Décès de l'ancien Premier ministre français Pierre Messmer

Publié le par A.P.ré. (Frédéric Guyonnet)

1196308678-deces-de-l-ancien-premier-ministre-francais-pierre-messmer.jpgPARIS (AFP) - Pierre Messmer, qui avait été ministre des Armées du général de Gaulle (1960-1969), avant d'occuper Matignon de 1972 à 1974, est décédé mercredi en fin d'après-midi au Val-de-Grâce à l'âge de 91 ans au moment où étaient célébrées dans l'église du Val-de-Grâce les obsèques d'un autre Premier ministre, Raymond Barre, décédé samedi, également au Val-de-Grâce.

Compagnon de la Libération, ancien gouverneur général de la France d'Outre-mer, ancien député de la Moselle (1968-1988) et ancien maire de Sarrebourg (1971-1989), il était Chancelier honoraire de l'Institut de France, institution qu'il a présidée de 1998 à 2005.

Né le 20 mars 1916 à Vincennes (Val-de-Marne), Pierre-Auguste Messmer était docteur en droit, diplômé de l'Ecole nationale de la France d'outre-mer et de l'Ecole des langues orientales.

Dès juin 1940, il rejoint Londres, et prend part aux combats de la France libre, notamment à Bir Hakeim (Libye) et El Alamein (Egypte). En août 1944, il entre à Paris avec la 2ème DB.

Parachuté au Tonkin (Nord-Vietnam) en août 1945, fait prisonnier par le Viet-Minh, il s'évade, avant d'être démobilisé en janvier 1946.

Il devient directeur du cabinet du Haut-Commissaire en Indochine, puis gouverneur de la Mauritanie (1952), et de la Côte d'Ivoire (1954), et en 1956, directeur du cabinet de Gaston Defferre, alors ministre de la France d'outre-mer.

Haut-commissaire de la République au Cameroun (1956-58), en Afrique Equatoriale française (1958), puis en Afrique Occidentale française (1958-59), Pierre Messmer prépare l'indépendance des colonies françaises en Afrique, puis devient ministre des Armées de de Gaulle, fonction dans laquelle il détient un record de longévité depuis Louvois, ministre de Louis XIV.

Titulaire du portefeuille des DOM-TOM en 1971-72, avant sa nomination à Matignon, il est ensuite président du Conseil régional de Lorraine (1978-1980), député européen (1979-1984). Battu aux législatives de 1988, il se retire de la vie politique en 1989, mais reste conseiller régional de Lorraine jusqu'en 1992.

Ancien président de l'Institut Charles de Gaulle (1992-95) et de la Fondation Charles de Gaulle (1992-97), devenu en 2006 membre du Conseil de l'Ordre de la Libération, Pierre Messmer avait témoigné en octobre 1997 au procès de Maurice Papon, dont il avait demandé plus tard la grâce.

Elu à l'Académie française en 1999 au fauteuil de Maurice Schumann, il était Grand-croix de la Légion d'honneur, membre depuis 1988 de l'Académie des sciences morales et politiques dont il a été secrétaire perpétuel.

En juin 2006, il avait été nommé chancelier de l'Ordre de la libération.

M. Messmer avait publié Mémoires et souvenirs : "Après tant de batailles" (1992), "Les Blancs s'en vont, récits de décolonisation" (1998), "La Patrouille perdue et autres récits extraordinaires" (2002), ainsi qu'un livre d'entretiens "Ma part de France" (2003).

Veuf, il s'était remarié en 1999.

La classe politique a rendu hommage à l'ancien Premier ministre Pierre Messmer, saluant "un héros de la France combattante" et un fidèle compagnon du général de Gaulle.

Pierre Messmer est mort au Val-de-Grâce, quelques heures après les obsèques d'un autre ancien chef de gouvernement, Raymond Barre, décédé samedi dans le même hôpital militaire.

Nicolas Sarkozy a fait l'éloge d'un "homme de devoir, homme de conviction", qui aura "incarné la fidélité sans faille au général de Gaulle".

"La France vient de perdre l'un de ses plus grands serviteurs et la nation tout entière s'incline pour saluer sa mémoire", a affirmé le chef de l'Etat.

Le Premier ministre François Fillon a estimé qu'"une page héroïque de notre pays se tourne". "La France perd l'un de ses derniers gaullistes historiques. Son parcours exceptionnel inspirera toujours la France libre".

Pour l'ex-chef de l'Etat Jacques Chirac, l'ancien Premier ministre de Georges Pompidou était "un grand Français" et "un héros de la France combattante, de Bir Hakeim à la Libération de Paris".

En juin 1940, le jeune appelé, ne se résignant pas à la défaite, avait détourné un bateau et rejoint Londres, avant de combattre sur de nombreux fronts et de participer au débarquement de Normandie.

Le président du Conseil constitutionnel Jean-Louis Debré a rendu hommage au "compagnon du général de Gaulle et serviteur exemplaire de l'Etat".

Le ministre de la Défense Hervé Morin a salué "l'un des plus ardents et intransigeants défenseurs" de l'indépendance de la France.

Pierre Messmer "refusait avec le général de Gaulle que la France soit un Etat +suiveur+ mais voulait ardemment qu'elle soit un Etat +pionnier+", écrit-il, jugeant que son prédécesseur à la Défense (1960-1969, un record de longévité) avait joué "un rôle essentiel dans la préparation et l'évaluation de l'arme nucléaire et dans la réforme des armées".

A gauche, le maire PS de Paris Bertrand Delanoë voit pour sa part en Pierre Messmer - qui fut notamment gouverneur de la Côte d'Ivoire (1954-1956) - un "acteur majeur de la décolonisation de l'Afrique noire".

L'ancien ministre de la Défense, Jean-Pierre Chevènement (MRC), a affirmé que "nombreux sont les Français qui comme moi, salueront le parcours sans tache et l'unité incomparable de la vie de ce grand citoyen".

Bernard Accoyer, président de l'Assemblée nationale, a souligné pour sa part que l'ancien chef du gouvernement "a contribué de façon décisive à la modernisation de notre pays, en plaçant la France sur la voie de l'indépendance énergétique grâce à la filière nucléaire et en lançant le programme des TGV, symbole du savoir-faire industriel Français".

Pour Patrick Ollier, ex-président de l'Assemblée nationale, cet "homme d'Etat de grande envergure" a "accompagné les grandes réformes de la France dans les années 1970".

L'ancien résistant Maurice Druon, qui fut ministre de la Culture de Pierre Messmer a évoqué "un frère". "C'est pour moi l'irremplaçable, une amputation. La France peut incliner ses drapeaux", a-t-il dit sur RTL. "Il était le plus droit, le plus noble, le plus valeureux de ses fils".

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yahho actualites http://fr.news.yahoo.com/afp/20070829/tpl-politique-histoire-deces-ee974b3.html

 

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Delaire Jacques-Daniel 02/09/2007 17:18

Oui c'était un GRAND, merci Frédéric !Je suis fier de l'avoir connu ...