, il faut dialoguer. Si je suis député européen, toute une partie de mon temps sera consacré à cette relation avec le citoyen. Le gros du boulot, c’est d’établir ce trait d’union entre les institutions très lointaines et les citoyens et leurs préoccupations.


JLC : Vous n’avez pas encore dévoilé votre profession de foi, votre programme ainsi que votre équipe. Dans le timing on peut raisonnablement attendre quelle date pour que les gens puissent prendre connaissance de tout ceci ?


DB : L’élection aura lieu je vous le rappelle le 7 juin prochain. Dès ce mois ci (mars), je pense. Il faut mettre en place une équipe. 20 personnes au total. Et avec cette équipe, il faut présenter un programme. Je ferais les choses dans cet ordre là. Il faut d’abord constituer l’équipe. Une équipe aussi diversifié que possible sur le plan géographique pour pouvoir entendre les avis, les points de vue, les attentes de chacune de nos 3 régions du grand Sud Ouest et des différents départements à l’intérieur de ces régions. Quand j’aurais réuni l’équipe des 20 personnes dont j’aurais la charge de conduire, après les avoir entendus, on élaborera un programme détaillé concernant l’ensemble du grand Sud Ouest. Ce sera avant la fin du mois de mars. C’est à dire 2 mois et demi avant l’élection. C’est le temps nécessaire pour promouvoir ce programme.


JLC : Une dernière question. Vous savez que le club de l’A.P.Ré. est un club d’actions et de réflexions politiques.


DB : Oui


JLC : C’est une passerelle entre le monde de la société civile et le monde politique. Nous avons pas mal de chefs d’entreprise qui nous côtoient, qui nous aident, qui nous soutiennent. J’ai rencontré récemment des chefs d’entreprise qui sont dans le domaine de la restauration. Tout le monde attend avec impatience la fameuse baisse de la T.V.A. à ce niveau là.


DB : Bien sure. On parlait tout à l’heure du traité de Lisbonne qui devrait être adopté dans les mois qui viennent. Ce traité assouplira les prises de décisions dans ce domaine. Là, on est dans une situation absurde. Il faut l’unanimité des pays européens pour autoriser la France à diminuer le taux de T.V.A. sur la restauration. En revanche, si on veut diminuer la T.V.A. sur les produits et les services on peut le faire de sa propre initiative. La Grande Bretagne vient de baisser sa T.V.A. générale. Alors que pour baisser la T.V.A. sur un produit ou un service il faut l’accord des 27. Ce sont des situations de blocages comme celle là auxquelles il faut mettre fin. On ne pourra le faire qu’avec le nouveau traité. La plupart des pays l’ont adopté. Pour la France ça y est, c’est fait. Il manque l’Irlande et la Tchéquie, j’espère que ça ira aussi rapidement que possible car l’Europe pourra repartir de l’avant. Il y a beaucoup d’entraves qui pourront être levés.


JLC : M. Baudis, merci. Nous pensons que l’Europe doit avoir les élus qu’elle mérite c’est pour cela que nous vous faisons confiance. Nous vous souhaitons bonne chance.


DB : Merci beaucoup. Merci.

Publié dans Européennes 2009

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back2basics 01/04/2009 14:20

La tête de liste de l’UMP dans le Sud Ouest aux européennes de 2009, Dominique Baudis ne veut pas abandonner la présidence de l’Institut du Monde Arabe. A voir ses notes de frais on le comprend...Pour plus d'infos:http://www.bakchich.info/Les-milles-et-une-nuits-de,07248.html

Delaire Jacques-Daniel 10/03/2009 14:21

Européennes : le Parti socialiste récompense les fainéants


Par Julien Martin | Rue89 | 09/03/2009 | 18H04















Quatre des cinq députés sortants les moins travailleurs sont rééligibles, dont deux têtes de liste: Vincent Peillon et Henri Weber.

A peine sorti du cauchemar du congrès de Reims, le Parti socialiste replonge dans les querelles de personnes depuis le 28 février et l'annonce des listes pour les élections européennes du 7 juin. La fronde contre ces listes "élaborées par quelques camarades de la direction, souvent juge et partie" est menée par Gérard Collomb.
"Si ces listes étaient maintenues en l'état, nous vous appelons à les rejeter", prévient le maire de Lyon sur son blog, où il a lancé une pétition qui revendiquait jeudi déjà 600 signataires. Tous dénoncent "des listes qui résultent d'une démarche totalement erronée, qui bafouent la démocratie dans notre parti".
Ce à quoi ont répondu dimanche 75 responsables de fédération, qui appellent "solennellement à dépasser les déceptions individuelles et à se rassembler autour des listes adoptées par notre conseil national (...) avec 93% de voix". Avant de se féliciter de listes "marquées par le renouvellement, le non cumul des mandats, la diversité, la parité intégrale de nos futurs élus, la quasi parité de nos têtes de liste".
L'exact inverse des allégations des pétitionnaires qui soutiennent Gérard Collomb. Eux s'offusquent d'une "rénovation renvoyée aux oubliettes", d'une "composition des listes basée sur l'unique appréciation des dirigeants nationaux des courants", et surtout de "choix des candidats sans analyse du bilan réel, du poids politique et de l'investissement européens des députés sortants".
Comment s'y retrouver? Qui porte les bonnes accusations? Pour y répondre le plus objectivement possible, Rue89 a élaboré un classement des députés européens socialistes sortants. Au-delà de la présence des parlementaires (un indicateur faussé car largement basé sur la présence lors des votes, qui est plus importante qu'en temps normal), nous avons calculé leur travail réel.
A partir des statistiques disponibles sur le site du Parlement européen, nous avons additionné le nombre d'actes parlementaires réalisés par chacun des élus socialistes et pondéré le total en fonction de la difficulté de ces actes. Ainsi, les députés européens ont reçu un point par question posée ou par déclaration écrite, deux points par avis ou intervention en séance plénière, trois points par proposition de résolution ou par rapport.
"C'est triste à dire, mais le travail n'a aucune influence"
Question renouvellement, lesdites listes semblent atteindre l'objectif avancé. Sur les 31 députés européens sortants, seuls 12 sont en position rééligible. Le PS s'attendant à une petite vingtaine d'élus au mois de juin (en raison d'un prévisible éparpillement des voix et d'un plus faible nombre de sièges réservés aux parlementaires français), près de la moitié des députés européens socialistes devraient entrer pour la première fois au Parlement européen.
Mais ce renouvellement cache un biais, que dénoncent les alliés du maire de Lyon: l'absence de prise en compte dans la constitution des listes "de l'investissement européen des députés sortants". En effet, nombre de députés européens les plus travailleurs ne sont pas sur ces listes (ou en position non éligible pour Béatrice Patrie). Et inversement: ceux qui se sont le moins investis les cinq dernières années sont en mesure de postuler pour un nouveau mandat.
Illustration: sur 24 députés européens classés (les sept élus socialistes restants sont hors classement car n'ont pas effectué leur mandat dans son intégralité), les 20e, 21e, 22e et 23e sont rééligibles, dont deux en qualité de tête de liste: Henri Weber et Vincent Peillon. Alors que les 3e, 4e, 8e et 9e se voient recalés contre leur gré.

Justement troisième de ce classement mais recalée, Marie-Arlette Carlotti a exprimée sa rancoeur dans une lettre adressée ce lundi aux militants socialistes des Bouches-du-Rhône:

"La composition des listes PS aux européennes a offert une prime à un système féodal, où les candidats sont choisis en fonction des amitiés et inimitiés du moment. Mon éviction en est l'illustration. Quand l'arbitraire règne, c'est le débat d'idée qui en fait les frais. On est loin de la rénovation que les militants et l'ensemble des Français attendent des socialistes."
 

Idem du côté de l'ancienne ministre Marie-Noëlle Liennemann, qui occupe le quatrième rang du classement de Rue89:

"C'est triste à dire, mais le travail n'a aucune influence. Dans ma région du Nord-Ouest, Martine Aubry a préféré placer trois partisans de sa motion aux trois premières places. Je le regrette amèrement."
 

Gilles Savary, huitième de notre classement, a lui choisi de faire circuler une pétition pour demander sa réintégration. Une pétition qui affiche ce lundi 756 signataires, accompagnée d'un texte s'adressant à la première secrétaire du parti:

"En signant la pétition appelant la direction nationale à revoir sa copie en réintégrant Gilles Savary pour prendre en compte l'intérêt général du Parti socialiste au-

Richard 09/03/2009 19:09

la suite d'un entretien en tête à tête, Dominique Baudis a réussi à convaincre Alain Lamassoure de rejoindre sa liste UMP aux élections européennes en troisième position dans le Sud-Ouest. Un rang lui permettant d'être éligible si l'UMP fait un bon score. Baudis le Toulousain avait à coeur de rallier le Landais Lamassoure. Ancienne tête de liste en 2004, Alain Lamassoure n'a guère apprécié sa mise à l'écart par l'Élysée . Se fiant à un sondage commandé par l'UMP, Nicolas Sarkozy a jugé que Dominique Baudis rapporterait plus de voix pour conduire la liste UMP dans la circonsciption couvrant l'Aquitaine, le Midi-Pyrénées et le Languedoc-Roussillon. Reste à déterminer quelle femme figurera au second rang de la liste Baudis. Deux candidates sont en lice à l'UMP : Christine de Veyrac, députée sortante, présidente UMP de la Haute-Garonne depuis trois mois qui a l'inconvénient d'être toulousaine comme Dominique Baudis ; Sonia Dubourg Labroff, protégée d'Alain Juppé, Bordelaise et bonne connaisseuse des questions européennes en Gironde. En l'état actuel des choses, c'est le Languedoc qui n'aura aucun représentant au Parlement de Strasbourg.

immo Toulouse 09/03/2009 11:42

Dominique Baudis  a fait beaucoup pour Toulouse durant ses 18 annés de mandat. La ville rose doit beacoup à son ancien maire. Toulouse à longemps été montré en exemple pour son taux d'endettement par habitant très minime. Interview très intéressante, je ne doute pas que M Baudos oeuvre au niveau européen pour le sud ouest comme il l'a fait pour Toulouse !