






Jean-Louis Chavoillon :
Brigittes Baréges, merci de nous recevoir aujourd’hui. Pour nos amis de l’A.P.Ré. , je rappelle que Brigitte a été notre marraine de lancement de notre club politique sur Toulouse. Quelques petits
mots te concernant : tu es député-maire de Montauban. J’aimerais connaître aujourd’hui tes projets politiques. Tu serais candidate pour être tête de liste pour les régionales en Midi Pyrénées,
j’aimerais que tu nous en dises un peu plus.
ce poste. De même Jean-Michel Baylet (PRG) qui est président du conseil
général du Tarn et Garonne est toujours par personnes interposées maire de Valence d’Agen. C’est une position donc assez simple à régler dés lors que l’on serait victorieux. Si je suis élue à la
présidence de Midi Pyrénées, à ce moment là je serais obligée de démissionner de mon poste de maire mais je resterais présidente de la communauté d’agglomérations. Les montalbanais n’auront donc
pas à pâtir de cette présidence de région bien au contraire. Ce problème est le même pour Gérard Trémége qui est maire de Tarbes. Il est à mon avis important d’être élus locaux pour pouvoir
reproduire la gestion d’un territoire comme la communauté d’agglomérations de Montauban.
un amalgame du conseiller
régional et du conseiller général. Il serait rattaché à un territoire qui n’est pas encore aujourd’hui défini. Ce serait de gros cantons qui représentent aujourd’hui quelque chose. Pourquoi Baylet,
pourquoi ces présidents de conseils généraux sont inquiets actuellement ? Ils maintiennent leur féodalité grâce à de petits cantons qui font pas 1.000 habitants. Il y a des cantons urbains qui vont
plus de 15.000 habitants. Il n’y a aucune égalité dans cette représentativité du territoire. L’idée est de faire un périmètre qui soit cohérent : qui à la fois représente un territoire mais
également une certaine démographie. Ce conseiller territorial nouvel vague n’est pas encore bien défini (on ne sait pas comment il sera élu, quel sera son territoire…). Il siégerait à la région par
département pour régler les problèmes spécifiques du département puis avec tous les autres élus de la région pour régler les problèmes de la région. Je crois que l’on gagnera en lisibilité mais
aussi en efficacité. Pour moi l’enjeu de ces régionales, au delà de la reconquête politique est un enjeu économique pour nous défendre en France par rapport aux régions européennes. Il suffit de
voir, les espagnoles, les italiennes et les allemandes qui ont beaucoup plus de pouvoir qu’en France. Il y a donc des enjeux macro-politiques au niveau européen et des enjeux micro-politiques pour
chez nous en Midi Pyrénées. Moi je serais pour un big-bang qui se réalise dès la rentrée après les européennes grâce à cette réforme. Nicolas Sarkozy a prouvé que l’on pouvait réformer ce pays même
si ce n’est
pas facile. Les grands perdants se sont nos fonctionnaires d’état. C’est
pour cela qu’ils essayent d’alimenter toutes les polémiques : les universités, les lycées… On sait derrière tous les enjeux qu’il y a. Demain ce sera l’hôpital car il y a un projet de réforme
en débat à l’assemblée. Il faut aller au bout des choses. Nicolas Sarkozy a dit : « j’ai été élu pour agir, et j’irais jusqu’au bout de mon mandat que ça plaise ou non ». Bien
évidemment on ne veut pas déplaire à tout le monde. Il faut être courageux en politique. Notre beau pays est très encroûté par des milieux corporatifs, par des structures… Il suffit de voir comment
cela se passe aux Etats Unis ou dans d’autres pays d’Europe. Nous avons beaucoup de retard. Je défendrais cette réforme.
BB : Moi, j’ai été surprise d’entendre Gérard Trémége à Cahors que l’on ne pouvait pas critiquer le bilan de Martin Malvy. Midi Pyrénées n’était pas endetté, maintenant si. On a augmenté depuis 2004 les impôts locaux de plus de 30 %. Les taxes professionnels qui handicapent nos entreprises ont également fortement augmenté. Et tout ça, pour faire quoi ? Où sont les investissements ? Qu’a fait Midi Pyrénées pour développer ses secteurs de compétences aujourd’hui ?
Les transports : il y a du clientélisme. On a fait plaisir aux petits copains mais il n’y a pas de vision d’ensemble.
L’aménagement du territoire : Midi Pyrénées est la région la plus grande de France en étendue. Il faut que l’on ait un espoir de développement que l’on soit à Toulouse, dans le fin fond du Gers ou de l’Ariège ou encore dans le Lot.
L’agriculture : on a l’eau et le soleil. Réfléchissons. Nous devrions développer des énergies basées sur le soleil. En hydraulique, Martin Malvy bloque un projet sur la Garonne qui serait une solution pour les agriculteurs qui ont beaucoup de peine pour irriguer l’été.
Chaque territoire a des spécificités il faut les organiser entre elles. Il ne faut plus l’organiser en étoile autour de Toulouse. On souffre des limites de l’exercice. Il faut réfléchir à
organiser notre développement. La région toulousaine est hyper engorgée en terme de circulation, d’organismes, de fonciers alors que nous avons d’autres
territoires magnifiques qui sont déserts.
Un des exemples : La démographie médicale. Avoir un médecin au fin fond de certains départements est un réel problème.
Le numérique, le haut débit peut aussi être une façon de désengorger le territoire. Il n’y a pas que les rails, il faut faire que le haut débit arrive à tous les 4 coins de notre région. Il y a des entreprises qui pour s’implanter n’ont pas besoin d’autres choses que d’Internet. On a pas besoin de tout concentrer autour de Toulouse.
Je me battrais pour tout le monde. Dans le gaullisme, il y a un principe d’humanisme et d’équité. J’apporterais de l’équilibre entre les territoires. Il faut aider ceux qui souffre le plus de cet isolement. C’est un vrai projet de société et de relance.
Aujourd’hui, nous vivons une crise économique sans précédent au niveau mondial. Martin Malvy dit que c’est la faute de l’état. Sur le plan de relance, lorsque l’on regarde le budget 2009 de la région. Que fait on pour les entreprises et les agriculteurs ? On diminue le budget de 7%. Sur le budget d’1 milliard d’euros, 3% vont à cette économie.
Il y a encore des personnes sur le bord du chemin. Il faut s’adapter. Personne avait prévu la crise. Elle est là. Que faisons nous pour la combattre ?
Il faut que l’on ait un véritable plan de relance économique. La démographie augmente c’est merveilleux mais ça ne suffit pas. Que faisons nous pour les faire travailler ? Que faisons nous pour les handicapés ? Que faisons nous pour les personnes âgées qui sont de plus en plus nombreuses ? Quelle est la politique d’accueil de ces personnes ? Le budget a là, encore diminué.
Soit M. Malvy n’a pas compris que l’on était en période de crise. Soit il l’a très bien compris et ça c’est très politique. Pour organiser la grogne, il faut que les gens soient mécontents. Il faut qu’ils souffrent pour descendre dans la rue. Tout est organisé. Ce n’est pas un hasard si on a eu la révolte des lycées, des universités.
La réforme des universités avaient été adoptée il y a plusieurs mois. Personne ne disait rien. Puis, d’un coup les chercheurs descendent dans la rue. Il y a un décret qui les oblige à rendre des comptes. En effet, on vous paye Messieurs et on aimerait bien savoir à quoi vous servez. C’est ça le principe d’évaluation. Ca ne leur convient pas.
Aujourd’hui on a les DOM TOM, qui sont les territoires qui nous coûtent les plus chers au passage.
Tout ça c’est organisé. Exploiter la misère humaine pour en faire un strapontin, pour déstabiliser le gouvernement c’est de la politique politicienne que je n’aime pas.
Moi je considère que lorsque l’on est élu, l’on doit être responsable que l’on soit de gauche ou de droite. On est tous à bord même si l’on a un bon capitaine. Il faudrait que l’on soit tous
derrière durant cette tempête. Mais il y a de la tactique, chacun veut montrer ses muscles pour les européennes. C’est facile d’exploiter tout cela sur fond de
misère. C’est notre rôle de défendre le gouvernement et de démontrer qu’il y a pas d’autres
politiques que celle que fait Nicolas Sarkozy au niveau national, au niveau local et au niveau régional. Je montrerais qu’il y a de l’espoir. « Quand il y a de la volonté, il y a un
chemin » c’est un message de Charles de Gaulle.
JLC : Tu sites souvent Charles de Gaulle. Après l’homme de guerre, il a été homme politique. Ce qui l’a caractérisé c’est son pragmatisme. Lors des dernières municipales, Sarkozy avait demandé d’ouvrir par rapport aux listes vers des gens qui ne viennent pas forcément des appareils politiques. Tu as ouvert ta liste sur Montauban. J’aimerais savoir comment tu conçois la construction d’une liste par rapport à ces élections régionales ? Nous même nous essayons d’être un relais entre la société civile et les politiques pour éviter qu’il y ait ce fossé que l’on a souvent reproché aux anciennes générations.
BB : Absolument. Aujourd’hui, nous sommes dans les primaires. Ce sont les militants UMP qui vont choisir leur chef de file. Cette élection est l’occasion de grands débats de démocratie interne. Ca va donner une grande légitimité à celui ou celle qui sera le chef de file. Cette légitimité si elle m’est accordée me conduira à ne pas faire de la figuration. Ce n’est pas Paris qui me dictera la manière de composer ma liste si c’est une liste. Si ce sont des conseillers territoriaux on ira se battre sur chaque territoire. Cette campagne je la veux de terrain et de proximité, de pragmatisme et de réalisme. Il faudra trouver partout les meilleurs qui seront capables de défendre leur morceau de territoire. Chacun devra remporter cette victoire comme une mosaïque avec une ligne directrice et un programme commun. Dans notre liste, il va de soit comme je l’ai fait en 2001 et plus encore en 2008 pour les municipales, nous n’aurons pas seulement des UMP. Il y aura des personnes issues de la société civile. Il y aura certainement des compositions politiques dès lors que l’on sera d’accord sur le programme et la manière de le mettre en œuvre, la fidélité et la loyauté. Il ne faut pas perdre de temps. J’ai réfléchis à des axes de réflexion. Il faudra rentrer dans le fond de chaque sujet. J’aurais besoin de gens compétents dans chaque domaine. On a des idées les uns, les autres. Je suis élue depuis 2001 et je trouve que c’est un bon laboratoire d’expérimentations une mairie car nous sommes sur tous les sujets (la culture, le sport…). J’ai des idées sur le rugby par exemple. Je discute souvent avec mon club professionnel. Nous sommes sur terre de rugby en Midi Pyrénées. Il faudrait une véritable politique de soutien aux clubs sportifs. L’équité sera mon maître mot d’une manière générale. J’aime la justice. Je suis avocate de formation. Je me suis toujours battue pour les combats qui me paraissent juste.
JLC : Brigitte. Je te remercie. Si tu avais un petit mot à dire à nos adhérents, à nos sympathisants de notre club…
BB : J’ai envie de dire à ceux de l’A.P.Ré. que l’on est à aujourd’hui. C’est maintenant qu’il faut passer aux actes. J’ai besoin de toute l’équipe, de vos relais, de vous voir, de vous rencontrer. Je terminerais par une phrase que je cite souvent à la fin de mes discours. Elle n’est pas de Charles de Gaulle, elle est d’un philosophe déjà ancien qui s’appelle Sénèque. Qui dit pour espérer : « ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas, c’est parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles. » Et je vous propose d’oser ensemble. Moi je suis prête.
JLC : Brigitte, merci et bonne chance.

Commentaires