Propositions de "la Ligue pour l’Education de la Femme et de l’Enfant" pour la réunion du G20 du 15/11/2008

Publié le par A.P.ré. (Frédéric Guyonnet)


ONG AVEC STATUT CONSULTATIF AUPRES DU CONSEIL ECONOMIQUE ET SOCIAL DES NATIONS UNIES ET LEGALE AU CAMEROUN PAR ARRETE MINATD N° 78 DU 21 MAI 2008


Ligue pour l’Education de la Femme et de l’Enfant



NOS PROPOSITIONS POUR LA REUNION DU G20 QUI S'EST TENU LE 15 NOVEMBRE 2008 A WASHINGTON.

 

A .CONSIDERATIONS GENERALES

 

1. Le 17 Juillet 1944 se sont négociés, sous l’égide de l’ONU, les accords de Bretton Woods, qui ont défini les règles, les institutions et les procédures qui régissent le système monétaire international, en vertu desquels, ont été mis en place la Banque Internationale pour la Reconstruction et le Développement (BIRD), qui est aujourd’hui l’une des cinq institutions de la Banque Mondiale et le Fonds Monétaire International qui est entré en vigueur en 1945.

La disposition principale de Bretton Woods faisait obligation à chaque pays d’adopter une politique monétaire maintenant un taux de change fixe de sa monnaie.

730 délégués y représentaient les 44 nations alliées durant la Seconde Guerre Mondiale. Cette conférence s’est tenue à l’Hôtel Mont Washington de Bretton Woods dans le New Hampshire.


2. La plupart des pays Africains n’étaient pas en 1944 indépendants.


3. Le système de Bretton Woods s’est effondré en 1971, lorsque les Etats-Unis ont suspendu la convertibilité du dollar en or. Cela a créé la situation unique dans laquelle le dollar américain est devenu la monnaie de réserve pour les autres pays du système de Bretton Woods.


4. Dans cette phase néo libérale qui a fait suite à l’effondrement de Bretton Woods en 1971, le Trésor américain considérait désormais la libre circulation des capitaux comme un « droit fondamental », à la différence de ces prétendus « droits » qui sont pourtant garantis par la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948 : Santé, éducation, emploi décent, sécurité et autres droits que les gouvernements TCHATCHER,REAGAN et BUSH ont considéré comme autant de « lettres au père noël », « absurdes », de simples « mythes ».


5. La plupart des pays actuellement dans le monde  sont membres des institutions de Bretton Woods. Mais la représentativité et le traitement des pays reste inéquitables.


6. Depuis la fin des années 1970, les politiques d’ajustement structurel ont été imposées aux pays pauvres. Dans mon pays le Cameroun, nous sommes dans les fourches caudines des institutions de Bretton Woods depuis 1986. Nous sommes passés par toutes les étapes sans résultats palpables.  Programmes d’ajustement Structurel,  Dimension sociale de l’ajustement structurel, facilité de l’ajustement, facilité renforcée de l’ajustement, Document de  Stratégie de Réduction de la Pauvreté (DSRP), Initiative pays pauvres très endettés (PPTE). De plus de 7% de croissance avant ajustement, nous étions à 2,8 de croissance en fin 2007, le taux le plus bas même dans la sous région d’Afrique centrale. Sur conseils de ces institutions, notre pays à abandonné les plans quinquennaux de développement, fermé les banques de développement, privatisé les entreprises dans les secteurs névralgiques comme l’eau , l’ électricité, le transport, les communications, l’agriculture, etc. La dévaluation du franc CFA, comme cerise sur le gâteau, et la réduction drastique des salaires sont venues systématiser la corruption aussi bien dans le secteur public que privé. Ces politiques inappropriées ont plombé le développement de notre pays pourtant riche en toutes potentialités. Nous ne pouvons pas éluder l’irresponsabilité de notre élite compradore, responsable en premier de cette mal gouvernance.


7. Le désengagement de l’Etat au Cameroun, sans organiser la libéralisation, nous met aujourd’hui dans une crise alimentaire sans précédent alors que notre pays a connu l’auto suffisance alimentaire avant les ajustements.


B. CONSTATS


Le Cameroun n’est pas sorti de crise depuis les années 80, malgré les programmes d’ajustements structurels inadaptés, qui lui ont été imposés. Aujourd’hui les pays développés connaissent une crise financière, une crise mondiale sans précédant qui risque de déboucher vers une récession, voire une dépression. L’Afrique noire en général, le Cameroun en particulier, ne sera pas épargné. Il est déjà victime de la crise alimentaire due au renchérissement des produits alimentaires. La baisse du prix du pétrole va affecter nos revenus. La volonté des pays industrialisés de nous accorder des crédits va diminuer. L’aide au développement va régresser. Il y aura moins d’investissements étrangers chez nous, moins de demandes, moins d’exportations, moins de recettes, moins de croissance.


C. PROPOSITIONS


Les pays développés et les pays émergents ont décidé de se réunir le 15 novembre 2008 à Washington pour refonder la gouvernance mondiale  et l’adapter aux exigences du 21ème  Siècle. Nous constatons que l’Afrique sous ajustement n’a pas été invitée. Seule l’Afrique du Sud fera partie du G20, qui décidera de l’avenir de la planète, avec des mesures qui seront opposables à tous, y compris les absents.

 Nous proposons donc, que les dirigeants Africains se concertent comme le font aujourd’hui les Européens, pour aboutir à un consensus sur la vision qu’ils ont de la nouvelle gouvernance mondiale.

La société civile qui a pris de l’ampleur et du poids depuis ces dernières années, doit aussi avoir son mot à dire. Nous proposons donc, en notre qualité de membre actif et engagé de la société civile camerounaise, ce qui suit :


- Nous proposons une gouvernance mondiale à visage humain pour le 21ème siècle ;


- Nous souhaitons que les politiques et programmes proposés aux pays africains sous ajustement soient abandonnés ou entièrement reformulés ;


-  Le droit de chaque pays d’avoir son propre plan de développement doit être reconnu et recommandé ;


-  La Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948, les pactes internationaux de 1966 relatifs aux droits économiques, sociaux et aux droits civils et politiques, les accords multilatéraux sur l’environnement doivent être respectés par le nouveau Bretton Woods ;


-  Les nouvelles institutions de Bretton Woods doivent être juridiquement responsables des conséquences de leurs politiques ;


-   Le rôle de l’Etat doit être redéfini pour lui permettre de réhabiliter les services publics ;


-  Les privatisations des services publics doivent être des exceptions et non la règle dans les pays en développement ;


-   La transparence et la régulation du système financier, et sa réglementation rigoureuse, doivent être impératives ;


-   Les paradis fiscaux doivent être fermés ;


-   La promotion de la bonne gouvernance, de l’éthique et la lutte contre la corruption doivent être transnationales ;


-   Les parlements devraient être associés au suivi des programmes et politiques des institutions internationales ;


-   Le rôle de la société civile devrait être redéfini dans ce cadre multinational renouvelé ;


-  La paix doit être encouragée et la réduction des dépenses militaires imposée surtout aux  pays en développement ;


-   La sécurité et la souveraineté alimentaire et énergétique doivent être soutenues prioritairement dans les pays en développement.


-   Les réformes agraires doivent y être encouragées ;


-   L’investissement dans l’éducation, la recherche, l’innovation, la santé, les infrastructures doit être encouragé ;


-   La dette de tous les pays en développement doit être annulée et investie en priorité dans les secteurs créateurs de richesse ;


-   L’aide au développement ne doit pas être réduite et doit profiter au peuple et non à la bureaucratie internationale et nationale ;


-   Les conditionnalités dans les prêts doivent être revues ;


-   Les problèmes de monnaie locale doivent être discutés ;


-   La refondation du Système des Nations Unies qui a montré ses limites aussi bien dans le cadre du maintien de la paix que celui du développement, doit être envisagée ;


-   Moins d’agences des Nations Unies dont les activités se chevauchent et les ressources qui y sont consacrées ne bénéficient pas aux peuples mais à la bureaucratie ;


-   L’urgence d’une démocratie économique mais aussi politique s’impose à tous ;


-   Les limites de la souveraineté des Etats devraient être revues ;


-   La femme doit être considérée comme un acteur économique à part entière, et associée aux décisions qui engagent son avenir et celui de ses enfants ;


-   Des membres de la société civile africaine pourraient être invités en observateurs à la réunion du G20 pour défendre ces idées et bien d’autres.

 

Nous voulons un monde plus juste et une meilleure redistribution des richesses.


                                                                                                            Pauline BIYONG

Présidente de la Ligue pour l’Education de la Femme et de l’Enfant (LEFE)

Directeur de publication du journal la CITE

BP. 14702 Yaoundé / Cameroun

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PAULINE BIYONG 08/12/2008 20:14

Bonjour, Face à la crise sans précédent qui secoue la planète, les dirigeants du monde prennent des décisions inédites pour y rémédier. Ils écrivent une nouvelle gouvernance pour le 21ème siècle. Le CAMEROUN RESTE INDIFFERENT...RESIGNE Le Collectif des Citoyens Patriotes (CCP) dit NON à l'immobilisme, OUI à des réformes profondes et urgentes. J'AI MON PASSEPORT POUR LE CHANGEMENT LE CAMEROUN DOIT S' EVEILLER Rejoignez nous Tél 237 22 40 99 BP 14702 Yaoundé CAMEROUN

Gouverneur 05/12/2008 19:55

C'est une très bonne analyse. Je partage sa vision de la société.