mise en oeuvre des exonérations de charges sociales‏

Publié le par A.P.ré. (Frédéric Guyonnet)

"Cela fait maintenant 6 mois que nous avons élu Nicolas Sarkozy Président de tous les français, 6 mois que le gouvernement travaille à la mise en oeuvre des réformes promises par le candidat de l'UMP.
En ce dernier jour d'octobre, certains d'entre nous peuvent constater sur leur bulletin de salaire la mise en application d'une des mesures phares du programme Présidentiel : l'exonération de charges sur les heures supplémentaires.
 
Tout d'abord, laissez moi vous dire qu'en tant que gestionnaire, j'appréhende avec scepticisme toute mesure visant à exonérer de charges certaines tranches de notre société alors que, comme nous l'a si bien rappelé notre Premier Ministre, l'Etat français n'est pas riche aujourd'hui. En effet, nous connaissons bien la formule : il s'agit souvent de donner d'un coté pour reprendre de l'autre ...
 
Maintenant, je suis à titre personnel, particulièrement séduit par cette mesure que je trouve positive à la fois pour l'employeur et pour l'employé même si les formalités comptables auraient pu être simplifiées. On voit très bien là la patte des hauts fonctionnaires de Bercy qui ont transformé une fois de plus une idée simple en parcours du combattant pour le service comptable.
 
Concrètement, l'exonération de charges sociales à hauteur de 21.5% du montant des heures supplémentaires se traduit pour le mois d'octobre pour un employé travaillant 39h par un gain net d'environ 40 euros pour un salarié au SMIC à une centaine d'euros pour un cadre supérieur (sans travail supplémentaire).
 
Il s'agit là du premier effet kisskool, suivi bientôt du deuxième effet puisque les heures supplémentaires n'apparaissent plus sur le revenu imposable, ce qui devrait alléger quelques feuilles d'imposition dans un avenir proche ...
 
Je ne puis dire si ces mesures impacteront fortement la consommation en France, par contre il s'agit bien là du premier geste en faveur du travail depuis plus de 10 ans !
 
Jusqu'à maintenant, l'employé qui effectuait des heures supplémentaires avait l'impression justifiée d'être lésé par rapport à ceux qui bénéficiaient des RTT ou qui partaient en week-end le vendredi à midi.
 
En effet, les heures supplémentaires travaillées avaient plus tendance à faire monter le salaire brut et la feuille d'imposition de celui qui les effectuait que son pouvoir d'achat réel.
 
Gràce à ses nouvelles mesures, le travail supplémentaire se traduira par un pouvoir d'achat supplémentaire (pour partie immédiat)donc une motivation supplémentaire. De plus, il s'agit d'une bonne manière de lutter contre l'absentéisme au travail, l'heure de travail marginale mieux payée que l'heure de base et encourageant donc la présence au quotidien.
 
On discutera plus tard du coût et du bénéfice chiffrés de la mesure mais le monde de l'entreprise peut déjà se réjouir de la mise en place de réformes pragmatiques, incitaives, en d'autres mots, intelligentes de la part du gouvernement. A ceux qui critiquent la mise en avant des heures supplémentaires et qui l'opposent à l'embauche pure et simple, je leur répondrai qu'il n'y a pas opposition mais complémentarité entre les deux solutions et que tout le talent du chef d'entreprise est savoir faire à un moment précis le meilleur choix pour la situation donnée."

Commenter cet article