Politique de sante en panne

Publié le par A.P.ré. (Frédéric Guyonnet)

POLITIQUE DE SANTE EN PANNE !

Oui notre pays n’a toujours pas compris qu’il y avait une véritable urgence à mettre en place une politique de santé, et pas une politique de financement de la santé.

Depuis maintenant trop longtemps, notre système de soins repose exclusivement sur la gestion des problèmes de financement de l’assurance maladie. La conséquence de cette énorme erreur est l’absence de totale de réflexion sur l’évolution de la santé.

Nous entendons régulièrement comme un leitmotiv, que la santé coute trop cher, que l’assurance maladie est en déficit, que les économies sont nécessaires. Sans aucune réflexion sur le véritable fond du problème. Le financement de la santé repose exclusivement sur les salariés et leurs employeurs. Ce systèmes est mort tout le monde le sait du fait même de son fonctionnement et bien sur de sa gestion désastreuse.  Rien ni personne n’entame une réflexion sur la CMU qui devrait être financée par l’impôt et pas par la solidarité des salariés, rien ni personne de se penche véritablement sur la mauvaise gestion des hôpitaux et surtout sur les surcoûts engendrés. (Par exemple l’assurance maladie rembourse la journée d’un malade sortant à 14 heures et rembourse la même journée au malade entrant dans le même lit à 15 heures, un véritable gâchis) Personne non plus pour se pencher sur la juste gestion des transports de santé (un gouffre) sur les cures (un confort) et aussi sur la gestion propres des structures de l’assurance maladie (monopole des syndicats archaïques)

Tout ceci va à l’encontre de l’intelligence et surtout amène nos technocrates à réaliser des économies sur l’indispensable et sur ce qui dépense réellement le moins.

Le résultat de cette situation est l’abandon de toute politique de santé au profit des technocrates du financement. L’absence de politique de santé met notre pays au 16eme rang Européen pour la prévention en médecine de l’enfance. Les pédiatres sont sacrifiés sur l’autel de la rentabilité alors qu’ils devraient être en première ligne de cette prévention. La moyenne d’âge des pédiatres en France est de 56 ans, plus d’installations, pas de remplaçants et les départs en retraite qui commencent. A échéance de dix ans la pédiatrie est morte en France. La réponse n’est pas donnée par des spécialistes de la santé, mais par les gestionnaires, les généralistes feront l’affaire. Cet exemple peut être multiplié par nombre de spécialités sinistrées, les anesthésistes, les ophtalmologistes, les ORL etc. Sur le plan matériel de pointe nous sommes aussi très en retard, et bientôt il sera plus facile d’aller (pour les Toulousains) se faire faire une IRM à Barcelone qu’en France.

Avec Nicolas Sarkozy nous avions l’occasion de remettre la santé au cœur de la préoccupation d’un ministère, laissant le soin aux comptables de s’occuper des problèmes de financement et surtout de trouver d’autres systèmes. Je crains que ce soit encore manqué pour cette fois. Roselyne Bachelot ne connaît rien à la santé, elle défend encore et toujours comme ceux qui l’ont précédé les économies de bout de chandelles sans véritable réflexion. Et surtout elle ne s’occupe pas de politique de santé mais de financement.

Sans un véritable réveil et surtout sans une véritable réflexion sur la santé et non pas sur le coût de la santé, la France est en mauvaise posture.

Patrick Crasnier
http://autan-le-dire.over-blog.com/

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de BEAUMONT Marielle 11/07/2007 22:18

Je suis tout à fait d'accord.... La santé est notre bien le plus précieux et il parait évident que chacun de nous a droit à être très bien soigné. L'idée "d'économies" à faire pour la santé me choque , l'idée qu'il est urgent de réformer l'Assurance Maladie est évidente pour tous les français salariés qui en ont plus que marre de voir leurs prélèvements augmenter ...se doutant de plus en plus que "la sécu est mal gérée". Les fraudes et les dysfonctionnements existent de toutes parts: assurés, personnels médical, hôpitaux, cliniques et autres "établissements de soins".Les traquer "sans tabous" et les punir sévèrement permettrait de les faire sûrement diminuer. Dommage que la carte vitale n'ait pas la photo de son assuré depuis sa création...bravo au médecin traitant et au parcours de soins. Je pense aussi que notre Président providentiel aurait pu proposer une autre personne que Madame Bachelot... Dans l'urgence de la situation, pourquoi ne pas garantir "le gros risque" à 100 % pour tous sans condition, et laisser les mutuelles et autres assurances privées gérer "le petit risque". Quand on ne paie pas, on perd la notion du coût ...je ne suis pas choquée que chacun assume les petites dépenses de soins de la même façon qu'on paie sa nourriture etc...les para-pharmacies qui vendent du "non remboursé" sont pleines à craquer..