Ingrid Betancourt : biographie, situation, qui sont les farc ?

Publié le par A.P.ré. (Frédéric Guyonnet)

Nicolas Sarkozy en avait fait l’une de ses priorités le jour de son investiture. La libération d’Ingrid Betancourt, otage des F.A.R.C. depuis 6 ans est une affaire gérée directement de l’Elysée.

Mais qui est vraiment Ingrid Betancourt ? Pourquoi le gouvernement colombien n’arrive pas à faire la loi sur son territoire ? Qui sont les membres des F.A.R.C. ?
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Qui est vraiment Ingrid Betancourt ?

Ingrid Betancourt a grandit entre Bogota et Paris. Son père est ambassadeur de Colombie à l’Unesco. Après de brillantes études en sciences politiques à Paris, elle épouse un diplomate français. De retour en Colombie, elle travaille au ministère des Finances. Elle est alors âgée de 29 ans. Elle devient député et sénateur. Elle fait de la lutte contre la corruption et le trafic de cocaïne, son principal objectif. La Colombie dévastait par plus de quarante ans de guerre civile prépare alors son élection présidentielle. Ingrid Betancourt dénonce les dirigeants compromis avec la mafia. En 1998, elle crée son propre parti, Oxygeno. Candidate écologiste aux élections présidentielles et contre toutes recommandations gouvernementales Ingrid Betancourt part faire campagne dans la forêt du Caguan tenue par les F.A.R.C. Elle y sera enlevée.


Voici les résultats de l’élection Présidentielle :

President: 26 may 2002 (46.8 %) % 

Álvaro Uribe Vélez (Primero Colombia) 53.1

Horacio Serpa Uribe (Partido Liberal) 31.8

Luis Eduardo Garzon (Frente Social y Politico) 6.2

Noemi Sanin (Si Colombia) 5.8

Ingrid Betancourt Pulecio (Partido Verde Oxigeno) 0.5

Harold Bedoya Pizarro (Fuerza Colombia) 0.5

Enlevée le 23 février 2002 par les FARC, Ingrid Betancourt fait partie des 900 otages de la guérilla, parmi lesquels figuraient 21 hommes politiques, 47 officiers de l’armée, 3 Américains et 800 civils. 

La situation :

Sur les conseils de Nicolas Sarkozy, Hugo Chavez, président bolivarien du Venezuela, est nommé médiateur afin d’aménager un échange humanitaire, celui de 45 otages politiques (dont I. Betancourt) contre 500 guérilleros emprisonnés. Chavez entretient d’excellentes relations avec les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie. En effet, la guérilla marxiste partage l’idéologie d’Hugo Chavez.

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Les preuves de vie d’Ingrid Betancourt lui étaient déjà parvenues fin novembre, lorsque des messagers des F.A.R.C. avaient interpellés en possession des vidéos destinées à Piedad Cordoba, sénatrice colombienne proche de Chavez. Les vidéos saisies comportaient également des preuves de vie des 3 américains. L’information relayée par le Washington Post et le New York Time force alors le gouvernement américain à se pencher sur ce dossier. (Georges W. Bush n’aurait pas intérêt à ce qu’Ingrid Betancourt soit  libérée avant les otages américains).

 

Forcé d’agir, le président colombien Alvaro Uribe se voit obligé de concéder une zone de négociation et propose à Paris de s’associer aux pourparlers. Mais, la proposition va être retirée lorsque l’église catholique fût désignée comme unique intermédiaire.farc6-3.jpg

 

De voyage en Argentine, François Fillon obtient le soutien moral de plusieurs pays latino-américains (le Nicaragua sandiniste proche de l’idéologie des F.A.R.C., l’Equateur frontalier de la Colombie, l’Argentine, la Bolivie, le Chili et le Mexique).

 

Qui sont les membres des F.A.R.C. ?

farc-guerrilheira.jpgLe plus jeune guérillero n’a pas 15 ans.  Armés de Kalachnikov, les F.A.R.C. sont une force d’opposition depuis 1964. Ils sont Marxistes, Communistes et sont convaincus comme l’était le Che Guevara, de lutter pour le peuple. Malheureusement pour eux, ils sont de plus en plus haïs par celui là. La guérilla voit défiler les gouvernements, les tentatives de paix et les offensives militaires.

En 2002, Alvaro Uribe décide de mener une guerre totale contre les guérilleros. La principale revendication des ces marxistes-léninistes reste une réforme agraire. Les narcotrafiquants se sont accaparés les meilleures terres. Une véritable milice c’est alors créée autours des grands industriels et propriétaires terriens qui fatigués d’être racketté et enlevés ont décidé de réagir par la force. Ces escadrons de la mort ont commencé à persécuté les mouvements de gauche (dont les F.A.R.C.). Plus de la moitié des syndicalistes assassinés tous les ans dans le monde, le sont en Colombie.

Depuis l’arrivée au pouvoir d’Alvaro Uribe, ce serait 10.230 guérilleros qui auraient été abattus.  Selon le ministère de la défense, 10.222 combattants des F.A.R.C. ont déserté, 27.815 ont été capturés. Un général deColombia-FARC-3.jpg Bogota jure qu’ils ne seraient plus que 9.500, les F.A.R.C. elles mêmes prétendent encore représenter 20.000 hommes et femmes. Ils ne sont pas que dans les forêts colombiennes comme on pourrait le croire. Ils vivent également dans les villes et villages par le biais de miliciens, des civils armés, des informateurs, des personnes qui s’occupent de la logistique et préparent les enlèvements ou les assassinats. Leur économie se construit grâce à la feuille de coca.

Avant ils interdisaient le coca et séquestraient les barons de la drogue désormais ils produisent la poudre blanche. Affaiblie politiquement et humainement, les F.A.R.C. ont une force : l’argent de la drogue. Ils utilisent les otages pour forcer Bogota à entamer des négociations et intéresser le monde à cette guerre d’un autre temps. 

Frédéric GUYONNET
Source d’informations : le figaro magazine 15/12/2007

Signer la petition sur :
http://agirpouringrid.com/

Publié dans Actualités nationales

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F
Merci phiconvers pour ces precisions.
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P
Puisque ce blog a manifesté un salutaire intérêt pour la Colombie, je me permets de suggérer la lecture de ces quelques rappels de contexte historique, qui permettent de mieux comprendre les défis du président Uribe et la complexité trop souvent omise dans la presse et dans les discours politiques français des choix de ce courageux leader :http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=34681Bonne semaine à tous.
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Y
BOGOTA (Reuters) - Clara Rojas a tenté de s'évader avec Ingrid Betancourt durant sa détention, et après les avoir reprises, leurs ravisseurs ont utilisé des serpents pour les punir de leur fuite, a raconté vendredi l'ex-otage des Farc. <br /> if(window.yzq_d==null)window.yzq_d=new Object();<br /> window.yzq_d['3ECW19kMBCk-']='&U=13kti9ucc%2fN%3d3ECW19kMBCk-%2fC%3d200099610.201573885.202817379.200401909%2fD%3dLREC%2fB%3d200735050';<br /> La tentative d'évasion, en pleine nuit, a échoué lorsque les deux femmes se sont perdues dans l'obscurité. S'attribuant mutuellement l'échec de leur fuite, elles se sont alors disputées, a raconté Clara Rojas, ancienne directrice de campagne de la sénatrice franco-colombienne.En représailles, les guérilleros ont par la suite placé des serpents, des tarentules et même une carcasse de félin dans leurs couchettes."Nous n'avons pas pu quitter les alentours du camp car nous ne pouvions pas nous orienter dans l'obscurité, alors nous avons échoué", a déclaré l'ex-otage à la radio colombienne.Clara Rojas a ajouté s'être plus tard réconciliée avec Betancourt, qu'elle a informée en premier de sa grossesse lorsqu'en 2003 elle était enceinte d'Emmanuel, son fils né en captivité. Rojas a ajouté avoir perdu contact avec le père de l'enfant, un membre des Farc, durant sa détention.Beaucoup d'otages détenus par la guérilla colombienne sont enchaînés dans des camps entourés de barbelés et sont terrifiés par les tirs d'artillerie et de mitrailleuse tout proches de l'armée, a de son côté raconté Consuelo Gonzalez, libérée jeudi après six ans dans la jungle.L'ancienne parlementaire, relâchée avec Clara Rojas, a déclaré qu'elle avait constamment eu peur d'être tuée par les bombes ou les balles des hélicoptères de l'armée colombienne.Certains captifs, a-t-elle ajouté, portent des fers 24 heures sur 24 et sont enchaînés la nuit à des troncs d'arbre, alors que les obus d'artillerie tombent tout près."Les soldats et policiers (kidnappés) vivent toute la journée avec une chaîne autour du cou", a-t-elle dit à la radio colombienne Caracol. "Quoi qu'ils fassent, où qu'ils aillent, se baigner, laver leurs vêtements, ils portent leurs chaînes.""Nous vivions des situations à risque, à haut risque, horribles. Nous sentions pratiquement les bombes exploser à quelques mètres de là où nous étions. Les hélicoptères de l'armée tirant à la mitrailleuse s'approchaient aussi très près. Vivre en guerre est une horreur."INQUIÉTUDE SUR INGRID BETANCOURTL'époux de Consuelo Gonzalez est mort alors qu'elle était déjà aux mains des Farc (Forces armées révolutionnaires de Colombie), le plus grand mouvement de rébellion du pays, et l'ex-otage a rencontré sa petite-fille pour la première fois après sa libération, négociée par le président vénézuélien Hugo Chavez.Avec Clara Rojas, Gonzalez a marché pendant vingt jours dans la jungle en compagnie d'un petit groupe de rebelles avant d'atteindre une clairière où elles ont été récupérées par des hélicoptères vénézuéliens.Les deux anciennes captives ont apporté des photographies et des lettres de seize otages toujours détenus dans des camps en pleine jungle.Rojas, cité par un journal vénézuélien, a déclaré que ses adieux aux autres otages avaient été très difficiles à vivre. "Tout le monde veut évidemment partir."Les Farc détiennent encore plusieurs centaines d'otages dont Ingrid Betancourt, capturée avec Clara Rojas en février 2002, et trois Américains que le gouvernement de Bogota dit vouloir échanger contre des rebelles emprisonnés. Mais les négociations sur les modalités de cet échange sont dans l'impasse.Dans une vidéo transmise par les Farc à la fin de l'année dernière, Betancourt est apparue très amaigrie et déprimée et Rojas a dit s'inquiéter du sort de la sénatrice qu'elle n'a plus vue depuis trois ans.Gonzalez, 57 ans, et Rojas, 44 ans, doivent passer des examens médicaux à Caracas avant de retourner en Colombie.Clara Rojas a indiqué que dès son retour, elle irait voir son fils de trois ans Emmanuel, l'enfant qu'elle a eu avec un guérillero pendant sa captivité.Emmanuel lui a été retiré lorsqu'il était âgé de huit mois et placé auprès d'une famille de paysans, qui a remis l'enfant par la suite aux services sociaux colombiens.Version française Jean-Stéphane Brosse et Gregory Schwartz
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A
Liliane Betancourt ??? qui est ce ??? Carlos peux tu nous eclairer ???
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C
LIBEREZ LILIANE BETTENCOURT !Retenue depuis 5 jours dans un paradis fiscal par des amis à qui, par délicatesse, elle n’ose fausser compagnie, Liliane Bettencourt commence à s’ennuyer ferme.A ses geôliers, intimons l’ordre de la libérer de sa prison dorée, et de nous la refourguer dans la première class affair disponible dans l’aéroport le plus proche. Sinon, on les dénonce tous au fisc !LIBERTAD PARA LILIANE BETTENCOURT !
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