Lettre de l'A.P.Ré. N°22 : Fausse représentation syndicale

Publié le par A.P.ré. (Frédéric Guyonnet)

Lettre de l'A.P.Ré. N°22 

« Le travail est au cœur des valeurs qui nous rassemble »
La Lettre de l’A.P.Ré

Les Réformateurs de l’UMP
                Par Jean-Louis CHAVOILLON
 

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Il faut sortir d’une fausse représentation syndicale alors… 

A la veille d’un tour de force annoncé par les syndicats, Nicolas SARKOZY révoquera il les statutaires de tous poils qui porteront atteinte, une nouvelle fois, au fonctionnement des institutions et à l’intérêt national au nom du " service public " ? Leur réalité est de mettre le pays au service de ceux qui s’auto proclament les gardiens du service public, tels des hayatollas du bien commun, sans se soucier de la volonté du peuple sortie dernièrement des urnes ?

La réforme de la représentativité syndicale pose la question essentielle du bien fondé du monopole imposé par cinq fédérations dans un pays qui a porté la liberté d’association au sein même de sa constitution mais les pistes choisies entretiennent cette fausse dualité entre un gouvernement légitimement élu et des organisations qui ne seront pas plus représentatives demain qu’aujourd’hui.

L’idée de " quorum ", permettant aux négociateurs collectifs de s’appuyer sur une légitimité minimale en tenant compte de la " provenance " sectorielle renouvellerait les négociateurs collectifs et structurerait un nouveau syndicalisme donnant enfin sa part au secteur privé ; le champ des propositions serait enfin ouvert à la concurrence des idées, des hommes et des organisations avec pour objectif unique d’être un partenaire de négociation pour défendre et accompagner l’Homme dans cette économie « ouverte ».

Nous devons sortir du syndicalisme " à la française " qui ne repose que sur la notion de « syndicat officiel » si propre aux gouvernances totalitaires communiste. La liberté syndicale n’existe que dans les pays libres et le syndicalisme dans les régimes socialistes est un encadrement du monde du travail par le pouvoir politique. Aujourd’hui,  il n’est devenu qu’un regroupement d’intérêts corporatistes face à une autre organisation qu’est l’entreprise,  l’Etat ou autre. Il ne peut être confondu à ce qu’il conteste tout en étant partie prenante de ce qu’il conteste.

Au nom d’une certaine liberté, les syndicats doivent renoncer aux pouvoirs qu’ils ont acquis par la co-gestion de l’Etat sous peine de devenir comme aujourd’hui, des obstacles à la Réforme demandée par les français ; La résultante de ce constat est le repli de nos partenaires sociaux sur une idéologie névrosée issue d’un socialisme archaïque, avec pour seul terreau, une fonction publique dépassée par le développement des compétences d’un marché plus réactif à la demande nouvelle des consommateurs, des citoyens, des contribuables.

La gestion de « listes » d’offre d’emplois de l’ANPE, durant de nombreuses années, illustre ce propos. Le succès reposait sur le fait que les demandeurs d’emplois s’inscrivaient pour toucher l’assurance chômage, et non l’indemnité, auxquels ils ont cotisés. Le privé, par le biais de cabinets de recrutement se sont mis en place, des centres de formations également sont intervenus sur ce marché avec notamment le soutien de fonds publics via la formation professionnelle en intégrant la notion de profil recherché par l’employeur. De même, l’intérim a explosé tant pour le demandeur d’emploi qui souhaite travailler que pour l’employeur qui recherche une main d’œuvre sectoriellement compétente.

Le " service public de l’emploi ", quant à lui,  s’est laissé enfermé, par conservatisme, dans la gestion de listes et malgré d’incontestables améliorations d’accueil et de suivi, celui-ci n’a pas pu suivre jusqu'à présent l’évolution qualitative du marché de l’emploi. L’ANPE d’aujourd’hui, pour survivre, doit sortir de l’idéologie, du corporatisme syndical et redevenir un acteur de pointe sur son marché. En confiant à des cabinets privés le soin du placement de personnes, les syndicats dénoncent cette privatisation rampante mais cette politique d’appel au privé est en réalité l’aveu de l’inefficacité d’un système public qui ne sait plus mettre en relation une personne à la recherche d’un simple emploi avec une entreprise qui cherche à embaucher.

L’Etat doit donc se réformer sous peine de voir le marché inventer, sans lui,  les réponses aux besoins qu’il décèlera. C’est la leçon qu’il faut convient de tirer de l’ANPE avant de la généraliser à tous les services d’états y compris les syndicats du monopole statutaires sclérosés qui paralyse toute adaptation à notre société de mouvement.

La réforme du syndicalisme, c’est d’abord la faire au sein de l’Etat qui a perdu le contrôle de son administration au point que le Parlement n’oser plus voter des lois qui ne sont pas syndicalement correctes. Le " service public " doit être une notion non partisane qui s’articule autour du bien être pour tous ; elle ne doit pas être détournée au nom d’une pseudo revanche post-électorale.

Seuls les élus du peuple ont la légitimité du peuple pour diriger ses administrations et orienter son action. Quand ces mêmes syndicats, dénoncent certaines lenteurs telles que le désamiantage  de bâtiments publics sans pour autant prendre en compte l’état des finances publiques, s’autorisent le saccage d’universités lorsque l’on vient à évoquer le problème de l’emploi des jeunes en France, annoncent des grèves « préventives » lorsque l’on parle de réforme des régimes « spéciaux », le droit est bafoué et la démocratie est jetée à terre. De même, quand les enseignants du secondaire stoppent les examens des élèves en évoquant la défense de l’enseignement, nous assistons à une véritable « tartuferie » morale et sociale. Quand ils refusent de lire la lettre de Guy MOQUET, se pose le problème de respect de la démocratie qui devrait alarmer les parents. Quand dans les grandes villes, les transports publics sont perturbés voire suspendus pour diverses raisons, c’est décourager le développement d’une économie pour des transports propres.

L’action syndicale aujourd’hui en France, ne gravite qu’autour de fonctionnaires, représentatifs " de par la loi " du monopole. Ils mènent des actions politiques pour usurper l’obligation de gestion des élus, démissionnaires la plupart du temps et s’imposent,  de fait, comme les gestionnaires sans rendre compte de la qualité des services rendus.

Nicolas SARKOZY veut rompre avec cela et bâti son succès sur le courage politique. Aussi est t’il bon de rappeler que le gouvernement met en œuvre la politique sur la base du suffrage universel, et  qu’aujourd’hui, l’heure est la mobilisation pour combattre le « coup d’Etat syndical permanent ». Cette rupture voulu par le Président de la République, doit être portée non pas par un déficit budgétaire « de rentes de situation » mais par un déficit budgétaire " d’investissement " capable de dire non aux blocages corporatistes et oui à la croissance de demain. Le déficit est bénéfique dès lors qu’il est concentré sur les investissements créateurs de richesse.

Aujourd’hui, notre pays n’enregistre qu’un déficit stérilisateur de richesses et se cantonne à un choix comptable entre le paiement d’un trop grand nombre fonctionnaires ou le remboursement de la dette. A l’image hier de la croissance britannique, américaine, néo-zélandaise, australienne, aujourd’hui suédoise, finlandaise, irlandaise et espagnole, demain portugaise, la croissance française doit s’accompagner d’un retour d’une pression fiscale plus compétitive mais aussi, par la démonopolisation permettant ainsi à des millions de gens de prendre part à la création de richesses pas seulement en tant que consommateurs, mais en tant qu’entrepreneurs. L’emploi passe par la création d’entrepreneurs et remettre la " France au travail ", n’est pas simplement une manipulation comptable" à la française " avec le transfert de l’impôt direct vers l’impôt indirect. Il faut rétablir le pouvoir des élus du peuple, donner à la Cour des comptes un pouvoir de sanctionner l’Etat et les dérives de son administration , donner un contre-pouvoir citoyen en permettant aux associations de contribuables de se porter parties civiles en cas de dérapages. Enfin, réformer le statut de la fonction publique en abrogeant le transfert des cotisations retraites et santé du secteur privé vers les bénéficiaires non cotisants du secteur public. 

Réformer la France, c’est annihiler la pression syndicale non représentative et rétablir l’état de droit là ou le droit de l’Etat a éteint les libertés individuelles en supprimant  des milliers de lois, en refondant le système fiscal global pour redonner du pouvoir d’achat aux français , en demandant des comptes  aux administrations « infaillibles », en redéfinissant la responsabilité du juge afin d’éviter les scandales passés d’arrestations d'innocents, en renforçant le rôle des commissions d'enquêtes parlementaires, qui malgré la qualité du travail fourni, aboutissent rarement à des réformes de fond.

Rétablir l’autorité de l'Etat, c'est le défi de Nicolas SARKOZY. C'est la volonté légitime des français,  la restauration du pouvoir des élus sur l’administration, le refus démocratique à la pression minoritaire de la rue, la refonte du dialogue social en rejetant la cogestion avec des incompétents, parfois violents, « bien pensants » de gauche.

Aujourd’hui, le souffle nouveau de la Réforme, impulsé par notre président, ne doit pas s’arrêter devant ce terrorisme intellectuel. Peuple de France, majorité des urnes, devant cette minorité, pour une fois, ne reste pas silencieux sous peine de voir ta victoire électorale confisquée une nouvelle fois.

Si l’A.P.Ré, relais de la société civile vers les politiques, peut modestement servir à cela, nous n’aurons fait qu’une infime partie de notre devoir pour le plus grand bonheur des libertés en France.

Jean-Louis CHAVOILLON

Président de l’A.P.Ré

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Guyonnet Fred 07/11/2007 22:29

Merci Marc pour ce temoignage. Le site http://marcocfm.m6blog.fr/ est très bien également, il est très complet, je vous conseille à tous d'aller y faire un tour...

Marc CUCUROU - FRAPECH 07/11/2007 08:04

Mercredi 7 Novembre 2007Bonjour A Toutes & Tous,Vos Articles Sont Magnifiques, Et Enfin Un Blog Qui Parle De Ma Ville Rose( Et Oui Je Suis Toulousain) Ses Actualités Son Maire Jean - Luc Moudenc.Je Suis Un Adhérent Et Un Millitant UMP, Un SympatisantDe Votre Mouvement Politique.Bien A Vous ,Amitiés, Amicales A Toutes & Tous A Très Bientôt.                                             Marco

marielle b 06/11/2007 23:13

additif: quand j'écris "diseurs de mauvaises nouvelles", je parle de ceux (medias et syndiqués grévistes) qui prennent un certain plaisir à annoncer le prochain blocage du pays par les grévistes ..alors que sur le terrain les français ont le courage de faire face et de trouver des solutions pour aller sur leur lieu de travail...

marielle b 06/11/2007 22:57

Merci Jean-Louis pour ta nouvelle lettre.Ces 4 syndicats qui ne représentent pas grand monde ont en effet un énorme pouvoir ..néfaste à un très grand nombre...de non-syndiqués! On pourrait imaginer d'autres syndicats qui représenteraient  "les français qui se lèvent tôt pour aller travailler"...mais c'est vrai qu'on a autre  chose à faire pour rembourser les dettes de la France , à savoir travailler ..dans le privé par exemple.Mais gardons le moral face à l'adversité: les grêves semblent de plus en plus mal acceptées par les français et les chefs des syndicats de moins en moins adulés; on pourrait peut-être leur faire un régime spécial pour les mettre très tôt à la retraite en misant sur l'avantage que la relève n'est pas assurée, mais on va avoir du mal à reconnaître la pénibilité de leurs conditions de tr..pardon de leur empl..enfin de leur fonction ! ..La majorité des français est favorable aux réformes promises par NS qui a dit qu'il ferait ce qu'il avait promis alors ...méprisons les diseurs de mauvaises nouvelles , boycottons certains medias et restons mobilisés bien sûr..au fait j'ai un très bon souvenir de "stop la grêve", et vous ?ps: c'est toujours les mêmes qui commentent !

gold31 05/11/2007 10:04

Quelques chiffres toujours bons à rappeler :budgets annuels plus ou moins officiels de 4 centrales syndicales : CGT- : 220,6 Millions d’euros de budget dont 145 millions hors cotisations FO ---: 61 millions d’euros de budget annuel dont 26 millions hors cotisations CFDT : 138 millions d’euros de budget annuel dont 69 millions hors cotisations CFTC : 60 millions d’euros de budget annuel dont 48 millions hors cotisations Au moins pour ces 4 syndicats, le montant des subventions directes ou indirectes pourrait être d’à minima 288 millions d’euros…Quant aux salaires des dirigeants syndicalistes, Bernard Thibault perçoit 5000 € ( avoués par l'intéressé lui-même )...de quoi effectivement justifier de manifester son mécontentement dans la rue .La France  dite " silencieuse " devra sortir de ce silence justement, en contre-manifestant et en criant plus fort encore que ces nantis qui osent défendre des privilèges aujourd'hui devenus incompatibles avec l'etat de notre société .Car la vraie misère est ici :2 379 800 de français sont toujours inscrits au chômage 1,25 million de personnes sont aujourd’hui bénéficiaires du RMI et vivent avec 430 € par mois 6,9 millions de français vivent avec moins de 800 euros par mois. ( données Insee )