CULTURE DE MOYEN – CULTURE DE RESULTATS ?

Publié le par A.P.ré. (Frédéric Guyonnet)

Aujourd’hui je vais réagir à un problème récurrent dans notre pays. Il s’agit de la demande toujours plus importante de moyens dès qu’un problème se présente ou bien dès qu’une tâche doit être impérativement réalisée.

Cette déformation très Française est vieille comme les syndicats, elle plombe nos institutions, nos entreprises et tout notre pays.

Juste un petit passage par une explication simple de la différence entre la culture de moyen et la culture de résultats. La culture de moyen (celle qui est en vigueur pratiquement partout et surtout dans nos administrations) consiste à chaque fois qu’une tâche change, qu’un effeort est demandé, qu’un problème doit être résolu, à demander encore plus de moyens face à ce nouvel affort ou nouveau travail. Plus de personnel, plus de matériel, plus de temps, les tenants de cette culture sont des « Monsieur plus »

Face à cela la culture de résultat est une culture de l’efficacité, beaucoup d’entreprises étrangères travaillent avec cette culture comme base. Elle consiste à bannir (et  même chasser) ce que l’on appelle le « best effort » comme fonctionnement. Le best effort c’est la phrase « j’ai fais tout ce qui était en mon pouvoir mais je n’y suis pas arrivé. » Cette phrase habituelle dans la culture de résultat est ce qui se fait de pire. Au contraire les tenants de la culture de résultats cherchent avant tout à réussir même si l’effort n’a pas été grand. Ce qui importe c’est d’y arriver. Bien sur les moyens de base doivent être présents mais ce n’est seulement qu’après les résultats que l’on peu envisager de modifier les moyens et seulement s’ils sont bons.

Si je vous parle de cela aujourd’hui, c’est que j’ai entendu des syndicats d’enseignants, suite au rapport accablant sur l’école primaire dire la chose suivante « Nous sommes d’accord avec ce rapports, les résultats sont minables, il nous faut des moyens pour améliorer » Cet exemple est frappant de la mentalité Française. Bien sur ce rapport est accablant, il montre des méthodes qui ne donnent aucun résultats, il montre que si les enfants ne savent pas lire c’est que l’on ne les fait pas lire, il montre que si les enfants ne savent pas écrire, c’est que personne ne les fait écrire. Les outils principaux des enfants scolarisés sont les ciseaux et la colle. L’argument principal étant qu’il ne faut pas parler de travail, d’effort, et surtout pas « traumatiser ces pauvres enfants » avec la notion de réussite grâce au travail.

Bien sur tous ces héritages de 1968 sont aussi très pratiques car ils demandent peu d’investissement, le contrôle est un mot grossier, les dictées sont des tortures etc. Vous le voyez aucune notion de moyen n’apparaît là dedans, et pourtant la seule réponse qui permet de ne pas se rebattre en question, c’est la demande de moyens supplémentaires.

Je suis pour ma part très intéressé par ce changement de culture, à chaque fois que dans une entreprise j’ai obtenu de faire changer les mentalités et de passer de la culture de moyens à la culture de résultats. A chaque fois l’entreprise à progressé, les cadres de ces entreprises ont optimisé leur travail et surtout, ces entreprises ont perdu cette horreur qu’est le management du paraître. Il consiste à faire croire que l’on fait des efforts pour être considéré. Dans la culture de résultat l’effort n’est pas pris en compte, seul le résultat est l’objectif.

Je suis certain qu’en lisant cela beaucoup de cadres ou de chefs d’entreprises penseront à ce qu’ils vivent sur le lieu de travail et en tireront des conséquences. (Si AIRBUS avait eu cette culture de résultats depuis longtemps il n’en seraient pas là aujourd’hui avec un plan power 8 qui est en partie la conséquence de la culture de moyens.)

Patrick Crasnier             http://autan-le-dire.over-blog.com/

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