PARIS (AFP) - Enseignants et lycéens sont appelés à manifester et à faire grève jeudi, comme l'ensemble des fonctionnaires, pour dénoncer une "politique de démantèlement" du service public et les
dizaines de milliers de suppressions de postes prévues en 2008-2009.
Outre l'Education, "les agents de la Culture, des Douanes, des Finances, de l'Equipement, comme ceux des hôpitaux et des collectivités territoriales devraient être très mobilisés", a estimé
Jean-Marc Canon (CGT).
Cinq fédérations d'enseignants, ainsi que le Snalc-Csen, la Fep-CFDT, le Snetaa-Eil, une intersyndicale de l'enseignement supérieur et de la recherche, deux syndicats lycéens, trois organisations
étudiantes appellent à faire grève et manifester.
Plus largement, les 5,2 millions agents des trois Fonctions publiques (Etat, territoriale, hospitalière) sont appelés à cesser le travail par cinq syndicats, ainsi que la CFDT-Fonctions publiques
pour les seuls agents de l'Etat. FO propose, elle, une journée de "mobilisation interprofessionnelle". Des appels à la grève ont aussi été lancés à La Poste et France Télécom.
Principal motif de mécontentement: les 22.900 suppressions de postes dont 11.200 dans l'enseignement (8.830 dans le public) inscrites au budget 2008, alors que 35.000 sont déjà annoncées pour
2009 dans le cadre de la révision générale des politiques publiques.
Le projet de loi sur la mobilité des fonctionnaires, examiné par l'Assemblée nationale le 10 juin, suscite aussi
les inquiétudes des syndicats qui y voient une "attaque" contre leur
"statut".
Cette journée sera l'occasion pour le gouvernement d'expérimenter pour la deuxième fois le service minimum d'accueil (SMA) dans les écoles, qui consiste à rémunérer des agents municipaux pour
qu'ils gardent les enfants les jours de grève, grâce aux retenues sur salaires des grévistes.
Le ministre de l'Education Xavier Darcos a déclaré mercredi que la journée de grève jeudi serait "non seulement la grève des enseignants mais aussi la grève des maires socialistes", en
allusion aux mairies qui ne mettront pas en oeuvre le service minimum d'accueil (SMA) dans les écoles.
Interrogé sur i-télé au sujet du SMA, le ministre de l'Education nationale a affirmé qu'"il y a beaucoup de communes qui, parce qu'elles ont un maire socialiste ou communiste, ont décidé de ne
pas le faire pour ne pas nous rendre service".
Selon M. Darcos, "ce n'est pas 2.000 mais 3.000 communes" qui vont organiser jeudi le service minimum.
"A la fin du quinquennat nous aurons vu que le SMA sera plébiscité", a-t-il encore prévenu.
Le SMA, qui consiste à rémunérer des agents municipaux pour qu'ils gardent les enfants les jours de grève, grâce aux retenues sur salaires des grévistes, avait été expérimenté une première fois
dans 2.000 communes environ (sur 22.500 ayant une école) lors de la précédente journée de grève unitaire le 24 janvier.
Pour souvenir, Jean Luc Moudenc avait, à Toulouse, mis en place ce service minimum et avait apporté une veritable aide aux parents d'élèves se retrouvaient avec leur enfant sans point
d'accueil. Que fera Pierre Cohen ?
source ; yahoo actualite
Frederic GUYONNET