depoussierer le code du travail

Publié le par A.P.ré. (Frédéric Guyonnet)

Vaste entreprise prévue dans le programme de notre président Nicolas Sarkozy et nécessaire tant ce code du travail est archaïque et compliqué.

Tous les spécialistes des ressources humaines, de la gestion d’effectifs, de la direction d’entreprises savent que ce code (le plus compliqué au monde, pour une fois nous sommes champions du monde) comportant des milliers de pages, d’articles anciens plus d’actualité, et redondants, est un des véritables freins à l’embauche dans notre pays. Nombre de salariés confrontés à la dure réalité du chômage, à la recherche de solutions pour gagner correctement leur vie, à développer une relation normale et légitime au travail savent que ce code rend de nombreuses situations impossible (et ubuesques)

Ce projet est donc de tout premier plan tant pour développer la croissance que pour résoudre nombre de problèmes de chômage. Malheureusement je crains que notre gouvernement soit dans l’impossibilité de mettre en place cette réforme, en voici quelques raisons. En premier lieu il faudra en passer par les syndicats, et là ce n’est pas encore gagné. En effet, outre que les syndicats Français font de la politique et pas de la défense des salariés, les cadres syndicaux Français sont pratiquement tous issus de la fonction publique. La syndicalisation en France est très faible, mais la majeure partie des syndiqués sont dans l’administration. Comment voulez vous que des syndicats acceptent par exemple un contrat de travail unique avec séparation à l’amiable possible ? Ils ont tous la sécurité de l’emploi à vie, ils ne savent pas ce que c’est qu’un contrat de travail et ils rêvent idéologiquement que chaque salarié en France ait les mêmes privilèges que dans la fonction publique. Nous sommes là en face d’une impossibilité majeure. De plus c’est encore la fonction publique qui bloquera la France par des grèves pour empêcher une évolution qui ne les concerne pas.

Pour l’application du code du travail, là encore ils sont dans l’impossibilité d’en parler. Ils vivent dans l’administration une situation paradoxale où l’employeur (l’état et les collectivités territoriales) ne respecte pas ce code voulu par les syndicats. Ils bafouent journellement les articles majeurs de ce code avec l’approbation permanente des syndicats. Un seul exemple les CDD à répétition utilisés à la place d’embauches et pour lesquels les syndicats sont complices. (Il faut même noter que si un jeune en CDD à répétition pendant des années veut se défendre et faire appliquer la loi, les syndicats l’en dissuade) Là encore impossible de discuter avec eux de problèmes qu’ils font semblant d’ignorer.

Enfin avoir le MEDEF comme seul interlocuteur est aussi un véritable problème. Rares sont les chefs d’entreprises indépendants qui sont à la direction du MEDEF, ce sont souvent des cadres salariés qui parlent comme les cadres des syndicats et le MEDEF tient beaucoup à maintenant les équilibres de force (pour ne pas dire de collusion) entre les centrales syndicales et eux. Ce sont les PME qui sont en première ligne pour l’emploi et la croissance, ce sont les patrons de PME qui doivent négocier ces refontes du code du travail, ce sont eux qui y sont journellement confrontés.

Pour terminer en rêvant, on pourrait imaginer des centrales syndicales de la fonction publiques séparées des centrales syndicales des salariés du privé. On pourrait imaginer des syndicats ayant pour objectif l’emploi, la croissance et le développement conjoint du travail, de l’emploi et de l’entreprise, et pas la politique. D’autres pays le font alors ! Pour quoi pas nous ?

Patrick Crasnier
http://autan-le-dire.over-blog.com/

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