MENACE SUR NOTRE CAPACITE MILITAIRE

Publié le par A.P.ré. (Frédéric Guyonnet)


Le Livre blanc sur la défense propose de réduire les moyens de l’armée de terre, déjà affaiblie

A quelque temps de la sortie du Livre blanc sur la sécurité et la défense, l'inquiétude et le malaise grandissent dans une armée de terre vouée, selon un procédé désormais bien établi, à payer l'essentiel de la note que devra régler une Grande Muette considérée une fois de plus comme une variable d'ajustement de notre politique budgétaire.

Composée, sous l'autorité d'un préfet, d'un bataillon de contrôleurs généraux des armées, la commission de rationalisation du soutien a attaqué à la hache la fonction soutien des armées, jugée pléthorique et redondante. Chef-d'oeuvre du raisonnement technocratique, ses attendus comme ses conclusions ignorent certaines réalités opérationnelles et fonctionnelles des armées. Ainsi un large recours à la sous-traitance aux sociétés privées est préconisé, alors que les armées savent, après les premières expériences d'externalisation des services, que leur budget est incapable de financer les prestations nécessaires.

Quant au Livre blanc, il part d'un double constat : d'une part le projet "Armées 2015" développé à compter du précédent Livre blanc n'est pas réalisable, ayant par trop souffert de coupes budgétaires répétitives que les effets d'annonce ont partiellement masquées ; d'autre part, le contexte géopolitique et stratégique a considérablement changé et il est temps d'en prendre acte. Si les militaires ne peuvent que regretter le premier volet du constat, ils se réjouissent du souci de nos gouvernants de se doter de l'outil de défense le plus adapté à la nouvelle donne, d'autant plus que ce sont eux qui, sur le terrain, mesureront la pertinence des transformations réalisées... Et c'est bien là que le bât blesse pour l'armée de terre ; en effet, compte tenu du piètre état de nos finances et sous la pression des lobbies aéronautique, naval et nucléaire, les propositions de la commission s'orientent vers une réduction drastique des capacités déjà souvent résiduelles de nos forces terrestres.


On peut à ce propos s'étonner de ce que cette instance ne comporte quasiment pas de militaires pour un sujet qui les concerne directement : cet exercice majeur pour notre futur a sans doute scellé le primat absolu du haut fonctionnaire civil sur son homologue militaire, ravalé au rang de technicien aux avis secondaires.

Or dans les arbitrages à effectuer, si le facteur "soutien à l'économie" par le biais des industries d'armement a un poids incontestable, il n'est pas le seul de cette importance. Dans les guerres modernes et la gestion des crises, les forces terrestres sont le seul acteur ancré au milieu des populations des régions en état d'insécurité, auquel revient la tâche de créer les conditions du retour à la normalité : elles sont de ce fait les plus sollicitées et représentent 85 % des moyens opérationnels engagés en permanence. Mais, à force d'arbitrages interarmées défavorables en matière d'équipements, nous avons aujourd'hui les unités terrestres les moins bien équipées du monde occidental, comme le constatent nos soldats côtoyant leurs pairs en Afghanistan.

Ainsi, au moment même où nos amis américains et britanniques, tirant les enseignements des opérations dans lesquelles ils payent le prix du sang, intensifient leur effort de défense au profit de leurs forces terrestres, nous nous apprêtons à prendre le chemin inverse en réduisant leur format et en n'assurant pas le renouvellement de matériels à bout de souffle ; ces derniers ont sans doute le tort de ne pas coûter assez cher pour qu'on en parle dans les instances gouvernantes et industrielles.

La conséquence d'une telle politique ne pourra être, outre notre déclassement de la "première division" des armées occidentales, qu'une révision complète des missions imparties à l'armée de terre : nos autorités politiques et nos diplomates devront apprendre à composer avec la dure réalité de l'insuffisance des moyens et cesser de mettre en avant leur ambition de participer à la gestion des affaires du monde ; de fait, dans les relations internationales, les rapports de forces réels comptent plus que les effets de manches.


Si ces propositions sont suivies, l'armée de terre, qui ne pourra même plus remplir les gradins du Stade de France, sera vouée à jouer les auxiliaires des Anglo-Saxons. Tout cela n'ira pas sans mal, car l'exemple, payant, de la gendarmerie en 2001 a laissé des traces profondes ; officiers, sous-officiers et soldats accepteront de moins en moins les promesses - non tenues - de lendemains meilleurs tant pour les conditions d'exercice de leur mission que pour leur condition personnelle. Comme ils sont encore disciplinés, nombre d'entre eux, et comme toujours les meilleurs, voteront avec leurs pieds et iront mettre leurs talents au service d'autres causes mieux considérées et plus gratifiantes.

Il est cependant encore temps de tempérer les conclusions des thuriféraires de la réforme. La décision appartient au président de la République, qui, mieux que quiconque, peut apprécier notre besoin opérationnel et choisir les moyens les plus appropriés pour préserver notre influence dans la conduite des relations internationales. Garant de la sécurité et de la défense de nos concitoyens, il ne peut ignorer les vrais défis à relever dans les prochaines années ; dans ce domaine, il convient de reconnaître que le porte-avions et le Rafale, pour utiles qu'ils soient, ne semblent pas être les outils les plus prioritaires pour lutter contre les terroristes et gagner la confiance des populations tant dans le monde que sur le territoire national.    A défaut, une solution miracle pourra être proposée : la location des services d'une société militaire privée spécialisée dans l'action terrestre pour faire le travail sur le terrain. Car vient le temps où existeront sur le marché des brigades d'infanterie et autres bataillons blindés à louer, clés en main, pour une prestation au profit de nations fatiguées de se donner les moyens de se défendre ou de participer à la résolution des crises dans le village mondial. Mais n'est-ce pas ce que fit déjà l'Empire romain dans sa course vers l'abîme ?

                                          Jean-Claude Thomann est officier général en 2e section.

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STAG 02/07/2008 16:32

Messieurs,

Nous soutenons votre action, et nous comprenons trop bien ce que veux faire le Président. Ou du moins nous avons une idée, mais préférons ne pas en parler.En tout les cas nous aussi nous pensons que les effectifs sont justes et que ce remaniement n'est pas approprié ni d'actualité et nous mettrait tributaire des autres pays, dommage.

LES MANANTS DU ROI 16/06/2008 18:39

PRESIDENCE DE LA REPUBLIQUE
Paris, le 8 juin 2008
Communiqué

Vous trouverez ci-dessous une lettre du Président de la République adressée aux militaires français.

Dès ma prise de fonction et comme je m'y étais engagé, j'ai lancé une réflexion très large sur notre stratégie de défense et de sécurité nationale pour les quinze ans à venir. Il s'agit d'identifier les capacités que nous devons détenir pour assurer la sécurité des Français, défendre nos intérêts stratégiques, respecter nos alliances et assumer nos responsabilités internationales. C'est la première des missions du Président de la République et Chef des Armées.

Ces impératifs sont à l'origine de votre engagement au service de la Nation.

Ils ont une traduction concrète sur votre métier, sur la façon dont vous
l'exercez et sur votre vie quotidienne.

Parce que vous êtes les premiers concernés, il m'a semblé important de m'adresser personnellement et directement à vous pour expliquer la démarche de modernisation que nous avons entreprise.

Un nouveau Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale est sur le point d'être adopté. J'ai confié la responsabilité de ces travaux à une commission pluraliste réunissant des personnalités de tous horizons professionnels et politiques, y compris bien sûr des armées.
Les conclusions de ces travaux décrivent un monde qui a profondément évolué sous l'effet de la mondialisation. Un monde pas nécessairement plus dangereux mais un monde plus incertain dans lequel des armées modernes,polyvalentes, équipées et entraînées sont une garantie indispensable pour la France.
Un monde dans lequel l'Europe de la défense doit affirmer ses ambitions. Un monde dans lequel la séparation traditionnelle entre sécurité intérieure et sécurité extérieure s'est estompée. Nous devons donc désormais avoir une vision plus globale de notre sécurité.

Pour tenir compte de ce nouveau contexte, nous devons poursuivre les efforts d'adaptation de nos armées. Une réforme de grande ampleur sera mise en oeuvre. Le ministère de la défense, comme tous les autres ministères, s'est lancé dans une révision générale de son organisation et de son fonctionnement. Il s'agit d'améliorer l'efficacité de chaque ministère en utilisant mieux les moyens dont il dispose. Cette réforme se traduira, pour la défense, par le regroupement de nos bases et de nos régiments, par des économies sur le soutien et des réductions d'effectifs. Ces marges de manœuvre permettront de satisfaire l'objectif prioritaire : l'équipement et la protection de nos forces en opérations. Elles permettent de renforcer nos capacités opérationnelles.

Cette réforme a été longtemps repoussée. J'ai la certitude qu'elle est porteuse d'une grande ambition pour nos armées. Je veux la mettre en œuvre et c'est pourquoi j'ai déjà décidé que les économies dégagées seront intégralement réinvesties dans la défense, d'une part au profit de la condition du personnel, d'autre part dans la modernisation et le renouvellement de vos équipements. Le budget de la défense ne baissera pas.
Le temps pris pour mener ces travaux est le gage du sérieux avec lequel ils ont été conduits. Tous les aspects de cette réforme et de ses conséquences ont été approfondis : les hypothèses d'engagement et la localisation probable de ces engagements, les capacités dont nous devons nous doter, notre ambition pour l'Union européenne comme notre place au sein de l'OTAN,la place de chaque catégorie de personnel dans la défense comme celle des armées dans la Nation.

Le 17 juin, je présenterai à trois mille d'entre vous les grandes décisions que j'aurai prises pour notre stratégie de défense et de sécurité nationale pour les quinze ans à venir. Compte tenu de l'importance de la réforme qui sera engagée, qui exigera la mobilisation de chacun, il me semble utile que vous puissiez également suivre cette intervention qui sera retransmise dans les médias.

Début juillet, vous serez informés des modalités de mise en ouvre de mes décisions, qu'il s'agisse du format des armées, des matériels dont elles seront dotées, de l'implantation de leurs unités et des indispensables mesures d'accompagnement de cette réforme. Je fais confiance à Hervé Morin pour la mener.

En la matière, le ministère de la défense s'est toujours comporté de façon exemplaire. L'efficacité dont vous avez fait preuve pour conduire la professionnalisation en témoigne. Je vous fixe un nouvel objectif, celui de parachever la réforme de 1997 et d'adapter notre défense au XXIème siècle.
J'ai conscience que cette nouvelle étape est ambitieuse et qu'elle sera exigeante. Elle sera aussi exigeante pour les Français, qui continueront de consentir un effort budgétaire considérable pour leur défense. Mais elle est nécessaire pour que la France conserve un outil de défense et de sécurité nationale à la hauteur de ses ambitions et du devoir qu'elle a d'assurer la sécurité de tous les Français.

Que ce soit en France ou sur des théâtres d'opérations, j'ai déjà rencontré un grand nombre d'entre vous. Je sais le sens de l'intérêt général et la discipline intellectuelle qui vous animent. Je sais la fierté que vous avez de servir votre pays. J'ai vu la volonté que vous aviez de conduire à leur terme les missions qui vous sont confiées. Vous avez toute ma confiance.
J'ai la certitude qu'ensemble, nous saurons relever ce nouveau défi.

Nicolas SARKOZY

Antoine Refalo 11/06/2008 21:35

Le gouvernement veut passer le nombre de militaires de 150.000 à 60.000 d'ici à 2009.Bientôt le Vatican et l'Andorre pourront nous envahir.

Anthony WILLIAMS 11/06/2008 09:28

L'armée ne devrait plus être nationale mais européenne. Ca résoudrait pas mal de probléme.

Gouverneur 11/06/2008 00:13

Les dépenses d'armement ont augmenté de 40 % en tête de ces hausses : USA, Royaume Uni, Chine et France...